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Culture

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Hier soir à Bercy, c'était la fête aux nouveaux Guns. Aujourd'hui, chez les journalistes  et les fans (voyez les statuts Facebook de vos copains), c'est la consternation, les jets de tomates et les larmes de douleur effarouchée. A base de : "Han, il a mal vieilli", "Tain, sans Slash, c'est vraiment pourri", ou "Pfioulala, c'était mieux avant, et puisque c'est ça je vais me pendre avec le t-shirt que j'ai quand même acheté au POPB".


Certes, ce pauvre Axl a vieilli. Et vue la saine vie qu'il a mené, en paie aujourd'hui les pots cassés. Non, sa voix n'a pas le même grain ni la même puissance qu'avant, il a mis un peu de temps à la chauffer comme un diesel, et quand il saute "lestement" sur les amplis ou tente une petite choré en jetant un pied de micro, on a un peu peur qu'il se pète une hanche. Pire pour les donzelles qui fantasmaient sur lui à sa période cycliste + bandana + torse poil bien gaulé, il ressemble désormais à un Stacy Keach roux et botoxé qui aurait kiffé sur un styliste texan. Dur.


Côté musique, avouons aussi, quelques inévitables déceptions : après une heure et demie de retard, le spectacle a bien mis une demi-heure à nous exciter, d'étranges longueurs nous ont vu ronfler (sympa, ce solo de piano interminable, ou les prestations scéniques de James Bond et la Panthère Rose). La palme de la flippe, je pense, revient à l'ambiance slow-ringue accompagnant certaines ballades, avec en clou de spectacle les vidéos dignes de clips de karaokés sur l'écran géant. Dans la série improbable, un des roadies a fait le ménage pendant Rocket Queen (wouhou, ambiance trop gueudin chez ces coquins de hardeurs !). Et on s'est tous demandés pourquoi DJ Ashba prenait des poses à la Slash, un look et un chapeau à la Slash, alors que justement, on a tous bien les boules qu'il ne soit pas ... ah ben, Slash, tiens.


MAIS.

Mais mais mais.

Les gars, nous ne sommes plus en 1986 (ou 92). Évidemment qu'il fallait y aller blindé d'avance de déception possible. Ces cris de révolte m'étonnent. A quoi vous attendiez-vous ...? On dira ce qu'on voudra, c'est tout de même une immense jouissance de voir (pour la dernière fois ?) Axl se démener sur scène. Le respect pour le mythe n'est pas mort. Et les musiciens, bien qu'inconnus au bataillon des accros au groupe initial, et un peu portés sur la branlette de solos, savent ce qu'ils font.

Alors que le concert de Dublin a pris fin au bout de 4 chansons (environ 20 minutes donc), le public parisien a eu droit à 2h30 de show, truffé de ces madeleines proustiennes chères à nos coeurs d'adulescents : Welcome to the jungle, Live and let die, You could be mine, Sweet child of mine, November rain, Knockin' on Heaven's door, Night train, Paradise city ... Plus The Wall des Pink Floyd et Whole lotta Rosie d'AC/DC.


Ma conclusion est donc : DE QUOI SE PLAINT-ON EXACTEMENT ? Qu'Axl prenne de l'âge (ce traître) ? Qu'un groupe à la réputation sulfureuse ait l'audace de nous faire poireauter (whou les vilains) ? Qu'ils nous aient infligés quelques titres de Chinese Democracy (leur album, qu'on le veuille ou non) ? Que les solos des musiciens puent le m'as-tu-vu (ce sont des musiciens, ça leur prend parfois) ? Que Slash, Steven et Izzy soient partis ? Que le feu ne prenne plus pareil ?

Come on ... Ce qui nous fait surtout mal, c'est de ne plus être dans les nineties et que le temps passe, les gens changent, la vie est une chienne et ce concert NE POUVAIT DE TOUTES FACONS pas être le même qu'il y a 20 ans. Selon moi, ça n'empêche pas de prendre son pied à un live de groupe culte. Surtout quand Axl, bizarrement, a l'air content d'être là.


