--- Not a bomb ---

Je ne suis pas une bombe - Caroline Rochet
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Mercredi 6 mai 2009

MARIE CLAIRE


Sondage :
Jusqu'où iriez-vous pour sauver la planète ? 

     Juin 2009


Tri sélectif, doubles vitrages, douche plutôt que bain ... Jusque là ce n'était pas compliqué de protéger l'environnement. Mais aujourd'hui que les experts nous demandent d'aller plus loin, sommes-nous prêts à les suivre ? Un sondage exclusif, commenté par les deux manitous de l’écologie, Jean-Louis Borloo et Nicolas Hulot.


Depuis quelques années, le développement durable est partout : des publicités aux medias, de la vie quotidienne aux mesures gouvernementales, du bureau à la maison, et même dans les boîtes de nuit (voir notre article p.XX). Du coup, forcément, nous en avons plus ou moins intégré les grandes lignes. Pourtant, la partie est loin d’être gagnée. Et nos maigres efforts sont, selon les experts, encore largement insuffisants. Pour sauver la Terre, il va falloir aller plus loin. Vraiment plus loin. Oublier l’avion, arrêter la voiture, renoncer définitivement aux bains, se priver de viande … Aux grands maux, les grands remèdes. Les Français sont-ils prêts à relever le défi ? Et vous, jusqu'où iriez-vous pour préserver l'environnement ? Nous avons posé les questions qui tuent à nos internautes(1), et demandé à Jean-Louis Borloo et Nicolas Hulot de commenter les résultats. Résultats d’ailleurs très surprenants, car très engagés ! Mais attention : contrairement à un sondage « obligatoire », il faut savoir que ceux et celles qui ont participé sont a priori  des gens déjà sensibles à la cause environnementale, puisqu’ils ont délibérément choisi de cliquer pour répondre. Et que c’étaient principalement des femmes, réputées plus « vertes » que les hommes ... Mais cela n’enlève rien au message d’espoir et d’optimisme que nous envoient ces résultats, ni aux remises en question qu’ils soulèvent. Décryptage.

(1) Sondage réalisé sur le site marieclaire.fr du 20 janvier au 3 février 2009, avec participation de 1038 internautes.


1. DIRE ADIEU A LA VIANDE
Les faits : La production d’un kilo de bœuf engendre de 50 à 100 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre (l'équivalent de 60 km en voiture), et nécessite entre 20 et 50 fois plus d'eau potable que celle d’un kilo de blé, riz ou soja. De plus, les bovins émettent du méthane, gaz 23 fois plus "réchauffant" que le CO2. Et le corps humain n’a pas besoin de viande pour vivre en bonne santé … Ca fait réfléchir.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous devenir végétarien pour le bien de la planète ?
Le résultat : Etonnant ! La majorité de nos internautes (58,7 %) se dit tout à fait prête à renoncer à la viande, tandis qu’un tiers d’entre eux serait d’accord pour en réduire la consommation (30,6 %). Mais certains (10,7 %) n’y renonceraient pour rien au monde.
L’avis de J-L Borloo : « L'équilibre alimentaire incluant la viande est tellement ancré dans l'imaginaire collectif, que je trouve ce résultat surprenant. Il est vrai que l'élevage est dur pour l'environnement. Mais si une évolution significative de sa consommation était réellement constatée, cela nécessiterait un soutien aux éleveurs de la part de l'Etat pour ne pas les pénaliser. Personnellement ? Je ne mange pas beaucoup de viande, mais j’en savoure avec plaisir de temps en temps ! »
L’avis de N. Hulot : « Restons lucides, l’essentiel est certainement de manger plus de protéines végétales, et moins de viande - mais de meilleure qualité, ce qui économiquement ne change rien. Tout est question d’équilibre, et entre y renoncer totalement ou en consommer moins et de meilleure qualité, la nuance est de taille. N’oublions pas qu’il est aussi question de l’avenir de la biodiversité, des terroirs, des paysages ... »


