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Société

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Un tiers des créateurs d’entreprises sont des femmes, parmi lesquelles un nombre grandissant de jeunes mères. Leurs motivations ? Pouvoir enfin mener de front travail et famille ; être sa propre patronne et gérer son emploi du temps à sa guise ; fuir un monde du travail qui ne prend pas en compte les contraintes des mères. La question qui fâche : ces "mompreneurs" sont-elles de vraies créatrices d’entreprise ou la version tendance de la mère au foyer ? Reportage et avis des experts de la création d’entreprise au féminin.

 

 

Cliquer ici pour lire l'article en grand

 

 

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Basée sur une idée simple mais géniale, l’association SOS Children’s Villages offre aux orphelins du monde entier un foyer, une fratrie, une maman et un départ solide dans la vie. En Inde, l’actrice Maggie Gyllenhaal et son mari Peter Saarsgard ont parrainé un nouveau village. Marie Claire était là.

 

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Droits de l’homme, lutte contre la faim, protection de l’environnement ... On ne peut évidemment pas hiérarchiser l’intérêt des milliers d’associations humanitaires existant dans le monde. Pourtant, chez chacun d’entre nous, certaines résonnent plus fort que d’autres. A Marie Claire, nous avons particulièrement à coeur l’enfance, dans tout ce que qu’elle implique d’amour, d’éducation et d’épanouissement social. SOS Children’s Villages est une association mondiale dédiée au suivi de long terme des orphelins et des enfants abandonnés. L’excellente - et singulière - idée ? Quand des enfants ne peuvent plus vivre avec leurs parents (décédés ou incapables de les élever), plutôt que d’être placés en orphelinat dans l’attente parfois hypothétique d’une adoption, ils grandissent dans une maison “normale” devenant leur foyer, parmi des frères et soeurs biologiques ou adoptifs, auprès d’une “mère SOS” employée par l’association ... et devenant leur “vraie” maman à vie. L’ensemble des maisons et familles ainsi composées forment un “village SOS”, soutenu par toute une équipe (directeur, éducateurs, psychologues, services de santé ...). En somme, un environnement familial de base auquel chaque enfant de la planète devrait avoir droit.

 

En octobre dernier, l’association, qui compte déjà plus de 500 villages répartis dans 132 pays, inaugurait son 41ème village en Inde, à Alibaug, au sud de Bombay. Sa particularité ? Il est le premier à être entièrement financé par une marque, en l’occurence celle de prêt-à-porter Esprit(1). “Nous avons toujours donné à des ONG. Mais SOS Children’s Villages nous touchant particulièrement, nous avons voulu participer à 100% à la création d’un village, depuis la construction jusqu’au suivi des années à venir. J’ai un fils de dix ans, et j’aime ce pays - je suis donc particulièrement fier, ému et heureux que nous puissions faire quelque chose pour les orphelins indiens”, explique Ronald van der Vis, président d’Esprit.

 

L’actrice américaine Maggie Gyllenhaal et son mari, Peter Sarsgaard, sont les heureux parrains de ce nouveau village. Touchés par les milliers de petits Indiens vivant dans la rue, les deux acteurs ont accepté de bon coeur de promouvoir l’association : “Nous sommes profondément admiratifs des mères SOS, ces femmes qui choisissent d’adopter 7 ou 8 enfants d’un coup, pour leur offrir l’amour et l’équilibre d’un vrai foyer pour la vie ... Nous avons une petite fille de 4 ans, l’aimons et la protégeons de toutes nos forces, et comprenons maintenant plus que jamais ce dont chaque enfant a besoin pour construire les bases d’une vie équilibrée. Les habitants du village d’Alibaug nous ont tous émus. Ce parrainage est une expérience inoubliable.”

 

La bonne nouvelle ? Quand on n’est ni PDG d’une marque, ni superstar américaine, on peut quand même aider ces enfants, en donnant tout simplement quelques sous à l’association(2). Pour avoir vu un village de près et rencontré les responsables, on vous le confirme, ça vaut vraiment le coup de faire un cadeau !

