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Divers et d'été



MARIE CLAIRE

Noël : J'adore / Je déteste


Décembre 2008



Noël, tout comme le Nouvel An ou les vacances en août, a ses ultra-fans et ses pires détracteurs. Cadeaux, réveillon, famille : choisissez votre camp.



LES PREPARATIFS

POUR
Ah, l’ambiance du mois de décembre… Toutes
ces boutiques dont les illuminations me rendent mes
8 ans (alors que, je l’avoue, j’en ai presque 10 de plus),
tous ces quidams qui gambadent dans les boutiques telles
des rois mages cherchant des présents pour le divin
enfant de Rachida Dati… Noël, c’est tout de même l’unique
événement de l’année qui brasse plus de magie que
les sept tomes de Harry Potter réunis. Quel que soit notre
âge, la moindre loupiote de guirlande électrique nous
catapulte direct en enfance. J’entends des blasés ricaner ?
Qu’on me les amène. Je vous parie qu’avec deux bouts de
bolduc doré, trois pauvres santons et un CD de Tino Rossi,
je transforme illico leurs tripes d’acier en barbe à papa
fondante.

CONTRE
C’est vrai, c’est merveilleux, l’ambiance du
mois de décembre. Je ne sais pas ce que je préfère : les boutiques
décorées par Paris Hilton, les dangereuses expéditions
en magasin où une armée de consommateurs pathologiques
est prête à vous plaquer au sol pour s’emparer
sans pitié de la dernière Wii, ou encore cette charmante
coutume occidentale qui consiste à claquer trois fois le
produit intérieur brut (PIB) d’un pays africain pour les
fastes d’une seule et unique soirée. En cette époque où
il est de bon ton de se proclamer écolo-no-logo-anti-conso,
quel régal de voir nos cartes bleues flamber comme le prix
du pétrole face à la surenchère des sacro-saints paquets !
Foule sentimentale. Je visualise déjà la montagne d’emballages,
un chouïa moins haute qu’une tour Total en Birmanie,
qui ruinera en une heure tous nos efforts verts de l’année.
Mais la Palme d’or des périodes de fêtes, c’est sans
doute cette curieuse maladie poussant n’importe qui à utiliser
Noël comme une raison d’être immensément ravi
quoi qu’il arrive : «Tu n’as pas été augmentée/Ton mec se
barre/Ton appart a entièrement brûlé dans un incendie ?
Oh allez, fais pas la tête, c’est Noël ! » En décembre, je suis
Jean-Pierre Bacri chez les Teletubbies.


LES CADEAUX

POUR
On ne va pas se mentir, le véritable et principal intérêt
de Noël, ce sont les cadeaux. En premier lieu, ceux que je
reçois, toujours parfaits, vu que je maile dès octobre une liste
détaillée de mes envies à tout mon staff affectif. En deuxième
lieu, les cadeaux que j’offre, toujours utiles, surtout à moimême:
jeux vidéo hypnotisants avec casques isolants pour mes
neveux (que j’adore, particulièrement quand ils dorment), macarons
Ladurée pour mon mec (qui frôlera le bonheur suprême
rien qu’en me regardant les enfiler cul sec), livre psy à ma mère
(«Mieux s’entendre avec ses enfants en les appelant moins souvent
»), autre livre psy à ma belle-mère («Mieux s’entendre
avec ses enfants en ne les voyant plus du tout»). Magie de Noël.