2. RENONCER A LA VOITURE EN AGGLOMERATION
Les faits : Une voiture moyenne qui parcourt 15.000 km/an émet 2,5 tonnes de CO2 par an : elle est donc 30 fois plus émettrice de gaz à effet de serre que le train ou le RER. De plus, la taille du véhicule compte : entre une petite voiture et un 4x4, la différence de consommation peut aller du simple au quintuple. Quant à la voiture hybride, elle peut faire économiser 30 à 50% de la consommation.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous vous passer de voiture, ou en changer ?
Le résultat : Là encore, stupeur. Près de la moitié des internautes (46 %) n’a pas de voiture ou pourrait s’en passer. Un tiers d’entre eux (32 %) accepterait de l’utiliser moins souvent ou d’en changer pour une plus petite, d’autres (16 %) souhaitent acquérir une hybride, et quelques-uns (5,6 %) ne pourraient ni en changer, ni s’en passer.
L’avis de J-L Borloo : « Le système des bonus-malus (taxant les véhicules néfastes à l'environnement et accordant des primes à l'achat aux véhicules plus vertueux, NDLR) a permis une vraie sensibilisation à ce problème. Les ventes de modèles "sobres" ont augmenté de 45 % et celles de véhicules plus polluants ont baissé de 40 % ! Cependant, il ne faut pas oublier que selon leur métier, leur lieu d'habitat et leurs moyens, tous les Français ne peuvent pas changer de voiture ou s'en passer. Au Ministère, on roule en Cleanova, un prototype hybride. Quant à moi, je n'ai pas de voiture personnelle. »
L’avis de N. Hulot : « Renoncer à la voiture est un idéal, mais j’entends bien que la société n’a pas été conçue pour s’en priver brutalement. Là aussi, il existe un équilibre entre utiliser son véhicule à tout bout de champs et en user seulement quand il n’y a pas d’autre option possible. En revanche, au moment d’en changer, on peut choisir de mettre une fin définitive aux véhicules énergivores. »


3. ARRETER L'AVION
Les faits : Pour vous donner une idée, un avion équivaut à autant de petites voitures qu'il a de sièges passagers ... ! Un vol aller-retour Paris-Marseille émet 50 fois plus d'équivalent carbone qu’en train, et 3 allers-retours Paris-USA représentent l’émission d'équivalent carbone d’un Français en une année, tous domaines confondus.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous cesser de voyager en avion ?
Le résultat : Nos internautes, là encore, sont très motivés. Plus d’un tiers (38,2 %) affirme vouloir arrêter l’avion, un autre tiers (30,4 %) accepterait de ne le prendre qu’un fois par an, tandis que d’autres pourraient réduire la fréquence de leurs trajets (19,6 %). Mais une frange d’irréductibles refuse de changer ses habitudes aériennes de travail ou de vacances (11,8 %).
L’avis de J-L Borloo : « C’est très positif. Même si la pratique est encore difficile à adopter systématiquement, les Français réalisent de mieux en mieux qu'un déplacement en train est plus respectueux de l'environnement qu’en avion. Au Ministère, nous faisons très attention à nos lieux de rendez-vous : d'abord en évitant au maximum l'avion, mais aussi, d'une manière générale, en renonçant à certains déplacements superflus. »
L’avis de N. Hulot : « Ces résultats m’interpellent, car ils entraînent à réviser totalement notre rapport au monde et à la mobilité. Là aussi, il faut préférer un autre mode de transport quand cela est possible. Quand ça ne l’est pas, ce qui est mon cas lors de mes voyages pour Ushuaia, on peut s’engager dans une démarche de sauvegarde de la nature (association, compensation carbone …). »


4. MANGER TOTAL BIO, LOCAL ET SAISONNIER
Les faits : Consommer des produits venus du bout du monde ou cultivés sous serre (fraises en hiver, mangues toute l’année), induit une quadruple dépense énergétique, dûe au transport, à la réfrigération et à l’emballage. De plus, contrairement à l’idée reçue, manger bio ou local ne coûte pas forcément plus cher … Pour preuves les AMAP ou certaines grandes chaînes à prix raisonnables (Biocoop, Carrefour). En fait, il faut surtout modifier son alimentation. Moins de viandes, moins de produits transformés, plus de légumes et de céréales : et hop, un budget équivalent pour une santé au top.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous acheter bio et local ?
Le résultat : La moitié de nos internautes est partante (50,9 %), même si elle doit pour cela renoncer à certains produits ou augmenter son budget. L’autre moitié accepte de se nourrir bio dans une certaine mesure, mais pas de renoncer aux produits exotiques ou bon marché (46,5 %). Et seulement 2,6 % refusent de changer leur alimentation ou leur budget pour cause environnementale.
L’avis de J-L Borloo : « Le plus important, c’est la saisonnalité. Acheter des fruits qui ne sont pas de saison, c’est contribuer à des transports superflus et des méthodes de culture gourmandes en énergies. Regardez cette corbeille de fruits (dans son cabinet, NDLR) : avant, vous auriez pu y trouver des fraises en hiver, maintenant, ce sont des pommes de saison ! A la maison, c'est pareil. Concernant le bio, la différence de prix -  pas si grande qu'on le croit, d'ailleurs - s'explique par l'étroitesse du marché actuel (seulement 2 % de culture bio en France), qui rend le coût du circuit plus cher. Mais petit à petit, l'Etat crée un marché plus important grâce à la présence croissante du bio dans les cantines publiques (+ 20 % en 2012), et les aides fiscales aux agriculteurs pour leur reconversion bio. »
L’avis de N. Hulot : « Ces résultats montrent que les fondamentaux - qualité, proximité, saisonnalité - sont de plus en plus partagés. Avec l’opération « Des fraises au printemps », la Fondation souhaite informer les gens des enjeux qui se cachent derrière leur assiette. Il est important de favoriser les circuits courts, d’être intransigeant sur les produits de saison, de choisir les labels de qualité … Sachant que le surcoût du bio peut être compensé par le fait de manger moins de viande, ou de prendre des produits en vrac. »


