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Environnement

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London Green

  Avril 2010




Tous nos bons plans british pour une escapade écolo-chic !


Y ALLER RESPONSABLE
Evidemment, pour voyager écolo, on sait déjà qu'il faut préférer le train à l'avion. Mais à Londres, on frappe encore plus fort. Avec son programme Voyage Vert, Eurostar affiche un bilan carbone neutre, travaille avec Friends of the Earth et travaille sur 10 objectifs pour encore mieux respecter l’environnement : éléments réfrigérants moins nocifs, vaisselle biodégradable, boissons chaudes de source éthique, recyclage des uniformes, tri des déchets, réduction de l'utilisation de papier, réutilisation de l'eau pour le nettoyage des trains, produits alimentaires bios et/ou les plus locaux possibles ... Et ce, sans que ça coûte plus cher au voyageur. On aurait tort de s’en priver. www.eurostar.com, classe standard à partir de 77€ aller / retour


DORMIR ETHIQUE
Un hôtel 100 % écolo ? C’est encore, hélas, du domaine du fantasme. Mais un hôtel qui tend vers le développement durable sans perdre son confort ni sa classe, ça existe. Pour loger green à Londres, trois possibilités : le Rough Luxe Hotel, vieille maison située à deux pas de St Pancrace, avec un esprit recyclage ultra trendy ; l’hôtel Andaz de Liverpool Street, combinant les exigences d’un 5 étoiles avec une certaine démarche écologique (moins d’eau ou de carburant gaspillés, politique de commerce équitable et locale …) ; ou, enfin, les hôtels labellisés « Green Tourism Scheme », testés sur plus de 150 critères verts (économie d’énergie, utilisation de l’eau et recyclage, politique d’achats, gestion des déchets, etc). Bonne nuit !
www.roughluxe.co.uk, 1 Birkenhead Street, London, WC1H 8BA ; http://london.liverpoolstreet.andaz.com , 40 Liverpool Street, Londres C2M 7QN ; liste des hôtels Green Tourism sur www.green-business.co.uk


GRIGNOTER BIO
A l'Acorn House Restaurant, espace lumineux à l’esprit bobo-bio, on déguste un délicieux menu saisonnier à produits ultra locaux. Ici, on recycle au max, les déchets sont uniquement biologiques, on ignore le plastique, et l'éthique et la traçabilité sont la règle. Le top ? L'assiette de légumes avec mozzarella chaude, où la qualité des produits parle d'elle-même. Sinon, pour grignoter sur le pouce, prendre un petit dej tardif ou boire un délicieux jus de fruits, direction le marché bio de Spitalfield, mignonne et savoureuse balade avec shopping branché à la clé.
69 Swinton street, Londres WC1X 9NT , www.acornhouserestaurant.com. Spitalfield Organic Food Market, Brushfield Street, Londres E1 6AA, www.spitalfields.co.uk, ouvert le dimanche de 10h00 à 16h00


SHOPPER NATURE
C’est tout de même un de nos principaux plaisirs à London City ... Pour shopper bel et bio, notre coup de cœur, c’est le concept-store Eco Age. Dans une jolie maison alimentée aux panneaux solaires, quelques hommes sensés (dont l’acteur Colin Firth) ont rassemblé le best-of de la mode, la déco et la beauté environment-friendly : serviettes de toilette en bambou, télé et ordi en bois, chaise en Playstations recyclées, escarpins éthiques (Beyond Skin), fringues (Noir, Elena Garcia), bijoux (Fifi, Luxury Ethical Jewellery), draps, produits de beauté, livres et jouets pour enfants ... Le seul souci : ne pas faire exploser sa carte bleue ! 213 Chiswick High Road Chiswick Londres W4 2DW, www.eco-age.com


ROULER HYBRIDE
La fashionista qui festoie à Londres sait bien que pour être eco-friendly, il vaut mieux prendre le métro que le taxi. Mais en cas de flemme (ou de talons très hauts), on pense aux cabs Green Tomato, qui roulent hybride comme les stars écolos, en Prius s'il vous plaît ! www.greentomatocars.com 020 8568 0022
 

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MARIE CLAIRE

Pollutions : comment mettre nos petits à l'abri ?

  Février 2010


Biberons, lingettes, doudous ... A en croire la rumeur, nos enfants risqueraient le cancer à chaque instant. Info, intox, un peu des deux ? Pour ne pas s'affoler inutilement mais tout faire pour protéger nos bouts de chou, on a fait le tour des experts. Ca valait le coup.

 


 

Au XXI° siècle, impossible d'éviter les sujets de panique verte. Et, bien sûr, encore moins possible de ne pas loucher avec angoisse sur nos enfants, nés en plein coeur de notre société ultra moderne, premières victimes du cocktail de pollution dans lequel nous vivons. D'une part, parce qu'ils n'ont connu "que" ce monde-là, d'autre part, parce que leur organisme en plein développement est particulièrement vulnérable à ces dangers environnants. Ondes électromagnétiques, tabagisme passif, pesticides, mais aussi produits chimiques utilisés sans contrôle pour le bâtiment, le mobilier ou les produits d'entretien : le danger semble être fourbement tapi partout. Et les faits, pas joyeux, parlent d'eux-même : les cancers chez les petits progressent de 1 à 2 % par an depuis 30 ans (en lien avec certains facteurs environnementaux), le nombre et la qualité des spermatozoïdes a diminué de 50% en 50 ans, l’exposition du fœtus ou du bébé aux substances chimiques industrielles peut mener à des désordres du développement neurologique (autisme, retards mentaux), les malformations génitales explosent chez les nouveaux-nés, on identifie plus de 200 produits chimiques dans le sang du cordon ombilical, et des dizaines de pesticides dans les urines de femmes enceintes ... N'en jetez plus ! Face à ces nouvelles fort réjouissantes, les parents s'intéressent à l'alimentation bio ou aux jouets sans phtalate. On apprend vaguement "ce qu'il faudrait faire", sans bien savoir démêler le bon grain de l'ivraie, un peu découragés face aux efforts supposés qu'une éducation verte demanderait. Le risque ? Finir par ne plus faire attention à rien, persuadés que la cause est perdue d'avance. Erreur ! La bonne nouvelle, c'est que dans la plupart des domaines concernés, on peut facilement améliorer la qualité de vie de nos petits, grâce à quelques gestes intelligents. Voici lesquels.