CONTRE
On me demande souvent comment je peux ne
pas aimer Noël, «au moins pour les cadeaux». Comment dire…
Il faudrait déjà, pour ça, que j’en reçoive des biens. J’ai beau multiplier
les allusions («Oh, comme cette paire de bottes Ash est
belle!»), mon homme adore suivre ses «coups de coeur». Entendez
par là le dernier accessoire ultra-fashion porté par Christine
Lagarde dans «Paris Match» (une étole damassée lavande, du
pur vintage puisque déjà repérée sur Claude Pompidou aux
obsèques de Couve de Murville en 99). Quant aux cadeaux que
j’offre, ils sont superbes (j’ai un goût exquis), mais me coûtent
à peu près un oeil et trois salaires. Seule nullipare d’une famille
nombreuse et recomposée, je dois assurer les cadeaux de quatre
parents et beaux-parents, huit frères et belles-soeurs, plus
une tripotée de bambins qui font exprès d’être adorables toute
l’année pour qu’à l’heure de la grande défonce
consumériste, je rentre en transe chez
Toys’R’Us. Si petits et déjà calculateurs – oui,
même la dernière, là, qui fête ses 3 semaines
et s’agrippe hypocritement à mon doigt.


LE REVEILLON

POUR
Existe-t-il une nuit plus magique que celle du
24 décembre? Déjà, c’est la seule de l’année où l’on a non
seulement le droit, mais le devoir de s’empiffrer comme des
gorets, sous peine de faire de la peine à maman (qui se jette au
fond d’un puits si l’on ne reprend pas trois fois de sa bûche
pâtissière). Et comme Jésus n’est pas le dernier des misogynes,
il a fait exprès de naître en plein hiver pour permettre aux femmes
de cacher les trois kilos pris ce soir-là sous de gigantesques
pulls sans les contraindre à la burka. Autre merveille du réveillon,
les passionnantes et traditionnelles engueulades familiales.
Dialogues incisifs, montées de nerfs, suspense, révélations
inattendues, crises d’hystérie, embrassades finales et séquences
émotion (on boit beaucoup dans ma famille). Bref, tous
les ingrédients d’un excellent blockbuster hollywoodien. Sauf
qu’à la place d’un vague pop-corn, face au spectacle, on picore
d’excellents marrons glacés. Bref, la version Gold Premium
d’une soirée «bonne bouffe + bon film».

CONTRE
Quand je dis que je déteste le réveillon de Noël,
on me taxe de créature inhumaine, asociale et dénuée de tout
sentiment familial. Or, j’aime ma famille, mais plutôt le reste
de l’année. Le 24 décembre, elle fait une très bonne imitation
du PS: pleine de bonne volonté, débordante d’idées, mais comment
dire, un peu trop divisée pour être productive. Le tout dans
une ambiance aussi légère et dénuée de pression qu’un bon
sommet du G8. Ma mère râle (parce que la dinde est trop cuite,
parce qu’on n’a repris que deux fois de ladite bûche citée plus
haut), les ados sont au bord du suicide (parce qu’on est nuls, parce
qu’ils ne voulaient pas des cadeaux mais de l’argent), les enfants
hurlent (parce qu’ils ont peur du père Noël qui s’agite sur
la terrasse, parce qu’ils ont reconnu tonton René déguisé en
père Noël qui s’agite sur la terrasse). Pour que tout s’arrange,
je dis à ma mère que dinde trop cuite ou pas, je m’en tape, je
suis végétarienne, je donne un billet aux ados en confirmant que
leurs parents sont nuls, et j’explique aux petits que le père Noël
– qui, au passage, n’a JAMAIS existé – importe ses jouets d’usines
où turbinent à la chaîne des petits enfants comme eux, sauf
qu’ils ont les yeux bridés. Et vous n’allez pas me croire: malgré
tous ces louables efforts, je me fais engueuler par tout le
monde. Je ne suis plus Jean-Pierre Bacri chez les Teletubbies,
mais François Fillon dans le monde réel. Vivement demain.







La promo continue encore un peu. Il faut faire attention, ce livre pourrait finir par se vendre ...





Chez Caroline Daily (grande prêtresse des blogs féminins)







Chez Babelio (Le site de partage de bibliothèques)







Chez Cinquième de Couverture (une passionnée de bouquins) ...





... qui m'a aussi
interviewée pour sa rubrique "Potentiel livresque des auteurs".





"Je ne suis pas une bombe ..."

Revue de presse web

 
Juin 2008



Encore un peu de pub, parce que ça ne fait jamais de mal. Merci à vous ô critiques éclairés.