 

(1) www.esprit.com/sos, (2) www.sosve.org

 

 

Pour écouter mon interview sur le sujet sur France Info, cliquer ici


 

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Sept jours sans Internet, mails ni téléphone mobile ? Un pari a priori impossible à gagner pour notre journaliste accro aux nouvelles technologies. Cette geekette a pourtant relevé le défi … et légèrement souffert. Récit d'un retour au XX° siècle.

Par Caroline Rochet. Photos Fabrice Guyot 

 

LA VEILLE

Surmotivée, je prépare mon expérience paranormale tel le sportif de haut niveau abordant les J.O. Message explicatif sur mon répondeur, mail automatique d’absence, larmoiements sur Facebook, je respire profondément par le ventre en prévenant mon entourage  que je ne serai désormais joignable que sur téléphone fixe. Les réactions fusent : incrédulité (mes meilleurs amis), incompréhension (des copains concepteurs de sites web), perplexité (mon mec), hilarité (mes chefs), envie (mon frère surbooké) … et mauvaise foi (ma voisine) : « Une semaine sans web ni téléphone portable ? Mais il y a plein de gens qui vivent très bien comme ça ! » Vraiment ? Les chiffres disent pourtant le contraire : aujourd'hui en France, nous sommes plus de 35 millions à utiliser Internet, 15 millions à avoir un profil Facebook, et il existe 61,5 millions de comptes de téléphonie mobile (dont 7 millions sur smartphone). Pour travailler, échanger, aimer, ces petites bêtes sont devenues essentielles. Surtout quand on a trente ans et qu'on est journaliste ... Rien que d'y penser, je sens la panique monter. Et, telle une toxico en pré-sevrage, me mets à checker mes mails toutes les 8 secondes, tripoter frénétiquement mon mini lecteur MP3, inonder de messages les profils Facebook de mes amis, tout en promettant solennellement à mon téléphone portable chéri que je l'aimerai toujours. Puis je l’éteins dans un profond soupir. C’est parti pour une semaine préhistorique.

 

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VIE PRATIQUE

Même si je m’en doutais un peu, cette insoutenable expérience me révèle à quel point je suis devenue une pathétique assistée de la vie, incapable de me débrouiller sans mes petits jouets magiques. Du lever au coucher, je me demande successivement comment me réveiller sans l’alarme de mon téléphone (je ne possède pas de réveil-matin, compte sur le lever du soleil, et arrive donc en retard au boulot), écouter la radio (la pratiquant plutôt en podcasts, j’ignore quand passe « 2000 ans d’Histoire » en vrai), lire la presse (ah tiens, « libé.fr » existe aussi en version papier ?), acheter de la musique (adieu iTunes, bonjour la Fnac, mais j’ignore comment me procurer un single), aller au sport (vous avez déjà couru sans musique ?), essayer un nouveau risotto (mon vieux livre de recettes est légèrement moins fourni que les centaines de sites de cuisine du web), retrouver une copine au concert des Guns’n Roses (« Heu, je serai devant Bercy avec seulement 17 000 personnes, tu me trouveras facilement »), caler une séance de ciné (je redécouvre l’existence des programmes dans les quotidiens locaux),  prendre un truc marrant en photo (dois-je vraiment emporter un gros Nikon argentique partout avec moi ?), prévenir que je serai en retard à un rendez-vous (bon, ok, je n’ai pas le choix, et serai donc à l’heure), trouver un itinéraire sans iMap ni GPS (j’avais oublié l’existence des plans de Paris en papier), réserver des billets de train (farceuse, j’ai ressorti un Minitel de la cave**), m’occuper en cas d’attente (les mots fléchés, c’est trop bien), obtenir les coordonnées d’une boutique (hein, comment ça, le 12 n’existe plus ?!), passer un coup de fil urgent quand je suis dans la rue (non, toutes les cabines téléphoniques ne prennent pas la CB, et oui, leur propreté n’est qu’un doux rêve), organiser mon emploi du temps (diantre, un vrai agenda à remplir et surtout raturer avec un vrai crayon), et d’une manière générale, survivre sans l’aide de Google pour les centaines de questions que je me pose par seconde. De vous à moi, je l’avoue sans honte, je suis totalement perdue. Et surtout épuisée.