 

 

 

◊ ALERTE AU BIB' !


 

De quoi on parle ?

Ces derniers temps, les medias s'enflamment sur le thème du Bisphénol A (BPA) dans les biberons. Pour qui n'est pas scientifique, le sujet reste obscur. Qu'en est-il exactement ? "Le Bisphénol A est un composant du plastique présent notamment dans la majorité des biberons et des bouteilles en plastique. Sous l'effet de la chaleur, il migre de façon importante dans les aliments, explique André Cicolella, chercheur en santé environnementale, porte-parole du Réseau environnement santé(1) (RES). C'est une des substances chimiques les plus utilisées au monde : on la trouve dans la vaisselle d’enfant, les boites de conserve, le revêtement des canettes, certains films étirables ..." Or, cette substance est soupçonnée de perturber le système hormonal, provoquant notamment cancers du sein et de la prostate, diabète, stérilité, et troubles du comportement. Elle diminue aussi l'efficacité des traitements du cancer du sein.


 

Doit-on s'affoler ?

Au nom du principe de précaution, le Canada a interdit les biberons au BPA, suivi de près par une partie des Etats Unis. En France, les crèches de Paris, Toulouse et Nantes ont décidé de s'en passer. Pourtant, jusqu'à juin dernier, le ministère de la Santé, s'appuyant sur des rapports de l'Afssa(2) (études "obsolètes à la déontologie discutable", dixit André Cicolella), concluait à l'innocuité. Le dossier est aujourd'hui reconsidéré : les dernières études concluent à une dangerosité potentielle, et l'Afssa vient d'annoncer qu'elle reprenait ses travaux sur le sujet.


 

Et nous, on fait quoi ?

Par précaution, les experts conseillent évidemment de modifier un peu nos habitudes. Par exemple préférer les biberons en verre (ou en plastique sans BPA, c'est-à-dire sans les chiffres 7, 6 ou 3 gravés au fond), comme chez Dodie, Philips, Beaba, Green Republic ou SGD. On peut aussi stocker et réchauffer la nourriture dans des récipients en verre, éviter canettes et boites de conserve, et choisir les produits les plus bruts possibles. Faisable, donc !

(1) www.reseau-environnement-sante.fr

(2) Agence française de sécurité sanitaire des aliments, www.afssa.fr

 

 

◊ L’ASSIETTE EN QUESTION


 

De quoi on parle ?

On n'a pas très envie de le savoir, et pourtant : notre assiette est de plus en plus douteuse. Pesticides, additifs, arômes de synthèse, édulcorants, acides gras trans, sulfites ... Nos enfants en sont évidemment les premières victimes. Au banc des accusés, en première ligne, les pesticides : avec ses 80.000 tonnes annuelles, la France est championne mondiale (en terme de ratio / surface) de leur utilisation … !


 

Doit-on s'affoler ?

Toxiques, cancérigènes, perturbateurs endocriniens et immunitaires, générateurs de retards de croissance intra-utérine, présents tant dans l’alimentation que dans l’eau, les pesticides n’agissent pas que sur les insectes ravageurs, mais nous touchent aussi de plein fouet. Quant aux graisses saturées et trans, elles augmentent le risque de maladies du cœur. Pour ne parler que d’eux.

 

Et nous, on fait quoi ?

 

D’abord, on diversifie : le secret d’une alimentation équilibrée, c’est une bonne répartition entre les aliments, sans diabolisation. Ensuite, on n’évite pas les sacro-saints fruits et légumes, efficaces dans la prévention de nombreux cancers (grâce aux antioxydants, vitamines, minéraux, polyphénols). On se met aussi à lire les étiquettes : on a peur de n'y rien comprendre, mais en fait, il est assez simple de se renseigner une bonne fois pour toutes afin de choisir systématiquement les produits les moins transformés possibles. Et surtout, on mange bio ! Le Pr Charles Sultan, Professeur d'endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier, confirme que loin d’être une mode bobo-marketing, l’alimentation bio est essentielle à qui souhaite réduire l’impact chimique de l’alimentation de ses enfants. Pendant la grossesse, on évite également le soja à haute dose (qui peut provoquer des malformations génitales). Pour les bébés, on essaie de préparer les petits plats soi-même (des phtalates ayant été retrouvés dans les petits pots industriels). On peut aussi soutenir le combat du WWF-France, « Oui au bio dans ma cantine », pour l’introduction de produits issus de l’agriculture biologique locale dans les cantines scolaires (à hauteur de 20% d’ici 2020).

 

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◊ CRÈCHES : DE L’AIR ?


 

De quoi on parle ?

L’année dernière, l'Association Santé Environnement de France(3) a analysé l'air de neuf crèches réparties sur tout le territoire, en se concentrant particulièrement sur trois particules dangereuses. Le benzène, qui provient de l'air extérieur, mais aussi de la peinture et des vernis intérieurs, et peut entraîner problèmes respiratoires ou leucémies chez l'enfant. Le formaldéhyde, puissant irritant des muqueuses et cancérigène, présent dans les sols en lino, le contreplaqué ou les peintures. Et les phtalates, ces produits chimiques présents dans les plastiques (jouets, sols, colles, trousses ...), qui peuvent causer la stérilité. Les trois sont des perturbateurs hormonaux. Problème : les taux de ces substances ont souvent (d’une à deux fois sur trois) dépassé leur taux de référence autorisé.