"Lisez, décomplexez !"
Sur RushCollection.com (par Emilie Pernet)












"Je suis une PPN et je m'aime"
Sur Besnob.fr (par Jennifer de Tougarinoff)











"Le super-pouvoir de Caroline"
Sur Cachemire&Soie (par Anne-Solange Tardy)








"Je suis pas une bombe, et alors ?"
Sur le Blog de la Méchante (par Elodie Gerberon)













MARIE CLAIRE


J'ai testé 24h sur 11 cm


Janvier 2007
(oui, c'est du vintage)




À en croire Sacha Guitry, « Le talon haut a été inventé par une femme qui en avait assez d'être embrassée sur le front ». Il aurait pu ajouter : « Et qui était d'une volonté de fer. » Journée type d'une héroïne sur échasses de 11 cm.




08h27
J'enfile mes divines chaussures de bal, dont la hauteur ferait honte aux feues Twin Towers. L'émotion me submerge : mes jambes ont soudain perdu 5 kg chacune.


08h34
J'ai enfin réussi à traverser mon salon. L'émotion me submerge de nouveau, mais c'est parce que ma démarche incertaine me rappelle les premiers pas de Bambi. Ma tendance aux grandes enjambées énergiques se voit brutalement freinée : pour rester digne, obligation de faire des petits pas réguliers et bien posés. Je comprends soudain pourquoi les femmes en stilettos ont cette espèce de classe indolente : elles n'ont pas le choix. Un mythe s'effondre.


08h41
J'habite dans un vieil immeuble sonore dont l'escalier est en bois. Mes voisins sont donc ravis d'apprendre que je pars au travail, et que, ce matin, je n'ai apparemment pas mis mes Converse. Cette descente d'étages sur demi-pointes cambrées fait légèrement paniquer mes mollets, mais ils s'y feront. Comme j'aime les défis, je prends mon scooter et je me fais beaucoup d'amis : pas un seul homme (pas un seul) qui ne louche sur mes jambes, comme si une paire de talons aiguilles rouges était une sorte de code signifiant : « Et si on allait faire un peu de sexe avant le boulot, toi et moi ? » L'un d'eux cale en pleine place de l'Etoile. Encore un fétichiste.


09h20
J'appelle Marcello, mon mécano, pour savoir comment mettre mon deux-roues sur sa béquille sans érafler un escarpin hors de prix, ni m'y reprendre à sept fois, ni me faire un mal de chien. Il a beau faire le tour de l'atelier, personne ne semble avoir de réponse précise. C'est vraiment scandaleux.


10h17
Au bureau, mon arrivée provoque une émeute. Tandis que je déambule à la cafétéria, mes collègues poussent des couinements de hamster sous méthamphétamines. Elles veulent les essayer. Je refuse : une chaussure ne se prête pas, elle se fait au pied de sa maîtresse.


11h17
Après une dizaine d'allers-retours laborieux dans les escaliers (que Dieu bénisse les rampes !), je commence à en vouloir à mes Ferrari pédestres. En italien, le « stiletto » est une dague bien effilée. Toute vraie passion comporte un peu de violence.


13h24
La brasserie du déjeuner est loin, très loin. Je comprends pourquoi les filles de « Sex & The City », toujours perchées, font si bien vivre les taxis new-yorkais. J'ai rendez-vous avec un écrivain obscur rencontré ce week-end, aussi intellectuel que pudibond (ça me change). Quand j'arrive, il est beau, penché sur son futur prix Médicis Essai, admirablement intitulé « Les Ambiguïtés stoïciennes chez les lazaristes du Haut Poitou ». Lorsque ses yeux se posent sur mes pieds, ils passent en une nanoseconde de l'innocence de Mickey Mouse à la concupiscence de Mickey Rourke (époque « 9 semaines 1/2 »). Mais c'est quand il demande au serveur si la maison loue des chambres que je me pose de réelles questions quant au message envoyé par mes petits souliers.