 

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AU BOULOT

Nous en arrivons à la pièce de résistance. Très honnêtement, je pensais que le plus difficile dans cette expérience web-free se situerait du côté perso. J’avais tort. Et sachez-le une bonne fois pour toutes : dans certains métiers, il est aujourd’hui strictement impossible de travailler correctement sans Internet. Vous avez besoin d’envoyer une info à 50 personnes ? Privé de mail, vous n’avez plus qu’à passer 50 coups de fil - ce qui ne vous prendra qu’une demi-journée. Vous avez besoin de connaître la bio d’un homme politique ? Pas de problème, galopez donc à la bibliothèque la plus proche, ou attendez deux jours que son attaché de presse vous envoie l’info par la Poste ! Pour ma part, tout ceci est particulièrement excitant dans la mesure où je dois cette semaine travailler sur ma page « Web & High Tech » de la rubrique Culture … Cerise (ou plutôt pomme) sur le gâteau, ma semaine infernale comprend une conférence de presse sur les cybercriminels, alias les pirates du web (qui m’apparaissent alors comme de fieffés veinards …), ainsi qu’un charmant rendez-vous chez Apple, pour « tester les dernières nouveautés iPod ». Je manque défaillir de frustration face à ces diaboliques objets de désir, mais m’interdis de les toucher, attirant la sympathie (ou la pitié) des attachées de presse. Bonne élève, je rentre écrire mes articles au stylo sur carnet Moleskine. Et redécouvre avec émotion ce qu’on appelle la « crampe de l’écrivain ».

 

 

MON CHÉRI

Avec l’homme qui a la chance (…) de partager ma vie, nous sommes les plus gros consommateurs de SMS et MMS du monde – c’est bien simple, si ceux-ci étaient encore payants, Bouygues Telecom érigerait certainement une statue en or à notre effigie. Côté mails, heureusement, nous sommes plus modérés – à peine une centaine par heure. C’est donc tout naturellement qu’il a failli sauter par la fenêtre et/ou m’étrangler sauvagement quand je lui ai annoncé la nouvelle de cette semaine off. Pourtant, contre toute attente, nous tenons bon, et réussissons même à trouver des avantages à cette épreuve douloureuse : le soir, nous avons mille fois plus de choses à nous raconter qu’avant, et la journée, nos mots doux fleurissent sur de nouveaux supports (cartes postales kitchs, miroir de la salle de bains, télégrammes romantiques coûtant un bras et demi* …). Bien sûr, poussé par un humour douteux, cet homme cruel me nargue, brâmant joyeusement devant ses news Facebook et envoyant des textos tous azimuts en ricanant. Dans ma grande sagesse, je sais rester stoïque, et jure que la triste fin de son iPhone 4 - malencontreusement passé à la machine avec une lessive de draps - n’est qu’une bête erreur. Totalement involontaire.

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MES AMIS

Durant cette improbable semaine dans ma grotte, c’est bien simple, je ne sais plus qui ils sont, ce qu’ils font, où ils sont. Cette expérience de vie déconnectée m’apprend sans ménagement une vérité fracassante : mes chers copains ignorent comment appeler un numéro de téléphone ne commençant pas par 06 (les 01 doivent leur faire peur), et ne daignent pas me prévenir continuellement de leurs faits et gestes par courrier postal. Sans Facebook, mail ni SMS, mes amis et moi sommes à peu près aussi doués en communication qu’un Chewbacca sous LSD. J’apprendrai finalement avec effarement que durant mon « absence », Mathieu s’est cassé le bras, Tiphaine a quitté son chéri puis trouvé un nouveau, Corinne a accouché (et bizarrement pas pensé à m’en informer par pigeon voyageur plutôt que par texto), une pub virale pour Tipp-Ex a fait un buzz énorme (apparemment, quiconque ne l’a jamais vue sur Youtube mérite la pendaison par la langue), et tout le monde adore un nouveau groupe de rock british dont je ne connais même pas la moindre note. Abattue, je me sens aussi socialement jetlaggée qu’un Kounta de Mauritanie parachuté en pleine Silicon Valley. Une amie me propose des anti-dépresseurs. Je lui demande s’ils sont Wifi ou 3G.