 


Doit-on s'affoler ?

Face au buzz lancé par cette étude de l'ASEF, les parents s'inquiètent, et Chantal Jouannot, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a lancé une grande enquête sur le sujet dans 300 écoles et crèches. "Notre étude n'a fait que mettre en évidence ce que tout le monde savait sans que personne ne bouge, scande le Dr Patrice Halimi, chirurgien pédiatre et secrétaire général de l'ASEF. Il existe des normes concernant l'air intérieur à la Médecine du Travail, mais rien pour les établissements des enfants ! Alors qu'ils passent plus de temps que nous à l'intérieur, et que leurs organismes sont en formation."

 


Et nous, on fait quoi ?

Selon le Dr Halimi, nous pouvons tous encourager l'Etat à bouger : "Les parents peuvent se mobiliser pour demander qu'un cahier des charges soit établi dans les crèches et les écoles : matériaux sains (l'ASEF exige un meilleur étiquetage des meubles), peintures écologiques, aération ... Et qu'on évite à l'avenir de construire des crèches trop près des routes. Mais ils peuvent aussi agir à la maison, en préparant la chambre de bébé des mois avant la naissance, afin que le mobilier et les peintures aient le temps de dégager leurs substances toxiques, en aérant bien la pièce. Contrairement à d'autres, cette cause n'est pas perdue ! Nous pouvons tous agir pour le mieux."

(3) ASEF, http://france-sante-environnement.fr


 

◊ À LA MAISON : PÉRIL EN LA DEMEURE


 

De quoi on parle ?

Nous passons 80 % de notre temps à l'intérieur. Or, du papier peint au produit d'entretien, de la bougie d'ambiance aux meubles, on a l'impression que tout est source de pollution. De fait, notre home sweet home est infesté de produits chimiques hautement toxiques, comme ceux cités plus haut ou encore les retardateurs de flammes, substance que l’on ajoute aux matériaux au cours de leur processus de fabrication afin de réduire le risque d’incendie. On peut aussi y ajouter les ondes électromagnétiques provenant de la téléphonie mobile ou du wifi, provoquant symptômes des plus bénins (maux de tête) aux plus inquiétants (leucémies, cancers du cerveau). Enfin, pour les petits, le Pr Charles Sultan souligne aussi le danger des jouets contenant des phtalates (soit tous les jouets chinois … !). Sympa.


 

Doit-on s'affoler ?

« Nous vivons dans des environnements très pollués, et les pathologies aigues explosent, confirme Fabien Squinazi, du LHVP (Laboratoire d'hygiène de la ville de Paris). Mais on peut améliorer les choses. » Quand on en est malade, le médecin peut envoyer un pro à notre domicile : le conseiller médical en environnement intérieur (CMEI). Avant d’en arriver là, on peut tout simplement faire preuve de bon sens, et réduire les dégâts.


 

Et nous, on fait quoi ?

Une partie du travail nous dépasse et concerne les pouvoirs publics, comme l’étiquetage des produits par exemple, et le Grenelle de l’Environnement a bien posé les questions à résoudre. De notre côté, conseille Fabien Squinazi, on peut réduire les pièges à poussières (bibelots, fleurs séchées), éviter les fenêtres bloquées, les systèmes de ventilation bouchés, l’humidité, les moisissures (responsables de pathologies respiratoires chez l’enfant), l’abus de bâtons d’encens, bougies d’ambiance et autres sprays parfumés, faire attention aux produits d’entretien trop toxiques (les écolos sont très bien), préférer une connexion Internet filaire au wifi, et éviter bien entendu le tabagisme, source de pollution la plus déterminante, même si « ce n’est pas dans la pièce où dort bébé » … Le réflexe évident ? Sans surprise, VENTILER. Aérer une bonne demi-heure par jour permet de renouveler l'air et réduire la concentration des polluants. Pour les enfants, on évite de les laisser jouer avec nos téléphones portables, on pense jouets en bois plutôt qu'en plastique (Nature & Découvertes), anneaux de dentition en tissu écolo, Playmobils (sans phtalates), et on lave les peluches avant utilisation !

 A lire : « Des bons gestes pour un bon air », à télécharger sur le site de l’Observatoire de la Qaulité de l’Air Intérieur (www.air-interieur.org), et le Guide « Jouets » de WECF (Women in Europe for a Common Future), une mine d’infos (http://wecffrance.canalblog.com).

 

 

◊ COSMÉTIQUES : PAS BESOIN DE SOUFFRIR POUR ÊTRE UN BEAU BÉBÉ


 

De quoi on parle ?

Depuis quelques temps, les cosmétiques pour bébé sont sur la sellette, suite à une étude du Comité pour le développement durable en santé (C2DS) ayant jugé dangereux le contenu des mallettes de cosmétiques pédiatriques distribuées à la sortie des maternités.  Les cosmétiques comprennent des parabens, phénoxyéthanol et BHT, soupçonnés de perturber le système hormonal des enfants. La barrière cutanée des tout-petits étant fine et fragile, les produits passent plus facilement dans le sang. Mais selon Olivier Toma, président du C2DS, la problématique est plus vaste : « Les enfants et les femmes enceintes sont, au-delà des cosmétiques, exposés à un cocktail de produits chimiques permanent et multiple, provenant de la qualité de l'air, la nourriture, la boisson ... Et cette multi-exposition est inquiétante car les conséquences de leur interaction n'est pas étudiée. »


 

Doit-on s'affoler ?