17h45
La moquette de mon bureau est délicieusement douce sous mes pieds nus, qui soupirent d'aise. Il paraît que certaines Américaines se font des injections de collagène dans les talons ou une ablation d'orteil pour entrer dans des Jimmy Choo. Ça laisse songeuse.


19h40
Comme je suis super maligne, j'ai choisi de porter mes échasses un jour de vernissage. Ce genre d'événement où l'on reste des heures à piétiner. Consolation : avec mon 1,82 m, j'admire tranquillement les œuvres par-dessus la foule de nains. Hé ! hé ! Je rigole moins quand mon talon se coince dans une rainure du parquet et que je suis obligée de me déchausser pour l'en extraire sans l'abîmer, une coupe de champ' à la main.


23h51
Trajet de l'expo au resto. Escalier (en colimaçon, c'est plus sympa) des toilettes du resto. Trajet du resto à la maison, via la station d'essence. Redescente des escaliers parce que j'ai oublié le courrier. Et au moment de me coucher, surprise : les armes du crime sont toujours à mes pieds. J'ai galopé comme une gazelle sur ces œuvres d'art sans même y penser : appelez-moi Dita von Teese. Comme quoi tout est une question d'habitude... Mais par égard pour les pauvres hommes que je croiserai, demain, c'est bottes cavalières plates. Il ne faut pas abuser des bonnes choses.




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VACANCES PRATIQUES

"Les baleines pour témoins"

Tourisme à Mayotte

Mai 2007





Petite île française nichée entre Madagascar et l'Afrique, au coeur d'un immense lagon, Mayotte est une destination encore peu développée. Avec tous les atouts pour égaler les plus grandes.




Les enfants du bateau n'en reviennent pas : un bébé baleine et sa mère, à trois mètres d'eux, leur ont fait « coucou en soufflant ». Les jeunes visiteurs d'un Aquapark quelconque ? Non, des petits touristes à Mayotte. Quand il pense aux terres australes, le voyageur français lorgne vers les Seychelles, profite des promos sur Maurice et regrette les jeunes années de la Réunion, quand les embouteillages n'étaient pas encore devenus un sport national. Pourtant, non loin de là dans le canal du Mozambique, l'archipel des Comores est une destination touristique rare, dont il faut profiter maintenant. Mayotte est l'une des quatre îles qui le composent : blottie au coeur d'un des plus beaux et des plus grands lagons fermés du monde, elle est la seule à avoir souhaité rester française. Aujourd'hui collectivité départementale, l’île attend de devenir un DOM. Cette situation lui permet d'offrir les avantages du territoire français dans un dépaysement très africain, avec seulement une heure de décalage horaire.

Après un vol plutôt long passant par la Réunion, nous sommes accueillis sur Petite Terre avec des colliers de jasmin, très clichés mais ennivrants, au son des "Caribou !" (« bienvenue ») locaux. Pour rejoindre Grande Terre, l'île principale, il faut prendre la fameuse Barge, ferry qu'on emprunte comme un bus et où tout Mayotte cancane le temps d'une traversée (15 mn, 0,75 €).