 

 

UNE VIE PLUS ZEN ?

Une phrase récurrente à l’annonce de mon expérience a été : « Ah, super, tu vas voir, je suis sûre que ça va te déstresser ! ». Hum. Comment dire. Il y a 15 ans, en effet, l’univers tournait sans mails, quasi sans portables, et tout le monde baignait au même rythme dans une vie moins urgente. Mais quand vous êtes l’exception, la seule à ne pas être ultra connectée, le stress devient votre pain quotidien : tout est plus compliqué, n’importe quelle mission prend dix fois plus de temps, et cette impuissance vous gratifie d’une humeur de chien (je pense avoir plus éreinté mes pauvres collègues au cours de cette semaine que lorsque j’ai arrêté de fumer). Donc non, je ne dirais pas que la vie sans connexion est en soi un havre de paix. Mais reconnaissons-le : cette semaine, j’ai dix fois plus bouquiné que d’habitude, réalisé à quel point mes proches étaient esclavagisés par leur portable, savouré un week-end au calme, et écrit mes articles dans la quiétude d’une bulle étanche (selon une étude récente, il est impossible pour les Français connectés de rester concentrés plus de 12 mn sur leur travail sans être interrompus). J’ai également apprécié de redécouvrir des plaisirs désuets tels que l’odeur d’encre de la presse quotidienne, l’humanité des voix au téléphone, ou la beauté des lettres écrites à la main. Mais, surtout, surtout, j’ai découvert que sans les merveilles de la technologie, mes chefs ne pouvaient pas me joindre en dehors du bureau. Ahem. Je vais peut-être un peu prolonger mon expérience, finalement …

 

 

* Un télégramme coûte aujourd’hui la modique somme de 15€56, rens. 36 55.

** Le Minitel compte encore deux millions d'utilisateurs en France ! Mais la moitié d’entre eux utilisent ses services via Internet (… cherchez l’erreur).

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MARIE CLAIRE

  J'ai tout plaqué pour le job de mes rêves

  Juin 2010


Elles vivaient de leur boulot et avaient une passion. Un jour, elles ont lâché  le premier pour vivre de la seconde, en montant leur entreprise au passage. Trop beau pour être vrai ? Rencontre galvanisante avec des wonderwomen comme vous et moi.

Par Caroline Rochet

 

 

Chloé, 28 ans, du graphisme à la pâtisserie pin-up

 

Sa première vie

Après mes études à  Penninghen (École supérieure d'arts graphiques), je suis devenue graphiste et photographe free lance. Affiches, pubs, pochettes de disques, j'ai cartonné et croulé sous le boulot sans problème pendant un temps. Puis il y a eu la crise ...

 

Le déclic

Pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvée sans boulot pendant trois mois. Un cauchemar pour une hyperactive comme moi, sans compter que je n'avais pas mis grand chose de côté et ne savais plus comment payer mon loyer. Quelques mois plus tôt, j'avais voyagé aux Etats Unis, où le cupcake cartonnait. J'avais flashé sur ce gâteau graphique, aux possibilités de décoration infinies : une idée en or !

 

Ce qu'elle a osé

Je travaillais souvent sur mon ordi à l'Hôtel Amour. Un jour, je suis allée voir l'équipe avec quelques tentatives de cupcakes, pour les leur faire goûter. Bingo ! Ils m'en ont commandé pour leur brunch, et très vite, d'autres restos du quartier ont suivi. Mon blog a fait le reste. Aujourd'hui, j'ouvre ma boutique, je donne des cours, je prépare un livre et une émission de cuisine, et j'ai l'impression de vivre l'american dream !