Ca dépend des interlocuteurs. Fabienne Bartoli, de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, chargée de leur évaluation et leur contrôle), tient à rassurer les consommateurs : « Les conservateurs sont essentiels dans les produits puisqu’ils protègent d’une contamination bactérienne, et leur quantité maximum est toujours respectée. » Mais pour Olivier Toma, ce n’est pas le problème : « Pour chaque produit concerné, les industriels disent respecter les normes, explique-t-il. Le problème est le mélange de toutes les substances ensemble. Pour connaître les effets de cette accumulation, il faudrait faire des études à 50 ans qui ne soit pas faite sur des rats de laboratoire mais sur des hommes ! » Logique, le Pr Charles Sultan ajoute : « Bien sûr, la concentration en parabens dans ces cosmétique se calcule au millionième … Mais si vous multipliez par 100 jours, puis 100 jours, le tout sur une peau ultra fine, vous imaginez le résultat ».


 

Et nous, on fait quoi ?

Pour Fabienne Bartoli, on peut continuer à utiliser les produits du commerce : « Le service de cosméto-vigilance de l’AFSSAPS avertit le public dès lors qu’elle constate un danger - comme lorsque nous avons demandé le retrait de lots de Lotion démaquillante pour les yeux Klorane. Nos contrôles sont réguliers : pas d’affolement … » Olivier Toma est beaucoup plus circonspect : "Il faut remettre du bon sens dans ses achats ! Consommer le moins transformé et le plus sain possible, ne pas se laisser envoûter par les bons mots des publicitaires, lire les étiquettes, et toujours se demander si le produit est bon pour ses enfants ". Côté cosmétiques, nos petits n'ont pas forcément besoin de lingettes ou de crèmes multiples, et le savon d'Alep (non allergène) suffit largement. Cyrille Telinge, de Novexpert(4), rappelle les bons réflexes : « Toujours penser à la mention hypoallergénique, l’absence d’huiles essentielles et la formule sans parfum. Préférer les pompes airless aux pots (pour ne pas tremper ses doigts dans le produit), et choisir des textures peu liquides – car plus il y a de l’eau, plus il y a de conservateurs. Préférer aussi les produits avec un maximum d’ingrédients d’origine naturelle, qui seront plus biodégrédables sur la peau. » Bref, d’idées malines en bons réflexes, et sans pour autant virer parano, on peut faire joliment pousser nos petits enfants bios.

(4) www.novexpert-lab.com



A lire ici sur le site de Vegmag



Interview de Caroline Rochet, une journaliste veggie qui sait séduire son public.



Peut-être avez-vous déjà lu ses écrits : journaliste pour Marie-Claire, Caroline Rochet a récemment fait publier un article qui a fait grand bruit : "Et si végétarien, c'était bien ?", donnant un grand coup de fouet à l'image des végétariens, trop souvent vus comme des marginaux "mangeurs d'algues, babas cool et extrémistes".
Un beau cadeau pour la cause végétarienne, et la preuve d'une avancée certaine dans les mentalités. Merci à Caroline d'avoir bien voulu répondre à nos questions.


1- Depuis la parution de votre article « végétarien c'est bien » êtes-vous désormais connue comme étant une fervente défenseuse de l'alimentation végétarienne ? Êtes-vous vous-même une végétarienne convaincue ?

 Cet article a eu un petit impact qui me fait plaisir ; j'ai notamment reçu beaucoup de mails de végétariens se disant heureux de voir la presse grand public s'intéresser au sujet de cette manière. J'ai également été interviewée par France Info à propos de ce papier.  En un sens, c'est presque gênant, puisque si je suis effectivement végétarienne, je ne sais pas si je peux y ajouter le mot "convaincue" ... Dans le sens où je ne milite pas, n'essaie pas de convaincre mes amis omnivores et ne fais partie d'aucune association en faveur des animaux. Bref, je me contente de ne plus manger de viande ...

2- Comment êtes-vous devenue végétarienne ?

C'est venu progressivement, et je ne le suis "pour de vrai" que depuis un an. Déjà toute petite, j'avais du mal avec la viande rouge, mais j'ai longtemps été fan de poulet et de poisson. Et puis j'ai découvert les magasins bios, et avec eux, la nourriture à base de soja ou de graines - un vrai coup de foudre. Ajoutez à cela des voyages, l'amour de la nature, des animaux et de l'environnement, des informations choquantes sur les cuisines des fast-food, produits préparés ou autres réjouissances animales, et vous comprendrez qu'un jour, j'ai eu envie de suivre mon instinct. A savoir manger le plus naturel possible, en épargnant la Terre et ses habitants. D'un coup, le poulet, le saumon ou le jambon me sont apparus comme des vieux bouts de cadavre dégoûtants ... Je ne sais pas comment ça se passe pour les autres, mais moi, ça a pris des années.

3- Est-ce la première fois que vous écrivez un article sur le végétarisme ?

Oui et non : alors que j'étais encore omnivore, j'ai écrit un papier pour un magazine écolo à propos de la malbouffe (dont la viande), un sujet sur les meilleurs restos végétariens pour "ELLE à Paris", et de nombreux articles sur l'environnement où je soulignais l'impact de l'élevage sur la planète. Mais cet article dans Marie Claire est parti d'un vrai besoin de dédramatiser le végétarisme, et dire aux mangeurs de viande que nous n'étions ni fous, ni stupides, ni bizarres ! J'en avais assez de passer ma vie à me justifier auprès de ma famille, mes amis ou n'importe quelle personne s'effarant sur le thème : "Oh, mon dieu, tu ne manges pas de viande ??? Mais tu n'es pas NORMALE !!!" ... Un coup de gueule général, poussé avec humour. Ca m'a fait beaucoup de bien !

4- Comment le sujet est-il vu dans la presse féminine ?