LA NURSERY DES BALEINES

Les brochures et les (rares) guides concernant la destination l'appellent "île de la lune", "île aux parfums" ou "île de la découverte", mais surtout "île au lagon" : de fait, c'est par là qu'il faut commencer. Yannick*, spécialiste et guide, explique que si les dauphins sont là toute l'année, les baleines à bosse ne batifolent ici que de la mi-juillet à la mi-octobre, pour une sorte de congé maternité, avant de reprendre le chemin des eaux polaires. Le lagon devient alors la pouponnière des baleineaux, qui apprennent la vie loin des prédateurs, à l'abri des barrières de corail, dans une mer protégée qui va jusqu'à 70 m de profondeur. Pour apercevoir les mammifères, nous embarquons sur deux zodiacs et sillonnons les passes. Nos guides, à grand renforts d'yeux perçants et de coups de téléphone portable, finissent par repérer une masse sombre à l'horizon. Nous y fonçons tout droit, en pagayant sur les derniers mètres - le bruit du moteur les affolerait. Le cétacé et son petit (qui fait 4 m de long, quand même!) sont à trois pas du bateau, et nous avons tout le loisir de les admirer tandis que des dauphins à bosse (une rareté) jouent de l'autre côté. Nous croiserons d'autres mégaptères durant la journée : avec ses 1100 km² carrés avec parfois jusqu'à 4 km entre l'île et la barrière, le lagon laisse rarement un visiteur rentrer bredouille. Il est presque 16h et nous sommes affamés (si vous êtes sujets au mal de mer, pensez à emporter de quoi grignoter). Les bateaux beachent sur "l'îlot blanc", véritable image d'Epinal à quelques encablures de la terre ferme, dune de sable immaculée où nous embarquons les glacières pour un pique-nique local (succulents samoussas faits maison par la femme d’un des guides !). Un autre jour, la pause déjeuner sera un "voulé" traditionnel, barbecue de plage où grillades de poulet et frites de patates douces se dégustent avec un rhum coco. Mais le lagon doit encore nous révéler ses dessous : une autre excursion nous emmène à la fameuse "passe en S", sanctuaire marin de la réserve nationale de Sazilé et régal des plongeurs, où nous stoppons pour admirer les fonds avec masque et tuba. Petits poissons multicolores, gros pélagiques et massifs coralliens mènent joyeusement leur vie sous nos yeux jamais blasés. Les plongeurs très chanceux peuvent même, nous dit-on, croiser un dugong, ce gros sirénien herbivore et placide de trois mètres de long dont l'espèce est menacée. Sur le chemin du retour, des tursiops (dauphins modèle Flipper) jouent dans le soleil couchant. Limite s'ils ne posent pas quelques secondes en l'air pour la photo …

TRADITIONS MAHORAISES
A Mayotte, le touriste rencontre une société pas comme les autres, riche de mélanges un peu paradoxaux. Un Islam modéré se mêle à l'animisme, la loi française est couplée avec le droit cadial (celui des chefs religieux), les femmes tiennent les rênes de la vie sociale, et Mahorais, Anjouanais, Français, Malgaches et Créoles se mélangent pour créer leur propre culture, entre la brousse et les petites villes qui poussent comme des champignons. A noter, les Mahorais sont jeunes : 60% de la population a moins de 20 ans. Attoumani, notre guide**, nous emmène découvrir les fameux "bangas" (à ne pas confondre avec des bouteilles de jus de fruits). Ces petites cases de terre séchée, très colorées, sont les garçonnières que se construisent les jeunes hommes à l'âge de la puberté : ils y apprennent à vivre seuls en attendant le mariage - coutume qui feraient rêver bien des adolescents Français ... ! La visite vaut le détour, surtout pour les idées de déco à base de récup. Après une pause à Dzoumogné, où des tisserandes nous vendent les saris locaux appelés « choromans », nous continuons notre découverte des traditions locales en allant déjeuner chez Tambati. Cette « bouéni" (femme mahoraise) gardienne des coutumes de l’île, propose des chambres d'hôtes***, des soins de beauté comoriens,  et mitonne les meilleurs plats du coin. Jouant le jeu, chacune des visiteuses se laisse tresser les cheveux avec des fleurs de jasmin, et bénéficie d'un masque de beauté à l'argile. Tambati nous drape dans nos choromans, et nous voilà devenues de parfaites bouénis ! L’après-midi file vite, et tandis que notre hôtesse raconte les splendeurs du grand mariage comorien (un vrai roman), nous buvons un dernier verre de jus de fruits de baobab en observant les roussettes, énormes chauves souris locales, qui sautent d'arbre en arbre en poussant leurs cris stridents.