 

D'où  ça vient

Chez moi, on a toujours adoré cuisiner, c’est dans les gènes. Ave  ma mère et ma soeur, on est spécialistes des fêtes avec buffets géants ... Ce qui est drôle, c'est que je suis diabétique : du coup, je crée des recettes sans sucre aussi, pour les gens comme moi, mais j'adore régaler les autres avec des douceurs qui me sont interdites. Aussi, je n'ai jamais pu avoir de patron : déjà, dans le graphisme, j'étais freelance. Et je me doutais qu'un jour, je serai entrepreneuse.

 

Pourquoi ça a marché

En France, la mode du macaron commençait à s'essouffler, et le cupcake était une bonne idée de petit gâteau "bon et joli à la fois". La tendance pin-ups était en train de cartonner, et mon style de cuisine vintage, avec look assorti, est arrivé au bon moment. Je cuisine à base d'ingrédients naturels et bios, sans conservateurs ni colorants, ce qui est aussi dans l'air du temps. Une psychanalyse qui m'avait mis la tête à l'endroit, des amis avocats ou photographes qui ont donné de leur temps, d’autres qui ont commandé mes premiers cupcakes ... Tous ces ingrédients ont permis le succès, assaisonnés d'une sacrée dose de chance.

 

La trouille ?

Je crois que ma première panique, c'était, paradoxalement, d'aller vers ce qui me convenait vraiment ... Sinon, en tant que free lance, je n'avais pas peur de monter quelque chose toute seule, bien au contraire.

 

Son conseil

En France, il existe désormais le statut d'auto-entrepreneur*, hyper pratique pour se lancer sans trop risquer sa peau. Je pense qu'il faut oser, mais savoir attendre la bonne opportunité. On n'a pas toujours de la chance, et il vaut mieux y aller blindée, solide, avec une bonne dose de créativité pour rebondir.

 

*Rens. sur www.auto-entrepreneur.fr

Sa boutique-salon de thé : Chloé S., 40 rue Jean-Baptiste Pigalle, à Paris.

Son site : www.cakechloes.com

 
 
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Emilie, 35 ans, de l'automobile au homewear de luxe

 

Sa première vie

Après des études de droit et Sciences Po, que j'ai fait "parce que ça mène à  tout", j'ai bossé en marketing et relation client. J'y ai connu la folie des start-ups, puis le ronron rassurant d'une grosse boîte française comme Peugeot. Non seulement je bossais comme une folle, mais en plus, sur la fin, je m'ennuyais franchement.

 

Le déclic

Un jour, ma chef m'a dit : "Dans 15 ans, vous serez à ma place". Ca m'a rendue dingue ! Je n'étais pas du tout en adéquation avec mon environnement, tout y était poussif, j'étouffais. J'ai quitté mon boulot et préparé un MBA pour travailler à l'étranger. Je me suis retrouvée directrice des achats d'un gros réseau à Dubaï, d'où je me suis fait virer en 5 mn après un an et demi de vie luxueuse. De retour en France, seule et au chômage, j'ai compris que c'était le moment ou jamais de prendre un vrai tournant.

 

Ce qu'elle a osé

Passionnée de lingerie depuis toujours, je collectionnais les ensembles (récents ou vintage) par dizaines, et adorais les chemises de nuit de ma grand-mère. Au Moyen Orient, j'avais compris qu'il manquait des produits haut de gamme adaptés aux coutumes locales : j'ai eu l'idée de créer une ligne de vêtements d'intérieurs de luxe. Je suis partie en Inde rencontrer des fournisseurs. Avec mon mini budget et mes dessins d'amateur, j'avais peur qu'ils me rient au nez ! Mais ils ont marché, et tout s'est enchaîné. Formation accélérée chez Esmod, montage d'un business plan, production de ma première collection ... et présentation au Salon de la Lingerie en janvier dernier !