Quand je l'ai proposé à ma rédac chef, elle a tout de suite été emballée, et les autres journalistes de la rédaction aussi. Pourtant, je n'étais pas sûre que ce serait le cas ! Certes, Marie Claire est un magazine assez porté sur l'environnement, et les questions de société en général, mais on reste tout de même un "féminin haut de gamme grand public", et j'avais peur que mes boss se montrent frileux sur le sujet ... J'avais tort ! Ils ont tout de suite compris.

5- Avez-vous eu des difficultés à faire publier votre article ?

Pas du tout, et encore une fois, ça m'a agréablement surprise. Je pense que l'affolement environnemental de ces dernières années a aidé la cause du végétarisme, en pointant du doigt la souffrance de la planète comme celle des animaux. Bon, il a fallu que ces catastrophes touchent les humains pour qu'on se bouge (comme d'habitude !), mais tout de même, les choses avancent. Le fait aussi que le bio devienne à la mode, que l'on commence à être informé sur différentes horreurs alimentaires et animales, que la nourriture végé se généralise un peu (avec les enseignes Naturalia par exemple), et que des stars se revendiquent veggies, ont été j'imagine autant de facteurs qui ont permis au monde de s'ouvrir au sujet. J'ai l'impression que ce n'est qu'un début, et que dans une vingtaine d'années, les végétariens seront beaucoup moins "originaux" qu'aujourd'hui. Du moins, je l'espère !

6- Votre article est positif, humoristique. Une manière efficace de communiquer sur le végétarisme ?

Personnellement, c'est ma façon de communiquer sur beaucoup de choses ! Que mes articles traitent de drames écologiques ou de sujets plus légers, je pense qu'un discours plombant n'aide pas à faire passer des idées. Bien sûr, il y a les limites du respect et de l'intelligence (on ne va pas parler d'enfants atteints du sida en faisant des blagues), mais sur la plupart de mes articles, j'essaie d'ajouter un ton accessible, ouvert et souriant pour que le lecteur ait envie de poursuivre. Pour le papier "Végétarien, et si c'était bien ?", j'ai choisi de prendre les "carnivores" à leur propre jeu, en dégommant leurs habituels clichés sur les végés. L'idée, c'était de donner de vraies informations, mais que tout le monde rigole un peu, les végétariens comme les omnivores. Les choses passent mieux quand on est détendus, non ... ?

 


MARIE CLAIRE


Sondage :
Jusqu'où iriez-vous pour sauver la planète ? 

     Juin 2009


Tri sélectif, doubles vitrages, douche plutôt que bain ... Jusque là ce n'était pas compliqué de protéger l'environnement. Mais aujourd'hui que les experts nous demandent d'aller plus loin, sommes-nous prêts à les suivre ? Un sondage exclusif, commenté par les deux manitous de l’écologie, Jean-Louis Borloo et Nicolas Hulot.


Depuis quelques années, le développement durable est partout : des publicités aux medias, de la vie quotidienne aux mesures gouvernementales, du bureau à la maison, et même dans les boîtes de nuit (voir notre article p.XX). Du coup, forcément, nous en avons plus ou moins intégré les grandes lignes. Pourtant, la partie est loin d’être gagnée. Et nos maigres efforts sont, selon les experts, encore largement insuffisants. Pour sauver la Terre, il va falloir aller plus loin. Vraiment plus loin. Oublier l’avion, arrêter la voiture, renoncer définitivement aux bains, se priver de viande … Aux grands maux, les grands remèdes. Les Français sont-ils prêts à relever le défi ? Et vous, jusqu'où iriez-vous pour préserver l'environnement ? Nous avons posé les questions qui tuent à nos internautes(1), et demandé à Jean-Louis Borloo et Nicolas Hulot de commenter les résultats. Résultats d’ailleurs très surprenants, car très engagés ! Mais attention : contrairement à un sondage « obligatoire », il faut savoir que ceux et celles qui ont participé sont a priori  des gens déjà sensibles à la cause environnementale, puisqu’ils ont délibérément choisi de cliquer pour répondre. Et que c’étaient principalement des femmes, réputées plus « vertes » que les hommes ... Mais cela n’enlève rien au message d’espoir et d’optimisme que nous envoient ces résultats, ni aux remises en question qu’ils soulèvent. Décryptage.

(1) Sondage réalisé sur le site marieclaire.fr du 20 janvier au 3 février 2009, avec participation de 1038 internautes.


1. DIRE ADIEU A LA VIANDE
Les faits : La production d’un kilo de bœuf engendre de 50 à 100 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre (l'équivalent de 60 km en voiture), et nécessite entre 20 et 50 fois plus d'eau potable que celle d’un kilo de blé, riz ou soja. De plus, les bovins émettent du méthane, gaz 23 fois plus "réchauffant" que le CO2. Et le corps humain n’a pas besoin de viande pour vivre en bonne santé … Ca fait réfléchir.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous devenir végétarien pour le bien de la planète ?
Le résultat : Etonnant ! La majorité de nos internautes (58,7 %) se dit tout à fait prête à renoncer à la viande, tandis qu’un tiers d’entre eux serait d’accord pour en réduire la consommation (30,6 %). Mais certains (10,7 %) n’y renonceraient pour rien au monde.
L’avis de J-L Borloo : « L'équilibre alimentaire incluant la viande est tellement ancré dans l'imaginaire collectif, que je trouve ce résultat surprenant. Il est vrai que l'élevage est dur pour l'environnement. Mais si une évolution significative de sa consommation était réellement constatée, cela nécessiterait un soutien aux éleveurs de la part de l'Etat pour ne pas les pénaliser. Personnellement ? Je ne mange pas beaucoup de viande, mais j’en savoure avec plaisir de temps en temps ! »
L’avis de N. Hulot : « Restons lucides, l’essentiel est certainement de manger plus de protéines végétales, et moins de viande - mais de meilleure qualité, ce qui économiquement ne change rien. Tout est question d’équilibre, et entre y renoncer totalement ou en consommer moins et de meilleure qualité, la nuance est de taille. N’oublions pas qu’il est aussi question de l’avenir de la biodiversité, des terroirs, des paysages ... »