5. S’HABILLER VERT
Les faits : Les fringues écolo et éthiques sont devenus légion, ne coûtent pas forcément un bras, et peuvent même suivre la mode. Avec des marques comme Les Fées du Bengale, Article 23, Edun, Leaf ou les catalogues de VPC (3 Suisses, Redoute), on peut trouver slims, jeans larges taille haute, basiques fashion et autres mignonneries hype à des prix normaux, pour un look parfait qui fait du bien à la planète.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous renoncer à vos marques habituelles pour acheter de la mode écolo-éthique ?
Le résultat : Sur cette question, les internautes (des fashionistas ?) sont plus mesurés. Si près d’un tiers (29,9 %) a déjà commencé à faire des efforts dans ce sens, une bonne moitié (51,5 %) serait prête à s’y mettre, mais pas systématiquement. Et 18,6 % aiment trop certaines marques pour y renoncer.
L’avis de J-L Borloo : « Hum, pour cette question, je demande un joker ! (rires) »
L’avis de N. Hulot : "Si on en a l’occasion, c’est un pas de plus que d’opter pour des vêtements dont la fabrication est moins impactante pour la planète. Tout comme de donner une seconde vie à ses vêtements, en les réparant ou en faisant profiter d’autres personnes.  "


6. NE PLUS FAIRE COULER DE BAINS
Les faits : Prendre une douche (20 à 60 litres d’eau) plutôt qu’un bain (100 à 150 litres) économise de l'eau, mais aussi de l'énergie pour la chauffer. A noter, un chauffe-eau solaire permet d’économiser entre 40 et 70% de la consommation d’énergie pour l’eau chaude (et des primes à l'installation facilitent l’investissement).
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous renoncer à prendre des bains, voire changer votre installation pour économiser de l'énergie ?
Le résultat : Ici, 19 % des internautes avouent être accros aux bains, un bon tiers (35,8 %) accepte d’y renoncer sans changer d’installation, et près de la moitié (45,3 %) sont prêts à la changer.
L’avis de J-L Borloo : « Passer du bain à la douche est un point essentiel, basique, et plutôt bien passé dans les moeurs. En ce qui concerne l'équipement, tout le monde n'a pas les moyens d’en changer, mais avec les avantages fiscaux (jusqu'à 40 % remboursés sur l'achat de matériel), l'éco-prêt à taux zéro, et le crédit d'impôt cumulable, cela devient beaucoup plus accessible. Personnellement, je n'aime pas les bains, et chez moi, j'ai une douche, pas de baignoire ! »
L’avis de N. Hulot : "Il me semble que c’est assez facile de stopper les bains, sans pour autant changer d’installation. Réduire sa consommation d’eau présente un double bénéfice, tant pour la ressource elle-même que pour la consommation d’énergie nécessaire à son chauffage."