 

D'où  ça vient

Ma grand-mère avait fondé sa propre maison de couture en 1960, une marque de prêt-à-porter haut de gamme que j'adorais. Elle m'a transmis cette passion là, et je suis heureuse d'avoir repris sa marque pour la faire vivre à mon tour. Je crois aussi que je n'ai jamais aimé avoir de patron : je veux pouvoir gérer mes horaires et mon boulot toute seule !

 

Pourquoi ça a marché

Tous mes jobs précédents m'ont appris quelque chose qui m’est utile aujourd’hui. Je pense aussi que le succès vient d'une bonne idée, puisque j'ai trouvé une niche encore  inoccupée. Et puis, j'ai eu la chance d'être aidée : par ma famille, mes copains avocats ou D.A, le réseau ...

 

La trouille ?

Ca n'a pas toujours été simple, j'ai risqué tout ce que j'avais dans cette histoire folle, et j'avais peur de ne pas avoir assez d'argent pour bien démarrer l'affaire. Mais bizarrement, pour ma vie perso, ce n'est pas une épreuve. Même si je compte mes sous au supermarché et que je squatte encore d'un appartement à l'autre, je me sens beaucoup plus sereine que quand je conduisais ma Porsche pour acheter des sacs à 5000 € à Dubaï ... Je suis tellement remplie à l'intérieur, que pour le reste, je n'ai besoin que de l'essentiel. Aujourd'hui, ma vraie peur, ce serait plutôt de redevenir salariée.

 

Son conseil

Je m'étais toujours dit : "Je monterai ma boîte quand je serai mariée", parce que j'imaginais qu'ainsi j'aurais la sécurité nécessaire pour pouvoir me lancer. C'était une mauvaise excuse. Non seulement je peux me débrouiller toute seule, mais en plus, je n'aurais jamais pu rencontrer le bon mec pour moi tant que je ne m'étais pas trouvée, moi.

 

Cynthia Paris, lingerie française extraordinaire,  sur www.oneworldlingerie.com

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Julie, 33 ans, de la mode à la charcuterie

 

Sa première vie

Après un faux départ en fac de Langues Etrangères, j’ai fait une école de commerce – je voulais un métier « concret » qui corresponde à mon énergie. Apprentissage dans une usine de pulls, puis Galeries Lafayettes de Lorient : je me suis très vite dirigée vers la fringue, mais j’avais, déjà, envie de gérer ma propre affaire. Mon chéri aussi. Grâce à un apport financier inattendu, on a pu monter un magasin de vêtements. Puis deux, puis trois … Ca a marché pendant 6 ans.

 

Le déclic

Un jour, on a eu l’opportunité de vendre notre affaire : ça tombait bien, j’avais envie de me poser un peu, prendre le temps de faire un deuxième enfant. Mon homme a fait un peu d’immobilier, et je l’aidais pour la gestion. Mais ce métier ne nous épanouissait pas, on savait bien que ce n’était qu’une étape. Quand la crise est arrivée, on a compris qu’il était temps de se poser les bonnes questions. Et surtout, de retrouver l’excitation d’un nouveau défi, qui nous corresponde vraiment.

 

Ce qu'elle a osé

Après de longs mois de recherches, notre pécule commençait à fondre, et le moral aussi. La crise n’arrangeait rien. Un jour, on est enfin tombés sur la perle rare : une charcuterie artisanale bretonne, avec des produits d’excellente qualité, tout à fait dans l’air du temps et l’esprit qui nous convenait. Entre la fringue et les cochons, il y avait un sacré monde … On a plongé quand même !

 

Pourquoi ça a marché

J’ai toujours eu la capacité de « sentir » les choses, anticiper, suivre mon instinct. Et toujours adoré le métier d’entrepreneur. Que ce soit des pulls ou du pâté, au fond, peu importe : on se lance dans un secteur, on apprend, on rame, on se perfectionne … Si la rigueur et l’envie sont là, et qu’on tient droit sur ses pattes, on avance.