Allez, arrêtez de bouder et faisons nous mal avec une vieillerie à laquelle nous n'assisterons jamais plus :
Live Paris / You could be mine
http://www.youtube.com/watch?v=KCyQMmttcxE


PS : pour ceux que ça intéresserait encore, il paraîtrait qu'ils feraient un petit boeuf ce soir à l'Arc.



 

  696 people rock

Ils sont musiciens, trentenaires, sexys, et leur talent explose cette année : qui sont les nouveaux visages du rock frenchie ? Sélection.

 

Loin des couvées de la Nouvelle Star, des succès préfabriqués et des baby rockeurs, il existe des musicos à l'ancienne, des groupes qui se forment sur les bancs du lycée et mettent des années à peaufiner leurs riffs avant de cartonner. Nos chouchous de l'été sont de ceux-là. Le rock dans le sang, le look bad boy soigné,  la guitare vibrante, le rythme dans la peau et la mèche dans le vent, ils font partie de ces musiciens français bercés par la culture anglophone, fous d'un style musical éternellement renouvelé. Après être passé par des espoirs déçus, des animations de PMU et autres inévitables galères, Gush, Amen Birdmen et Adanowsky voient le succès leur sourire à l'aube de la trentaine. Ravis, passionnés, exaltés, ils abordent ce nouveau tournant de leur jeune carrière avec un appétit féroce et une énergie communicative. Comme en plus d'être doués, ils sont charmants, nous avons eu envie de vous les présenter. Voici nos trois groupes fétiches de l'été.



 

--- AMEN BIRDMEN ---


LEUR STYLE : Electro-rock à l’américaine

A ECOUTER SI VOUS AIMEZ : Le rock des 90's à la Soundgarden ou Guns'n Roses, l'électro façon French Touch et le look Jim Morrison.

LEUR DISQUE : Battle 79*

NOS CHANSONS COUP DE COEUR : "Romance", "Spirits", "Battle 79"

LEUR WEBSITE : www.myspace.com/amenbirdmen


Axl Rose (des Guns'n Roses) a déjà craqué sur eux. Chanteur charismatique à la voix bluffante (Cyril Bodin), rock grunge mâtiné d'électro, puissance scénique phénoménale, voilà les ingrédients qui font d'Amen Birdmen un groupe qui crève le mur du son. Après s'être repérés adolescents puis formés chacun dans leur coin, Cyril, Romain, Alex, Nico et Ben ont traversé ensemble le pire comme le meilleur. Filmé par une maison de prod' pour un « rockumentaire » (ce qui leur a valu la une du Hollywood Reporter), repéré par Jean-Daniel Beauvallet (directeur adjoint des Inrocks), choisi pour un festival aux côtés de Marilyn Manson et Placebo, le groupe a aussi connu des périodes difficiles. "On a eu quelques années de galère, sans label ni manager, mais on a continué à tourner, et surtout bosser". Cette année, Amen Birdmen, plus abouti, a signé et sorti un EP de six titres* (l'album est en préparation). Vus par leurs producteurs comme "le chaînon manquant entre Led Zeppelin & Justice", les 5 hommes-oiseaux considèrent finalement avec philosophie leur parcours chaotique : "A 20 ans, on s'enflammait vite, aujourd'hui, on a la tête froide. Notre musique aussi a évolué, et on a trouvé notre vraie place, un son qui ne ressemble pas aux autres. Comme dirait AC/DC, "It's a long way to the top" !" Pour les voir en petites salles avant qu'ils ne soient trop connus, checkez leur myspace …

(chez Les Airs à Vif, disponible sur iTunes, 4,99 €)

 

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--- GUSH ---


LEUR STYLE : Pop rock à l’anglaise

A ECOUTER SI VOUS AIMEZ : la pop enlevée, les chants à plusieurs voix, Stevie Wonder, les Beatles, les tiags et les cheveux longs.