7. PLAQUER UN ANTI-ECOLO
Les faits : Dilemme sentimental. Vous êtes foncièrement écolo, faites de gros efforts environnementaux et prenez votre pied à devenir chaque jour un peu plus green, mais votre douce moitié est un conducteur de 4X4, dingue de viande, gros consommateur devant l’Eternel et absolument hermétique aux questions de changement climatique.
La question : Iriez-vous jusqu'à rompre avec l’Elu pour cette incompatibilité de vie ?
Le résultat : Sujet délicat … ! Les réponses indiquent que l’amour est plus fort que tout. Une bonne moitié de nos internautes (58,3 %) préfère faire des concessions et convaincre petit à petit leur partenaire de changer, tandis qu’un tiers (31,1 %) affirme que l’amour n'a rien à voir là-dedans, et ne va certainement pas changer de compagnon pour une raison pareille. Mais un internaute sur 10 (10,7 %) avoue y avoir déjà pensé, car cela pèse dans le couple et empêche d’imaginer un futur ensemble.
L’avis de J-L Borloo : « Ah, question épineuse ... Je crois que cela peut être un accélérateur à la brouille dans un couple qui va déjà mal, un peu comme la belle-mère ou la cigarette au lit ! (rires) »

L’avis de N. Hulot : "J’espère qu’on ne sera pas obligé d’en arriver là !"




8. CONSOMMER DEUX FOIS MOINS, TOUS DOMAINES CONFONDUS
Les faits : L'industrie (c'est-à-dire les produits manufacturés) et les services sont, en France, à l'origine de 50% des émissions de gaz à effet de serre. Vêtements, voyages, objets de décoration, livres, disques, électroménager, produits high tech ... Si on consommait moins, on polluerait moins. Ce qui ne ruinerait pas pour autant l’économie du pays : les priorités et les investissements changeraient, pour devenir plus « soutenables ».
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous acheter deux fois moins ?
Le résultat : Motivés, près de deux tiers des répondants (63,5 %) concèdent que si « deux fois moins » leur paraît exagéré, ils pourraient effectivement ralentir leur consommation. Un quart courageux (26,9 %) affirme pouvoir se passer de la moitié de ce que qu’ils consomment, tandis qu’une minorité (9,6 %) n’a pas le sentiment de trop consommer, et/ou ne pourrait pas le faire moins.
L’avis de J-L Borloo : « Je crois que la question n'est pas tellement de consommer moins (certains n'ont pas de quoi réduire, puisqu'ils n'ont déjà pas de quoi payer le superflu !), mais bien de consommer différemment. On peut voter pour la planète en choisissant soigneusement ce que l'on achète, selon la qualité et le respect de l'environnement que pratiquent les fabricants. En préférant un produit à un autre, chaque consommateur envoie un message à l'ensemble d'une chaîne de production. »
L’avis de N. Hulot : « Cette question appelle une nuance fondamentale entre le superflu et l’essentiel que vous avez d’ailleurs notée. Dans un monde qui ne s’étend pas au rythme de nos sollicitations, chacun peut comprendre que l’illusion de l’abondance pour tous est une imposture. Alors que l’essentiel n’est pas résolu pour la plupart des terriens, le superflu est sans limites pour quelques-uns. Nous sommes condamnés à partager, et pour ce faire, à économiser au sens noble du terme. »



BORLOO / HULOT, MÊME COMBAT ?


JEAN-LOUIS BORLOO, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.

- Selon vous, les Français ont-ils réellement pris conscience des enjeux écologiques ?
Oui. Le Grenelle a clairement entraîné une prise de conscience qui fonctionne par effet domino : on réalise quelque chose à propos des voitures, qui entraîne une question sur le train et l'avion, puis on se demande comment économiser l'eau, puis les déchets ... Les Français commencent à comprendre beaucoup de choses, et votre enquête le montre de manière significative.

- Pensez-vous que les femmes y sont plus sensibles que les hommes ?
Les résultats de votre sondage, très engageants, le donnent à penser. D'une manière générale, les femmes me paraissent très attentives aux questions écologiques, surtout celles de 30 à 50 ans. J'imagine que c'est dû à la maternité, un instinct de protection pour leurs enfants.

- Qu’avez-vous pensé des déclarations de Jonathon Porrit*, affirmant qu’avoir plus de deux enfants est un acte irresponsable pour la planète, et que le contrôle de la surpopulation par la contraception et l'avortement doit être au coeur des politiques pour lutter contre le réchauffement climatique ?
C'est un sujet très compliqué. Le seuil de renouvellement, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme auquel une population se maintient au même niveau, est d'environ 2,1 enfants par femme. Or, ce taux est rarement atteint en Europe ! Je ne vois donc pas bien l'intérêt de cette idée pour les pays développés. Mais de toutes façons, que ce soit pour l'équilibre général de la planète ou pour sa liberté personnelle, chaque femme dans le monde doit pouvoir choisir, et il est toujours nécessaire de le rappeler.
*Environnementaliste, à la tête de la commission pour le développement durable en Grande-Bretagne.


NICOLAS HULOT, reporter, écologiste et fondateur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.