2. RENONCER A LA VOITURE EN AGGLOMERATION
Les faits : Une voiture moyenne qui parcourt 15.000 km/an émet 2,5 tonnes de CO2 par an : elle est donc 30 fois plus émettrice de gaz à effet de serre que le train ou le RER. De plus, la taille du véhicule compte : entre une petite voiture et un 4x4, la différence de consommation peut aller du simple au quintuple. Quant à la voiture hybride, elle peut faire économiser 30 à 50% de la consommation.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous vous passer de voiture, ou en changer ?
Le résultat : Là encore, stupeur. Près de la moitié des internautes (46 %) n’a pas de voiture ou pourrait s’en passer. Un tiers d’entre eux (32 %) accepterait de l’utiliser moins souvent ou d’en changer pour une plus petite, d’autres (16 %) souhaitent acquérir une hybride, et quelques-uns (5,6 %) ne pourraient ni en changer, ni s’en passer.
L’avis de J-L Borloo : « Le système des bonus-malus (taxant les véhicules néfastes à l'environnement et accordant des primes à l'achat aux véhicules plus vertueux, NDLR) a permis une vraie sensibilisation à ce problème. Les ventes de modèles "sobres" ont augmenté de 45 % et celles de véhicules plus polluants ont baissé de 40 % ! Cependant, il ne faut pas oublier que selon leur métier, leur lieu d'habitat et leurs moyens, tous les Français ne peuvent pas changer de voiture ou s'en passer. Au Ministère, on roule en Cleanova, un prototype hybride. Quant à moi, je n'ai pas de voiture personnelle. »
L’avis de N. Hulot : « Renoncer à la voiture est un idéal, mais j’entends bien que la société n’a pas été conçue pour s’en priver brutalement. Là aussi, il existe un équilibre entre utiliser son véhicule à tout bout de champs et en user seulement quand il n’y a pas d’autre option possible. En revanche, au moment d’en changer, on peut choisir de mettre une fin définitive aux véhicules énergivores. »


3. ARRETER L'AVION
Les faits : Pour vous donner une idée, un avion équivaut à autant de petites voitures qu'il a de sièges passagers ... ! Un vol aller-retour Paris-Marseille émet 50 fois plus d'équivalent carbone qu’en train, et 3 allers-retours Paris-USA représentent l’émission d'équivalent carbone d’un Français en une année, tous domaines confondus.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous cesser de voyager en avion ?
Le résultat : Nos internautes, là encore, sont très motivés. Plus d’un tiers (38,2 %) affirme vouloir arrêter l’avion, un autre tiers (30,4 %) accepterait de ne le prendre qu’un fois par an, tandis que d’autres pourraient réduire la fréquence de leurs trajets (19,6 %). Mais une frange d’irréductibles refuse de changer ses habitudes aériennes de travail ou de vacances (11,8 %).
L’avis de J-L Borloo : « C’est très positif. Même si la pratique est encore difficile à adopter systématiquement, les Français réalisent de mieux en mieux qu'un déplacement en train est plus respectueux de l'environnement qu’en avion. Au Ministère, nous faisons très attention à nos lieux de rendez-vous : d'abord en évitant au maximum l'avion, mais aussi, d'une manière générale, en renonçant à certains déplacements superflus. »
L’avis de N. Hulot : « Ces résultats m’interpellent, car ils entraînent à réviser totalement notre rapport au monde et à la mobilité. Là aussi, il faut préférer un autre mode de transport quand cela est possible. Quand ça ne l’est pas, ce qui est mon cas lors de mes voyages pour Ushuaia, on peut s’engager dans une démarche de sauvegarde de la nature (association, compensation carbone …). »


4. MANGER TOTAL BIO, LOCAL ET SAISONNIER
Les faits : Consommer des produits venus du bout du monde ou cultivés sous serre (fraises en hiver, mangues toute l’année), induit une quadruple dépense énergétique, dûe au transport, à la réfrigération et à l’emballage. De plus, contrairement à l’idée reçue, manger bio ou local ne coûte pas forcément plus cher … Pour preuves les AMAP ou certaines grandes chaînes à prix raisonnables (Biocoop, Carrefour). En fait, il faut surtout modifier son alimentation. Moins de viandes, moins de produits transformés, plus de légumes et de céréales : et hop, un budget équivalent pour une santé au top.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous acheter bio et local ?
Le résultat : La moitié de nos internautes est partante (50,9 %), même si elle doit pour cela renoncer à certains produits ou augmenter son budget. L’autre moitié accepte de se nourrir bio dans une certaine mesure, mais pas de renoncer aux produits exotiques ou bon marché (46,5 %). Et seulement 2,6 % refusent de changer leur alimentation ou leur budget pour cause environnementale.
L’avis de J-L Borloo : « Le plus important, c’est la saisonnalité. Acheter des fruits qui ne sont pas de saison, c’est contribuer à des transports superflus et des méthodes de culture gourmandes en énergies. Regardez cette corbeille de fruits (dans son cabinet, NDLR) : avant, vous auriez pu y trouver des fraises en hiver, maintenant, ce sont des pommes de saison ! A la maison, c'est pareil. Concernant le bio, la différence de prix -  pas si grande qu'on le croit, d'ailleurs - s'explique par l'étroitesse du marché actuel (seulement 2 % de culture bio en France), qui rend le coût du circuit plus cher. Mais petit à petit, l'Etat crée un marché plus important grâce à la présence croissante du bio dans les cantines publiques (+ 20 % en 2012), et les aides fiscales aux agriculteurs pour leur reconversion bio. »
L’avis de N. Hulot : « Ces résultats montrent que les fondamentaux - qualité, proximité, saisonnalité - sont de plus en plus partagés. Avec l’opération « Des fraises au printemps », la Fondation souhaite informer les gens des enjeux qui se cachent derrière leur assiette. Il est important de favoriser les circuits courts, d’être intransigeant sur les produits de saison, de choisir les labels de qualité … Sachant que le surcoût du bio peut être compensé par le fait de manger moins de viande, ou de prendre des produits en vrac. »