LEUR DISQUE : Everybody's God *

NOS CHANSONS COUP DE COEUR : "P-Nis", "Your really got style", "Let's burn again"

LEUR WEBSITE : www.myspace.com/wearegush

Leur premier album est encore tout frais mais ils sont déjà en passe de devenir cultes. Pop, rock, funk, énergique et envoûtant, le son des Gush est une très joyeuse claque. Frères et cousins, ces 4 garçons dans le vent (Xavier, Vincent, Mathieu et Yan) ont gravi une à une chaque marche vers le succès : "Parfois, on a même eu besoin de bâtons de ski pour nous aider à grimper, mais aujourd'hui, on est très contents de ce qui nous arrive". Car cette année, c'est leur année : révélation de la Fnac, passage à Taratata, presse dithyrambique, concerts en pagaille (La Cigale, Vieilles Charrues, Musilac, Francofolies, Bataclan ...), le son tribal des Gush est devenu incontournable. Et a doucement évolué depuis leurs premiers singles : "C'est toujours sauvageon mais plus harmonieux. Beaucoup de piano, quasiment que des guitares acoustiques, moins d'électriques ... C'est plus nous, plus Gush !" Leur marque de fabrique ? Le brouillage des pistes : dans ce groupe, pas de leader ni de barrières, chacun maîtrise plusieurs instruments, tout le monde compose, et les voix, très travaillées, se mêlent et se croisent à l'envie. Pour savourer leur mix de démesure scénique et douceur mélodique, le mieux est encore de les voir sur scène. Ca tombe bien, cet automne, ils tournent encore !

*(chez Cinq 7, disponible sur iTunes et points de vente habituels, 9,99 €)

 

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ADANOWSKY ---

SON STYLE : Rock mystique façon latin lover

A ECOUTER SI VOUS AIMEZ : Le rock rétro, les chansons d'amour, la langue espagnole et le look Jésus sexy.

SES DISQUES : Etoile Eternelle* en français (El Idolo en espagnol), et le nouveau Amador (sur iTunes Mexique et bientôt en France, à écouter sur son Myspace en attendant)

NOS CHANSONS COUP DE COEUR : "Estoy Mal" et "L'idole" (sur Etoile Eternelle), "Me siento solo" (sur Amador)

SON WEBSITE : www.myspace.com/adanowsky


Ténébreux mais joyeux, rockeur mais lover, Français issu d'un mélange chilio-russo-mexico-irlandais, Adanowsky est un pur ovni. Piano à 6 ans, guitare et basse à 14 ans, tango, tournages de films, essais à la peinture et réalisations de clips, le beau gosse fan d'Elvis s'intéresse à tous les arts, mais c'est la musique qu'il a dans le sang. Travaillant comme un acharné, notamment avec Yarol Poupaud ou Arthur H, il cherchait d'abord la notoriété : "J'étais jeune ... C'est seulement après que j'ai compris le plaisir de créer". Son premier album rencontre finalement le succès au Mexique, en Espagne et en Argentine. Hors de nos frontières, Adanowsky est une véritable star. "C'est étrange, j'ai lutté pendant des années pour exister en France et ça n'a pas marché. Maintenant que j'ai réussi ailleurs, soudain, mon pays s'intéresse à moi. Ca m'a fait mal au début d'être rejeté par ma propre culture, et j'aurais voulu exploser jeune, mais au finale, ça m'a donné de la force. Être artiste est violent, il faut avoir une persévérance de titan. Tu reçois des coups à longueur de journée. C'est un métier de guerrier, mais c'est encore mieux qu'une thérapie." Aujourd'hui, il sort son nouvel album, Amador, second volet d'une trilogie de personnages fantasques incarnant les différentes facettes du musicien. Ce disque, produit par Rob (Phoenix) et mixé par Noah Georgeson (Devendra Banhart), est dixit Adanowsky "un album d'amour et d'émotion profonde" ... Pour partager cet "amor", rendez-vous sur scène en septembre !