- Selon vous, les Français ont-ils réellement pris conscience des enjeux écologiques ?
Oui, je l’entends et le ressens. Grâce à de nombreuses mobilisations, l’écologie est sortie de son ghetto et la prise de conscience est réelle. Et si elle est parfois détournée de son but premier pour des raisons mercantiles, ne doutons pas de l’intelligence des gens : ils sauront vite faire la distinction. Rappelons à quel point les enjeux sont importants : ce n’est ni plus ni moins la survie même de l’humanité qui est en jeu. Dans la loi Grenelle 1, il y a une somme de mesures sans équivalent en France. Et si elle n’est pas l’alfa et l’omega, elle a le mérite de lancer une dynamique. Il y a clairement un "avant" et un "après".

- Pensez-vous que les femmes y sont plus sensibles que les hommes ?
En me basant sur mon ressenti car je n’ai pas d’étude qui corrobore mon propos, j’ai l’impression que la femme est plus sensible à l’avenir de la planète, qu’elle sait indissociable de celui de ses enfants. D’ailleurs, dans bien des civilisations, la Terre est assimilée à la femme ou à la mère - comme par exemple la déesse Pachamama (Terre-Mère) chez les Amérindiens d’Amérique du Sud. Mais je n’irais pas jusqu’à en faire une systématique.

- Vous aussi, vous progressez dans vos efforts « verts » ?
Passer chacun de ses actes par le filtre de sa conscience devient peu à peu une nouvelle logique d’esprit, presque un jeu. Pour ma part, j’évite d’imprimer, j’éteins les veilles de mes appareils électriques, je refuse les sacs plastiques, j’utilise le vélo et le train dès que possible, j’achète des produits de proximité, je trie mes déchets, j’ai limité ma consommation de viande, je fais du compost, je récupère l’eau de pluie, j’ai des ampoules basses consommation, je chauffe à 19° C seulement quand la maison est occupée, j’ai un scooter électrique, j’ai changé de voiture pour prendre la plus économe possible, je fais réparer les vêtements comme les appareils électroménagers ... et ainsi de suite essayant de trouver chaque jour une petite contribution supplémentaire. Mais l’idée, encore une fois, est de ne pas tomber dans l’austérité … !



Par Caroline Rochet - Publié dans : Environnement
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Lundi 13 octobre 2008
HOLALA / Actualité

Papiers de la décade 3/13 octobre 2008




--> Articles divers et variés écrits pour la rubrique Actu du site Holala. Pour les lire, il vous suffit de cliquer sur les images, et vous y sauterez alors tel un petit cabrinounet avide de connaissances contemporaines.


La rubrique Actu fait des blagues !


Une bonne blagounette reçue par internet en hommage au fichage Edvige. Forwarding.




Energies renouvelables : les anti-éoliens s'énervent


Ce week-end à Paris, les opposés à l'éolienne ont manifesté. Pourquoi ?








Le suicide, plus fort que la route


Déprimant : selon une étude, le suicide est la première cause de mortalité par traumatisme en Europe.





Un petit steak cloné, ça vous tente ?


Selon une récente, enquête, les Européens refusent de manger des animaux clonés. Tu m'étonnes.





Pour ou contre bosser le dimanche ?


Le ministre du Travail et une majorité de Français sont pour le travail dominical. Est-ce bien raisonnable ...?


Par Caroline Rochet - Publié dans : Environnement
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Dimanche 28 septembre 2008
HOLALA / Actualité

Papiers de la semaine du 22 septembre



--> Articles divers et variés écrits pour la rubrique Actu du site Holala. Pour les lire, il vous suffit de cliquer sur les images, et vous y sauterez alors tel un petit lapinou avide de connaissances.


Moldavie, pauvreté et esclavage


En 2008, la traite des humains existe encore. Super.







EDVIGE : ça s'améliore ...


Les données sur la santé et la sexualité seraient supprimées du nouveau fichage. Victory !




Le buzz des emplois verts


Préparez-vous au raz-de-marée des green métiers !









Pollution : and the winner is ... China !


La Chine est passée devant les Etats-Unis en devenant le premier pays émetteur de CO2 au monde.






Par Caroline Rochet - Publié dans : Environnement
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Vendredi 12 septembre 2008
HOLALA / Actualité

Papiers de la semaine du 8 septembre



--> Articles divers et variés écrits pour la rubrique Actu du site Holala.
En cliquant sur les photos, vous y sauterez tel un petit lapinou avide de connaissances.


Fichage EDVIGE : la suite !