5. S’HABILLER VERT
Les faits : Les fringues écolo et éthiques sont devenus légion, ne coûtent pas forcément un bras, et peuvent même suivre la mode. Avec des marques comme Les Fées du Bengale, Article 23, Edun, Leaf ou les catalogues de VPC (3 Suisses, Redoute), on peut trouver slims, jeans larges taille haute, basiques fashion et autres mignonneries hype à des prix normaux, pour un look parfait qui fait du bien à la planète.
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous renoncer à vos marques habituelles pour acheter de la mode écolo-éthique ?
Le résultat : Sur cette question, les internautes (des fashionistas ?) sont plus mesurés. Si près d’un tiers (29,9 %) a déjà commencé à faire des efforts dans ce sens, une bonne moitié (51,5 %) serait prête à s’y mettre, mais pas systématiquement. Et 18,6 % aiment trop certaines marques pour y renoncer.
L’avis de J-L Borloo : « Hum, pour cette question, je demande un joker ! (rires) »
L’avis de N. Hulot : "Si on en a l’occasion, c’est un pas de plus que d’opter pour des vêtements dont la fabrication est moins impactante pour la planète. Tout comme de donner une seconde vie à ses vêtements, en les réparant ou en faisant profiter d’autres personnes.  "


6. NE PLUS FAIRE COULER DE BAINS
Les faits : Prendre une douche (20 à 60 litres d’eau) plutôt qu’un bain (100 à 150 litres) économise de l'eau, mais aussi de l'énergie pour la chauffer. A noter, un chauffe-eau solaire permet d’économiser entre 40 et 70% de la consommation d’énergie pour l’eau chaude (et des primes à l'installation facilitent l’investissement).
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous renoncer à prendre des bains, voire changer votre installation pour économiser de l'énergie ?
Le résultat : Ici, 19 % des internautes avouent être accros aux bains, un bon tiers (35,8 %) accepte d’y renoncer sans changer d’installation, et près de la moitié (45,3 %) sont prêts à la changer.
L’avis de J-L Borloo : « Passer du bain à la douche est un point essentiel, basique, et plutôt bien passé dans les moeurs. En ce qui concerne l'équipement, tout le monde n'a pas les moyens d’en changer, mais avec les avantages fiscaux (jusqu'à 40 % remboursés sur l'achat de matériel), l'éco-prêt à taux zéro, et le crédit d'impôt cumulable, cela devient beaucoup plus accessible. Personnellement, je n'aime pas les bains, et chez moi, j'ai une douche, pas de baignoire ! »
L’avis de N. Hulot : "Il me semble que c’est assez facile de stopper les bains, sans pour autant changer d’installation. Réduire sa consommation d’eau présente un double bénéfice, tant pour la ressource elle-même que pour la consommation d’énergie nécessaire à son chauffage."


7. PLAQUER UN ANTI-ECOLO
Les faits : Dilemme sentimental. Vous êtes foncièrement écolo, faites de gros efforts environnementaux et prenez votre pied à devenir chaque jour un peu plus green, mais votre douce moitié est un conducteur de 4X4, dingue de viande, gros consommateur devant l’Eternel et absolument hermétique aux questions de changement climatique.
La question : Iriez-vous jusqu'à rompre avec l’Elu pour cette incompatibilité de vie ?
Le résultat : Sujet délicat … ! Les réponses indiquent que l’amour est plus fort que tout. Une bonne moitié de nos internautes (58,3 %) préfère faire des concessions et convaincre petit à petit leur partenaire de changer, tandis qu’un tiers (31,1 %) affirme que l’amour n'a rien à voir là-dedans, et ne va certainement pas changer de compagnon pour une raison pareille. Mais un internaute sur 10 (10,7 %) avoue y avoir déjà pensé, car cela pèse dans le couple et empêche d’imaginer un futur ensemble.
L’avis de J-L Borloo : « Ah, question épineuse ... Je crois que cela peut être un accélérateur à la brouille dans un couple qui va déjà mal, un peu comme la belle-mère ou la cigarette au lit ! (rires) »

L’avis de N. Hulot : "J’espère qu’on ne sera pas obligé d’en arriver là !"




8. CONSOMMER DEUX FOIS MOINS, TOUS DOMAINES CONFONDUS
Les faits : L'industrie (c'est-à-dire les produits manufacturés) et les services sont, en France, à l'origine de 50% des émissions de gaz à effet de serre. Vêtements, voyages, objets de décoration, livres, disques, électroménager, produits high tech ... Si on consommait moins, on polluerait moins. Ce qui ne ruinerait pas pour autant l’économie du pays : les priorités et les investissements changeraient, pour devenir plus « soutenables ».
La question : Maintenant que vous le savez, allez-vous acheter deux fois moins ?
Le résultat : Motivés, près de deux tiers des répondants (63,5 %) concèdent que si « deux fois moins » leur paraît exagéré, ils pourraient effectivement ralentir leur consommation. Un quart courageux (26,9 %) affirme pouvoir se passer de la moitié de ce que qu’ils consomment, tandis qu’une minorité (9,6 %) n’a pas le sentiment de trop consommer, et/ou ne pourrait pas le faire moins.
L’avis de J-L Borloo : « Je crois que la question n'est pas tellement de consommer moins (certains n'ont pas de quoi réduire, puisqu'ils n'ont déjà pas de quoi payer le superflu !), mais bien de consommer différemment. On peut voter pour la planète en choisissant soigneusement ce que l'on achète, selon la qualité et le respect de l'environnement que pratiquent les fabricants. En préférant un produit à un autre, chaque consommateur envoie un message à l'ensemble d'une chaîne de production. »
L’avis de N. Hulot : « Cette question appelle une nuance fondamentale entre le superflu et l’essentiel que vous avez d’ailleurs notée. Dans un monde qui ne s’étend pas au rythme de nos sollicitations, chacun peut comprendre que l’illusion de l’abondance pour tous est une imposture. Alors que l’essentiel n’est pas résolu pour la plupart des terriens, le superflu est sans limites pour quelques-uns. Nous sommes condamnés à partager, et pour ce faire, à économiser au sens noble du terme. »



BORLOO / HULOT, MÊME COMBAT ?