*(chez Dreyfus, disponible sur iTunes  et points de vente habituels,13 €)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARIE CLAIRE

Led Zeppelin occulte

  Mai 2010


 

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MARIE CLAIRE

Petits génies

  Mai 2010

 

 

« Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose », disait Jacques Brel. Ecrivains, musiciens, photographes : à peine sortis de l’adolescence, certains artistes cartonnent et enflamment les medias. Don du ciel, coup de bol ou travail herculéen ? Nous avons rencontré les surdoués qui vont compter.



SACHA SPERLING, ECRIVAIN


Age : 19 ans

Signe particulier : A écrit un premier roman à 15 ans (Mes illusions donnent sur la cour), qui a été publié chez Fayard deux ans plus tard, encensé par la critique et vendu à 23,000 exemplaires en 2 mois.


Pourquoi se met-on à écrire aussi jeune ?

Jamais pour rien, j’imagine ! Pour moi, ça a été quelque chose d'important, et d'instinctif. J'ai eu la chance de tomber sur des livres extrêmement marquants (Kerouac, Burroughs, Bret Easton Ellis), que j'ai lu et relu jusqu'à en devenir "fétichiste". Comme j'aimais écrire, que j'avais des facilités à l'école en rédaction, et que ça me titillait depuis longtemps, j'ai voulu essayer quelque chose, en rendant hommage à la littérature que j'aimais. Ca a été un vrai boulot, j'ai travaillé comme un fou. Quand on y pense, ce n'est pas si étrange d'écrire à 15 ans : à l'adolescence, on refuse que les choses ne soient pas telles qu'on les rêve, on a envie de les transformer, de les sublimer, bref, de défier les dieux ... Ne pas accepter la réalité, c'est peut-être ça, être écrivain.


Ton entourage : frein ou tremplin ?

Je pense que le métier de mes parents (NDLR : Diane Kurys et Alexandre Arcady, réalisateurs), m’a transmis une certaine vision de la vie, une façon de l'envisager à travers un prisme créatif, de la transformer en transcendant mes expériences ... Ca m'a forcément construit différemment qu’un adolescent dont les parents font un métier "normal", et ça a peut-être encore plus joué dans ma vocation que tous les livres que j'ai pu lire. Quant au côté "fils de", qui a créé le buzz autour de mon livre, je ne vais pas le nier bien sûr, et je l'accepte, mais il m'étonne : mes parents ne sont pas des stars, je ne pense pas que leurs noms fassent beaucoup d'effet aux gens - je ne suis pas le fils de Madonna et Mick Jagger ... ! En revanche, peut-être que les "fils de" ont un truc à prouver, un certain besoin de faire leur place. Mais ça ne suffirait pas à expliquer cette soif d'écrire, et les heures passées à travailler, à un âge où l'on a plein d'autres choses à faire, et pas forcément envie de bosser d'arrache-pied.


Alors, ça fait quoi d’être vu comme un petit prodige ?

Je ne me vois pas comme tel ...! Dans mon travail, je remarque plutôt ce qui ne va pas. Ce livre, c'est une expérience enviable bien sûr, mais violente aussi, je suis sur des montagnes russes. Je ne prends pas les louanges trop à coeur, parce que je sais que demain tout le monde m'aura oublié. Comme je n'ai pas ramé pendant des années, comme tout est arrivé très vite, je ne réalise pas forcément ma chance - ça viendra peut-être plus tard. Et puis, le fait d'écrire sous pseudo, d'avoir choisi une voie plus anonyme qu'un métier de scène par exemple, me permet de garder une distance avec tout cela, de ne pas me prendre trop au sérieux.


Et demain, quoi de neuf ?

Je suis en train d'écrire mon deuxième livre, j'ai arrêté la fac pour le faire. Le succès du premier et les critiques sur mon statut de "fils de" me donnent envie de me battre, et de prouver que mon premier roman n'était pas un accident. Ca me donne une vraie énergie. J'ai la chance de savoir ce que j'aime, et, puisque mon premier bouquin a marché, j'ai la chance encore plus grande de pouvoir l'assumer et me consacrer entièrement à l'écriture. Un jour, je me tournerai sûrement vers le cinéma. J'ai tout mon temps.