 
ENTRE YLANG, VANILLE ET BOIS
Une des richesses des Comores est son patrimoine floral : ylang-ylang et vanille pour les plus célèbres. A Combani, le couple Oheix récolte et collecte ces deux trésors régionaux pour les distiller dans leur jardin. Puis les vendre en métropole : à Guerlain, Chanel ou Dior, dont le parfum Dune est né ici. Tout en dégustant les papayes, litchis, noix de cajou, ananas ou goyaves du jardin, nous écoutons Christian raconter l'histoire de ces cultures hautes en couleurs, de plus en plus difficiles à faire marcher en raison du manque de main d'oeuvre et de la circulation des essences trafiquées. Phoshime, sa femme, nous explique toutes les utilisations possibles de l'huile essentielle d'ylang – des gouttes dans le fer à repasser aux gourmandises de cuisine. Sur le trajet, bref arrêt à Musical Plage, près de Bandrélé : c'est là que les Mahorais font la fête le week-end, face à la mer, entre festins au barbecue et sons rythmés. Point de ralliement, le plus gros baobab de l'île : ventru, difforme, énorme, il atteint 20 m de haut et 28 m de circonférence. Nous avons du mal à le prendre en photo, mais grimpons tous sur ses racines pour un cliché souvenir. Et puisqu'on parle de bois, les amateurs vont être servis : c'est l'heure de la visite chez Bebop, un drôle d'artiste local. Ce peintre ébéniste métropolitain, amoureux des voyages, a roulé sa bosse un peu partout avant de se poser sur cette île hors normes. Bambou, coco, os de zébu sont ses matières premières pour réaliser des pièces uniques sans colle ni vernis : stylos, bijoux, boîtes, montres, produits d'un travail long et minutieux de plusieurs dizaines d’heures qui séduisent les touristes de passage comme les fans des premiers jours (Jean-Paul Guerlain par exemple), œuvres d’art parfois exportées jusqu'au Japon. Bebop reçoit volontiers dans son salon, à côté de son atelier, pour raconter le projet qui lui tient à coeur : développer l'artisanat à Mayotte, en formant des jeunes à la poterie, la vannerie, la couture et la tabletterie. Pari gagné puisque son école a vu le jour il y a deux ans et que 12 étudiants ont fini une formation, tandis que les nouveaux terminent la leur. L'artiste, barbe broussailleuse et regard franc, sourit : "Les élèves n'ont rien à payer grâce aux subventions. Et pour démarrer leur business, ils n'ont pas besoin de grosses machines, mais de petits outils et d'un atelier de 2m² : réalisable, non ?" L'artisanat mahorais a de beaux jours devant lui.


MAMOUDZOU LA COLOREE
Reste une attraction incontournable de l'île, le marché de Mamoudzou. Capitale de Mayotte, Mamoudzou oscille évidemment entre tradition et modernité. Désormais, presque toutes les habitations ont abandonné le torchis pour la brique ou la tôle, et un supermarché a vu le jour au milieu des échoppes. Il ne reste qu'à prier pour qu'un Mc Do ne débarque pas tout de suite ... En attendant, on vient ici entre deux excursions en mer pour prendre le pouls du pays, ou mieux, en fin de séjour, pour faire quelques emplettes. La rue du Commerce et la Place Mariage offre des boutiques d'artisanat et de souvenirs variés. Mais le vrai plaisir, c'est le Marché ! Bien sûr, l'oeil se régale : parasols multicolores, fruits en pagaille, piments criards, vannerie bariolée, montagnes de légumes, étoffes à gogo ... Et les bouénis qui attendent le client en papotant, allongées sur leurs étals ! On craque sur la vanille, les épices, le sel de Bandrélé, le rhum coco, les tissus ou les beignets. On se faufile entre les piles de chaussures, les bassines et les parfums, et on se perd d'une allée à l'autre avec curiosité.

Avant de reprendre la Barge, nous contemplons une dernière fois les rues mahoraises, sans un seul feu de circulation ; quelques zébus sont attachés ici et là, et le vert intense des bananiers contraste avec les peintures ocre, safran, bleues ou roses des maisonnettes. Pas de doute, on est loin d'une destination ruinée par le tourisme de masse - mais que se passera-t-il dans les années à venir ? Georges Mecs, directeur du Comité du Tourisme à Mayotte, précise : "Nous souhaitons développer les infrastructures touristiques, mais vous ne verrez jamais ici de tour géante ou de blockhaus défigurant le paysage. On veut favoriser le tourisme, mais on ne bétonnera pas Mayotte." C'est tout ce qu'on peut espérer pour ce petit bout de l'Hexagone situé à dix mille kilomètres d'ici, fragile et attachant.