 

La trouille ?

Je sais que c’est étrange, mais non, jamais … Même quand on n’avait pas un sou, même avec les enfants, j’évitais de me poser trop de questions. Le truc qui sauve, c’est de ne jamais regarder derrière soi, ni trop loin devant. En y allant étape par étape, gérer une chose à la fois permet de ne pas paniquer, sans se laisser bouffer par le doute. Et puis, on était deux, c’est une force.

 

Son conseil

Le plus important pour réussir un changement de cap et monter son affaire, c’est la capacité d’adaptation. Il faut accepter de se remettre en question et apprendre très vite. Je crois aussi qu’une bonne dose d’optimisme et d’énergie sont utiles … Après, il n’y a plus qu’à écouter son instinct !

 

Sa charcuterie artisanale : www.lelavandier.fr

 

 

 

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Aline, 50 ans, du mannequinat au foyer pour handicapés ... en passant par l'hélico

 

Sa première vie

Entre 17 et 25 ans, parallèlement à des études de droit, j'ai été mannequin pour des pubs, et j'ai eu des petits rôles dans quelques films. J'ai aussi posé pour les romans photos de Nous Deux ! Ce métier me plaisait, même si je savais bien qu'il serait de courte durée.

 

Le déclic

Il y en a eu deux, puisque j'ai eu trois "vies". Le premier, c'est quand mon mari (de l’époque) m'a demandé d'arrêter de travailler. Je m'ennuyais à mourir à la maison, et voyais passer les hélicos de l'aéroport de Marseille, tout proche. J'ai voulu prendre des cours de pilotage, et j'ai tellement aimé ça que j'ai fini par devenir pilote professionnel, et monter ma société d'écoles de pilotage à travers le monde ! Le deuxième déclic, des années plus tard, a eu lieu quand j'ai cherché un foyer pour handicapés mentaux pour mon frère : il n'en existait aucun dans la région, et de nombreuses personnes en avaient besoin. J'ai décidé d'en créer un.

 

Ce qu'elle a osé

Quand je me suis pointée aux cours de pilotage avec mon look Bardot, bien sûr, les gars de l'armée ne m'ont pas prise au sérieux ! Mais ma détermination les a bluffés. Pour le foyer, ça a été une autre paire de manches, mais le même accueil : au Conseil Général de la région, ils ne pensaient pas que mon projet était sérieux. Mais j’ai tenu bon. Après des années d’enquête et de galère, mon foyer a enfin fini par voir le jour.

 

D'où  ça vient

Pour l'hélico, ça n'a pas vraiment été une surprise : je n'avais jamais volé, mais j'étais déjà passionnée par les machines. Je faisais beaucoup de moto, conduisais des voitures de sport, me défoulais sur des parcours aux 24h du Mans ... Pour le foyer, c’est venu du besoin de voir mon frère vivre dans une structure adaptée, tout simplement.

 

Pourquoi ça a marché

Dans le cas du foyer, ça a marché parce qu'il manquait effectivement un foyer pour adultes handicapés mentaux dans la zone où je vivais, et qu'il y avait quelque chose à faire, des gens motivés, un réel besoin. L'hélico, c'est plus une question de passion : j'étais tellement accro et déterminée que je ne pouvais qu'y arriver. Bien sûr, j'avais alors la chance d'avoir les moyens pour le faire.

 

La trouille ?

Pas vraiment. Quand on est passionnée, on a toujours des ailes. Et d'une manière générale, ce sont les circonstances de la vie qui ont mis ces changements de cap sur mon chemin. J'avais juste à les attraper.

 

Son conseil

La vie est une succession de découvertes, de circonstances et de rencontres. Si l'on est attentif à ce qui se passe autour de nous, on peut saisir des inspirations et s'en nourrir. Je crois aussi au pouvoir de la détermination : quand on refuse de baisser les bras, qu'on s'accroche vraiment, ça finit forcément par mener quelque part.

 

www.alinepauchard.com

 
 
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