 

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IZÏA, CHANTEUSE


Age : 19 ans

Signe particulier : A commencé à écrire et composer des chansons dès l'âge de 10 ans, fait le Printemps de Bourges et la première partie d'Iggy Pop à 15, et sorti son premier album à 18 (Izia, AZ/Universal).


Pourquoi se met-on à composer aussi jeune ?

J’ai commencé le piano petite. Comme pour beaucoup d’enfants, au début, ces cours étaient une corvée. Et puis j’y ai pris goût, et à l’âge de 10 ans, j’ai écrit des petites chansons avec ma prof, du R’n B jazzy, pas terrible mais mignon ! (rires) Et puis à 13 ans, j’ai pris une guitare, et là, j’ai sorti mes tripes : du rock, des ballades, et des textes anglophones. Toutes mes chansons étaient basées sur 4 pauvres accords, mais ça marchait ! J’avais même mon petit fan-club à l’école. J’ai formé mon groupe. Un soir, on a été repérés par le patron du Festival du Vent, il nous a programmés, et de là tout s’est enchaîné. J’ai lâché l’école à 15 ans. Je ne m’y épanouissais absolument pas, je séchais tout le temps, j’étais un vrai scandale ! Mais j’avais trouvé ma voie, et c’était tout ce qui comptait.


Ton entourage : frein ou tremplin ?

Tremplin majeur, évidemment. Il n’y pas un article qui ne parle de moi sans mentionner mon père (NDLR : Jacques Higelin), mais même si c’est un peu agaçant d’avoir à gérer les critiques, je m’en fous : j’ai toujours assumé cette filiation, sans pudeur et avec fierté parce qu’elle a fait de moi ce que je suis. J’aime ma famille et je lui dis mille fois merci, parce que grâce à elle, j’ai toujours baigné dans la musique, la liberté, la spontanéité, l’art … Il était impossible que je fasse autre chose de ma vie !


Alors, ça fait quoi d’être vue comme un petit prodige ?

Franchement, je ne capte absolument rien à ce qui m’arrive … Parfois mes copines me demandent si je réalise que je commence à devenir un peu connue, mais non, pas du tout. Ok, je sais que j’ai une voix, et j’adore bosser ma musique, mais tout le reste, je ne sais pas, ça me paraît naturel parce que je n’ai pas connu une autre vie que la mienne, et bizarrement, tout me semble logique. Je suis super exigeante, et pas toujours contente de moi … Il m’arrive de pleurer en lisant les messages des fans sur Facebook. En tournée, quand on est loin de ses proches, c’est super important d’être aimée comme ça.


Et demain, quoi de neuf ?

On continue … ! J’ai extrêmement peur de demain, peur que les gens se lassent de moi. Parce que contrairement à d’autres artistes, je ne cultive pas le mystère, je suis un bloc, un livre ouvert, donc je me demande si je peux intéresser les gens longtemps. Après la tournée, on va préparer le 2e album. J’ai envie de faire tant de choses ! Je suis très impatiente, très gourmande, il y a beaucoup de projets qui m’intéressent. J’ai 19 ans, la vie devant moi, et je fais ce que j’aime le plus au monde. Je suis trop heureuse aujourd’hui, je voudrais juste que ça dure.


www.myspace.com/iziamusic

 

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ZAK LAUGHED, CHANTEUR


Age : 15 ans

Signe particulier : A commencé à écrire et composer des chansons dès l'âge de 12 ans, gagné le concours du label Rough Trade à 14, et sorti son premier album à 15 (Just an arrow in the skin of a bear, 3ème Bureau / Wagram Music).


Pourquoi se met-on à composer aussi jeune ?

Je jouais de la musique depuis deux ans seulement quand j'ai commencé à composer, mais j'avais tout de suite adoré ça, essayé différents instruments, et écouté des centaines de disques pour mieux comprendre l’histoire de la musique. Pour la composition, l'élément déclencheur, ça a été une rencontre backstage avec le groupe Dyonisos : on a joué ensemble, et leur chanteur m'a encouragé à écrire mes propres chansons. Au début, j'ai essayé timidement, doucement ... Puis je me suis rendu compte que j'y arrivais, et j'ai carburé. Avec mon groupe, on a fini par enregistrer un album entier.