Tout le monde s'énerve contre le Big Brother 2008. Un vrai mouvement qui fait plaisir (sauf à MAM).





Les nouveaux visages de la pub


Tatouages, semelles, jeux vidéos, écoles : le dieu Réclame s'incruste partout.





Panique au UK : l'Anglais n'aime plus la bière


Economie morose et interdiction de fumer, cinq pubs ferment chaque jour au Royaume-Uni. Catastrophe nationale.







Le Pen, la France, l'Europe, et un peu d'NTM.


De palpitantes news en direct du parti le plus fun de France.





Pollution : se défendre avec des monstro-plantes


Les plantes ne servent pas qu'à faire joli (ou à être fumées) : elles peuvent aussi dépolluer nos maisons.



Par Caroline Rochet - Publié dans : Environnement
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Lundi 8 septembre 2008


MARIE CLAIRE

Les écolos de l'extrême

  Septembre 2008



Pour certains, tri sélectif et économies d’énergie ne suffisent pas à sauver la planète.  Alors ils vont plus loin, vivent à la bougie ou se font stériliser ... Enquête chez ces militants vert foncé.
PHOTOS Julien Chatelin & Alexa Brunet



L’environnement, c’est bien simple, on en entend tellement parler qu’on pourrait épauler Nicolas Hulot à ses conférences - coupe de cheveux mise à part. Entre la presse qui ne parle que de ça (Hot Video excepté, pas un canard sans son sujet vert), les politiques et leur danse du Grenelle, les pubs qui jouent à « Qui vert gagne », et notre entourage soudainement reconverti en apôtre de Dame Nature (« Ne me dis pas que tu utilises encore des lingettes ? » = hit 2008 des apéros branchés), la planète, on la connaît presque mieux que le contenu de notre sac à main. D’ailleurs, on a même adopté certains gestes pro environnement, du recyclage au co-voiturage en passant par les double vitrages. Problème : ces habitudes, excellentes au demeurant, sont à priori loin d’être suffisantes pour éponger notre monstrueuse dette environnementale. C’est ennuyeux, certes, mais on ne peut pas faire grand chose de plus. Et si ! répondent nos écolos de l’extrême. Adopter la décroissance à rebours de la société de consommation, éviter le moindre impact carbone en plein cœur d’une ville qui ne dort jamais, ou même (accrochez-vous) se faire stériliser pour soulager la surpopulation, certains ont fait des choix radicaux et ne le regrettent pas. Ca vous fait peur ? Il n’y a pas de quoi : on a dit « extrêmes », pas « extrémistes ». Loin d’être des green psychopathes assoiffés du sang impur des pollueurs, ces paisibles amoureux de la nature ne vous obligent pas à faire comme eux. Ils ont simplement trouvé leur truc perso pour faire du bien à la Terre - et le pire, c’est que ça les rend heureux. Etats-Unis, France, Angleterre : trois exemples pour mieux comprendre.




LA FAMILLE ANTI-CONSO : VIVRE EN BIOTARCIE
(moins de conso, plus de liberté)

Les « écolieux », ce sont ces endroits atypiques (hameaux, fermes, yourtes …) qui suivent les principes de l’écologie et de la décroissance, loin de la surconsommation polluante. Un peu comme chez les Beavan, mais à la campagne, et en s’autosuffisant si possible sur le plan alimentaire. Précision : vous n’y croiserez pas de gourou dénudé voulant vous illuminer à l’amour cosmique. Ouverture, solidarité, autonomie, respect de l’humain et retour à la nature sont les seules religions de ces endroits pas comme les autres, avec des gens normaux dedans. Jacky et Marie-Do en font partie. Cet ancien cadre commercial et cette ex-citadine pure et dure ont décidé de changer de vie il y a dix ans. Comment ? En restaurant eux-mêmes une vieille ferme au bord de la mer pour vivre l’écologie au quotidien, retour à la terre et moindre consommation compris. Selon eux, une forme de liberté extrême, même si l’aventure n’a pas toujours été facile : « Rien ne s’est fait du jour au lendemain, explique Jacky. Une crise de vie, suite à la perte de mon emploi et mon divorce, m’a amené à me poser les bonnes questions. Je savais ce dont je ne voulais plus : dépendre de l’argent, et être déconnecté de la nature ». Marie-Dominique, psychologue clinicienne-psychanalyste, sentait depuis longtemps le besoin d’une vie plus simple. Dès leur rencontre, ensemble, ils ont mis au point leur équilibre : lui retaperait la maison, ferait (et vendrait) du pain bio, s’occuperait des animaux et du potager. Elle, tout en l’aidant, tiendrait son cabinet à mi-temps en ville. Et ensemble, ils proposeraient un accueil dans des chambres d’hôtes. Mais attention, rien à voir avec un simple service hôtelier : « L’idée, c’est de partager notre mode de vie, pour ceux qui se posent des questions sur le sujet. On explique, ils testent, mettent la main à la pâte. » Et découvrent le potager en permaculture(1), les toilettes sèches, la récupération des eaux de pluie, le filtrage de celle du puits, l’éolienne couplée aux capteurs solaires, la moindre consommation, le rôle des animaux (âne, poules, chèvres, moutons), le nettoyage des eaux usées par phyto-épuration, etc. Le couple, qui ne travaille « officiellement » que peu, ne gagne au final pas beaucoup d’argent, mais affirme n’avoir jamais manqué de rien : « Consommer moins et mieux n’exclut pas de se faire plaisir. »  Le bilan au bout de dix ans ? « Vu l’état de la planète, nous allons tous en venir à la  décroissance. Rassurez-vous, c’est délicieux ! On y gagne des luxes sans prix : le temps, la liberté, et une vraie disponibilité l’un pour l’autre ». Travailler moins pour s’aimer plus ? Plus de renseignements sur leur accueil : http://vieil.eclis.free.fr, Tel. 02 40 01 77 29