*Mayotte Découverte, Tel/Fax : 02 69 61 19 09, yannick.stephan3@wanadoo.fr
**Baobab Tours, le réceptif mahorais, renseignements www.baobabtour.free.fr
***Le Santal Logis, 02 69 62 60 13.


ENCADRE : LE JARDIN MAORE
Pas d'hôtel de luxe à Mayotte, mais quelques perles où il fait bon vivre. Notre préféré reste le Jardin Maoré, pieds dans l'eau bien sûr, pour sa position et son style. Situé au sud de Grande Terre, il a fait son nid sur la plage de N'Gouja, une des plus belles de l'île, connue surtout comme un des principaux lieux de ponte des tortues. Peu farouches, elles pullulent dans les eaux qui bordent la plage, et il suffit d'un masque et d'un tuba pour les voir tranquillement brouter à quelques mètres du bord - les enfants adorent, bien sûr. Autres voisins qui enchantent les petits : les makis, ces lémuriens endémiques à l'île, gourmands et peu farouches, qui viennent volontiers croquer quelques bananes sur les terrasses. En ce qui concerne l'hébergement, 18 bungalows traditionnels (standards et supérieurs) accueillent les visiteurs dans un confort simple mais chaleureux, avec une décoration locale en matériaux naturels. L'espace commun est une grande véranda appelée "faré", ouverte sur la plage bordée de baobabs centenaires, où sont servis des buffets délicieux avec barbecues les week-ends (particulièrement recommandée : la crème brûlée à l'ylang ylang). Le Jardin Maoré propose des activités de bord de mer avec un prêt de masques et tubas, et une mise à disposition de kayaks de mer. Il possède son propre club de plongée (équipé Nitrox) avec des sorties dans le lagon et les passes sud de l'île (35 € la plongée), ainsi que wake-board, ski nautique, excursions baleines ou dauphins, et sorties nocturnes pour pêcher le calamar. L'hôtel organise aussi des excursions pédestres à la demande et dispose d'un service baby-sitting. On dit souvent que les meilleurs hôtels sont ceux dont on n'explique pas le charme, où l'on se sent bien sans savoir exactement pourquoi : c'est le cas ici. Profitez-en.
Bungalow standard de 44 à 80 €, bungalow supérieur de 58 à 101 € (selon le nombre de lits et la saison), petit-déjeuner 10 €, demi-pension 34 €, pension complète 49 €. Plage de N'Gouja, 97620 Chirongui, Tel : 02 69 60 14 19 , Fax : 02 69 60 15 19, mail : jardin.maore@wanadoo.fr, site : www.hotel-jardin-maore.com




Quel tour opérateur ? Cocorico, un des seuls tour-op' spécialiste de la destination. Plusieurs formules possibles, dont un séjour au Jardin Maoré à partir de 1365€ la semaine (avec réduction de 25% et accueil VIP  l'année de votre mariage). (attente confirmation sylvie)
Quand ? De juillet à octobre, c'est la saison des baleines, donc la plus tentante, mais aussi la plus touristique. Une expérience à vivre. Cependant, pour ceux qui préfèrent les dauphins, il est judicieux de partir pendant la saison des pluies, quand le lagon est un miroir sans vent : on se fait alors traîner par bateau dans une eau à 30°, pour nager au milieu des tursiops. Et même si Mayotte est rarement envahie de touristes, on y est encore plus tranquilles.
Pour qui ? Les plongeurs bien sûr, mais aussi les randonneurs (250 km de chemins balisés), les amoureux, et les familles (mer, nature, animaux, langue française : tout ce qu’il faut !).


www.vacancespratiques.com



 
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