JEAN-LOUIS BORLOO, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.

- Selon vous, les Français ont-ils réellement pris conscience des enjeux écologiques ?
Oui. Le Grenelle a clairement entraîné une prise de conscience qui fonctionne par effet domino : on réalise quelque chose à propos des voitures, qui entraîne une question sur le train et l'avion, puis on se demande comment économiser l'eau, puis les déchets ... Les Français commencent à comprendre beaucoup de choses, et votre enquête le montre de manière significative.

- Pensez-vous que les femmes y sont plus sensibles que les hommes ?
Les résultats de votre sondage, très engageants, le donnent à penser. D'une manière générale, les femmes me paraissent très attentives aux questions écologiques, surtout celles de 30 à 50 ans. J'imagine que c'est dû à la maternité, un instinct de protection pour leurs enfants.

- Qu’avez-vous pensé des déclarations de Jonathon Porrit*, affirmant qu’avoir plus de deux enfants est un acte irresponsable pour la planète, et que le contrôle de la surpopulation par la contraception et l'avortement doit être au coeur des politiques pour lutter contre le réchauffement climatique ?
C'est un sujet très compliqué. Le seuil de renouvellement, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme auquel une population se maintient au même niveau, est d'environ 2,1 enfants par femme. Or, ce taux est rarement atteint en Europe ! Je ne vois donc pas bien l'intérêt de cette idée pour les pays développés. Mais de toutes façons, que ce soit pour l'équilibre général de la planète ou pour sa liberté personnelle, chaque femme dans le monde doit pouvoir choisir, et il est toujours nécessaire de le rappeler.
*Environnementaliste, à la tête de la commission pour le développement durable en Grande-Bretagne.


NICOLAS HULOT, reporter, écologiste et fondateur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.

- Selon vous, les Français ont-ils réellement pris conscience des enjeux écologiques ?
Oui, je l’entends et le ressens. Grâce à de nombreuses mobilisations, l’écologie est sortie de son ghetto et la prise de conscience est réelle. Et si elle est parfois détournée de son but premier pour des raisons mercantiles, ne doutons pas de l’intelligence des gens : ils sauront vite faire la distinction. Rappelons à quel point les enjeux sont importants : ce n’est ni plus ni moins la survie même de l’humanité qui est en jeu. Dans la loi Grenelle 1, il y a une somme de mesures sans équivalent en France. Et si elle n’est pas l’alfa et l’omega, elle a le mérite de lancer une dynamique. Il y a clairement un "avant" et un "après".

- Pensez-vous que les femmes y sont plus sensibles que les hommes ?
En me basant sur mon ressenti car je n’ai pas d’étude qui corrobore mon propos, j’ai l’impression que la femme est plus sensible à l’avenir de la planète, qu’elle sait indissociable de celui de ses enfants. D’ailleurs, dans bien des civilisations, la Terre est assimilée à la femme ou à la mère - comme par exemple la déesse Pachamama (Terre-Mère) chez les Amérindiens d’Amérique du Sud. Mais je n’irais pas jusqu’à en faire une systématique.

- Vous aussi, vous progressez dans vos efforts « verts » ?
Passer chacun de ses actes par le filtre de sa conscience devient peu à peu une nouvelle logique d’esprit, presque un jeu. Pour ma part, j’évite d’imprimer, j’éteins les veilles de mes appareils électriques, je refuse les sacs plastiques, j’utilise le vélo et le train dès que possible, j’achète des produits de proximité, je trie mes déchets, j’ai limité ma consommation de viande, je fais du compost, je récupère l’eau de pluie, j’ai des ampoules basses consommation, je chauffe à 19° C seulement quand la maison est occupée, j’ai un scooter électrique, j’ai changé de voiture pour prendre la plus économe possible, je fais réparer les vêtements comme les appareils électroménagers ... et ainsi de suite essayant de trouver chaque jour une petite contribution supplémentaire. Mais l’idée, encore une fois, est de ne pas tomber dans l’austérité … !



HOLALA / Actualité

Papiers de la décade 3/13 octobre 2008




--> Articles divers et variés écrits pour la rubrique Actu du site Holala. Pour les lire, il vous suffit de cliquer sur les images, et vous y sauterez alors tel un petit cabrinounet avide de connaissances contemporaines.


La rubrique Actu fait des blagues !


Une bonne blagounette reçue par internet en hommage au fichage Edvige. Forwarding.




Energies renouvelables : les anti-éoliens s'énervent


Ce week-end à Paris, les opposés à l'éolienne ont manifesté. Pourquoi ?








Le suicide, plus fort que la route


Déprimant : selon une étude, le suicide est la première cause de mortalité par traumatisme en Europe.





Un petit steak cloné, ça vous tente ?


Selon une récente, enquête, les Européens refusent de manger des animaux clonés. Tu m'étonnes.





Pour ou contre bosser le dimanche ?


Le ministre du Travail et une majorité de Français sont pour le travail dominical. Est-ce bien raisonnable ...?


 
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