LA FAMILLE INGALLS AU CŒUR DE MANHATTAN
(moins de gadgets, plus de sexe)
Vivre total écolo en milieu urbain, un défi impossible ? Colin Beavan, écrivain new yorkais, a voulu tester. Tel l'aventurier de la nature perdue, l’homme a entraîné toute sa petite famille - femme, fillette, chien - dans une année de vie la plus verte possible, sans aucun impact sur l’environnement. Sportif ? Plutôt. Américains typiques (clim’, shopping et fastfood compris), les Beavan ont dû radicalement changer leurs habitudes. Oublier les appareils électriques (frigo, lave-vaisselle, télé …), s’éclairer à la bougie,  consommer local et sans emballage, passer aux toilettes sèches (et sans PQ), réduire les achats au strict minimum, cuire leur pain, se déplacer à pied ou à vélo (vade retro taxi, bus et métro), préférer le bicarbonate aux produits nettoyants, renoncer aux voyages lointains, et renier l’ascenseur (neuf étages). Une entorse au règlement ? La machine à laver : après avoir expérimenté quelques temps le piétinement de fringues dans la baignoire, ils ont craqué. Pour compenser cet écart et ceux que leur impose la vie quotidienne dans une super capitale (éclairages des rues, etc), les Beavan ont aussi augmenté leur impact positif en « aidant » la planète. Par exemple en nettoyant les rives de l’Hudson, ou en participant financièrement à des projets de reforestation. Pour raconter leur expérience et faire des émules, ils ont aussi tenu un blog quotidien (« No Impact Man ») sur leur ordinateur … alimenté par panneau solaire. Et à la lecture des posts, on comprend vite que l’écologie extrême n’est pas toujours une partie de plaisir. Pour sauver la Terre, devrons-nous tous les imiter, galères comprises ? Colin, lucide, répond : « Vivre de façon soutenable et écologique devrait être facile, et ne pas nécessiter des efforts surhumains. Si on exige de nos gouvernements des énergies renouvelables, de bons transports publics et des industries respectant notre santé et la nature, vivre en bonne intelligence avec notre environnement coulera de source. »  Aujourd’hui, outre leurs bonnes habitudes et le nombre de convertis via le blog, les Beavan affirment sans sourciller combien ce mode de vie leur a fait du bien : « Je pensais qu’abandonner la télé, les jeux vidéos ou la voiture rendrait notre vie un peu ennuyeuse, mais c’est le contraire qui s’est produit. Sans ces gadgets pour nous distraire, nous avons passé plus de bon temps en couple, en famille et avec nos amis. Pour la machine à laver, en revanche, c’était l’inverse : la réutiliser nous a fait gagner du bon temps. Il faut donc apprendre à faire le tri entre la « bonne » technologie, qui enrichit la vie, et la « mauvaise », qui l’appauvrit. Vous verrez : dès qu’on commence à y réfléchir, on se rend compte que la deuxième catégorie est impressionnante ... et souvent inutile. » Entre autres plaisirs retrouvés, les Beavan avouent un significatif regain du sexe dans leur couple (et oui, pensez aux soirées télé). Voilà un argument qui devrait définitivement convaincre nos dirigeants politiques. Le site : http://noimpactman.typepad.com/blog. Un livre et un film paraîtront en 2009.





CES COUPLES QUI RENONCENT À FAIRE DES BÉBÉS
(stérilisation sans culpabilisation)

Reporter d’un an l’envie de faire un bébé réduirait notre empreinte écologique de 2,6 ha par an, soit beaucoup plus que la somme de tous les efforts verts qu’on pourrait réaliser sur la même période. Faire un enfant serait-il devenu un acte anti-écolo ? Certains en sont convaincus. Et, pour éviter tout risque de procréation, décident de se faire stériliser. Toni Vernelli, Britannique épanouie de 35 ans travaillant pour une association environnementale, a fait ce choix. "J'ai pris cette décision très jeune, mais on m'en a refusé la possibilité pendant des années. Cela fait maintenant huit ans que je suis stérilisée, et je ne l'ai jamais regretté. Avoir un enfant est un acte égoïste : chaque nouvelle personne sur cette planète consomme plus d'eau, de nourriture, d'énergie, et produit plus de pollution. Mon mari pense comme moi, et le jour de mon opération, il m'a offert une carte de félicitations ..." Toni et son chéri s’apparenteraient-ils aux "objecteurs de procréation", ces Allemands qui préfèrent profiter de la vie et bâtir leur carrière plutôt que torcher des mômes ? Pas du tout : "Nous envisageons d'adopter, car nombre d'enfants seuls sur cette planète ont besoin d'un foyer et d'amour". Pour Toni, prendre la pilule n'était pas suffisamment sûr : "Un jour, avant mon opération, je suis tombée enceinte malgré mon contraceptif. J'ai immédiatement choisi d'avorter. Ca ne m'a pas fait plaisir, bien sûr, mais je ne me sens pas coupable." Choquant ? Toni est pourtant loin d'être un cas isolé : dans les milieux verts, d'autres ont fait le même choix qu'elles, ou y réfléchissent sérieusement. Comme Mark Hudson, 37 ans, et sa compagne Sarah Irving, 31 ans. "Ne pas avoir d'enfant est le plus grand des choix environnementaux. Sarah et moi étions d'accord sur ce point, et comme l'opération nous semblait moins dangereuse pour un homme, j'ai subi une vasectomie il y a trois ans.". Sarah ajoute : "Nous aimons beaucoup les enfants, et adorons nos nièces. Mais ne pas procréer fait partie de notre vie, tout comme ne pas prendre l'avion, recycler, manger bio ou nous déplacer à vélo." En France aussi, certains y pensent. "Quand je dis que j'hésite à faire des enfants à cause de la situation de la planète, on me prend soit pour une folle, soit pour monstre sans coeur, explique Mathilde, 29 ans." Henri Léridon, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques et co-auteur de "Les enjeux de la stérilisation"(2), précise : "Le choix de ne pas avoir d'enfant relève des seuls individus, et la motivation écologique me semble aussi respectable qu'une autre. Bien sûr, si une très grande majorité de la population faisait ce choix, cela mériterait une sérieuse réflexion sur les implications d'un tel comportement, mais nous n'en sommes pas là ! En revanche, il n'existe aucune technique qui soit à la fois 100% efficace et complètement réversible. La décision doit donc être mûrement réfléchie et prendre en compte le fait qu'il n'y aura pas de garantie de retour possible si l'on venait à changer d'avis dans 10 ou 20 ans." La question provoque en tous cas pas mal de cris horrifiés, même si ses adeptes n'imposent rien à personne : "Chacun est libre de ses choix, témoigne Laure, 31 ans, écolo confirmée qui n'a pas encore résolu la question pour elle-même. Tant que ceux qui se font stériliser ne culpabilisent pas ceux qui ont envie d'avoir des enfants et inversement, je ne vois pas ou est le problème". Toni Vernelli est plus engagée : "Tout le monde n’est pas obligé de faire comme nous, mais il serait bon qu'on ralentisse un peu la croissance de la population".

Bon, si on résume la situation, la planète souffrirait d’un trop-plein de bébés, mais vivre vert laisserait plus de place au sexe et à l'amour. Décidément, l’écologie est plus complexe qu’on ne croit.


(1) Permaculture : mode de production soutenable, très économe en énergie, respectueux des êtres vivants et laissant à la nature "sauvage" le plus de place possible.
(2) Avec Alain Giami, éd. INSERM




Par Caroline Rochet - Publié dans : Environnement
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