Ton entourage : frein ou tremplin ?

J'ai grandi entouré de la collection de vinyles de mes parents : Léonard Cohen, Bob Dylan, Neil Young ... Des dieux de l'histoire de la musique ! On a toujours aussi eu beaucoup de livres à la maison, et puis, mon père est photographe, mon frère est bassiste ... Je me suis épanoui dans un milieu plutôt artistique, c'est sûr. Aujourd'hui, mes parents sont fiers mais vigilants.


Alors, ça fait quoi d’être vu comme un petit prodige ?

Bien sûr, ça paraît incroyable de passer au Grand Journal ou à Taratata ! C'est très plaisant, c'est drôle, mais je ne me sens pas vraiment différent de tous les gens de mon âge qui font de la musique dans leur coin. J'ai juste eu la chance d'être repéré sur MySpace par des gens influents. Bizarrement, malgré tout ce qui s'est passé ces derniers temps, je ne ressens pas de grosse pression, je prends tout cela avec pas mal de recul. Je reste dans une optique plus artistique que commerciale, et mon entourage aussi.


Et demain, quoi de neuf ?

Ce qui me plaît, c'est d'apprendre des choses chaque jour qui passe : les musiciens (comment ils écrivent, qui influence qui, etc), les instruments (j'en essaie de nouveaux), les mélodies, je veux continuer à pouvoir tout étudier à fond. Sinon, là, on travaille sur le deuxième album, et part en tournée pendant les vacances scolaires. Ce que je veux aussi, c'est vendre des disques pour pouvoir continuer à m'amuser ... Et faire "vivre" les gens qui travaillent avec moi, tous ceux qui m'ont aidé, leur rendre par mon petit succès tout ce qu'ils m'ont donné.


http://www.myspace.com/zaklaughed


 


 

ARIANE FORNIA, ÉCRIVAIN


Age : 20 ans

Signe particulier : A commencé à écrire des romans dès l'âge de 5 ans, publié son premier recueil à 14 ans (Dieu est une femme, éd. Denoël), son second à 15 ans (La déliaison, éd. Denoël), a obtenu son bac à 16 ans avec mention très bien, avant de publier son troisième livre à 18 ans (Dernière morsure, éd. Robert Laffont). Elle est également en 2e année de l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


Pourquoi se met-on à écrire aussi jeune ?

Par mimétisme, tout simplement. Toute petite, je voulais m'asseoir à côté de ma mère (NDLR : Sylvie Brunel, géographe, économiste et écrivain), et faire comme elle. J'écrivais alors ce que tous les enfants écrivent, soit rien d'extraordinaire ! Mais c'est devenu très vite naturel, essentiel. Une façon de réfléchir, et d'organiser ma vie. Il y avait plein de choses qui m'intéressaient, la musique, les chevaux, le dessin ... Mais j'ai rapidement su que je n'avais pas plusieurs talents, seulement celui de l’écriture. A 13 ans, je me suis lancée dans "Dieu est une femme", et ce n'était pas un journal : dès le début, je l'ai écrit en espérant qu'il pourrait être lu un jour. Et j'ai eu la chance que ce soit le cas.


Ton entourage : frein ou tremplin ?

Tremplin ! Ma mère m'a totalement donné envie d'écrire, et de lire : chez nous, il y a toujours eu énormément de bouquins, sans aucune censure. Le fait de baigner là-dedans m'a aussi aidée d'un point de vue pratique : je savais plus ou moins comment marchait l'édition, qui il fallait contacter, etc. Ca semble être un détail mais c'est important : beaucoup de jeunes auteurs ne savent pas comment s'y prendre.


Alors, ça fait quoi d’être vu comme un petit prodige ?

Mon premier livre a fait beaucoup parler de lui en raison de son côté provocateur : à 14 ans, titrer "Dieu est une femme" et proposer à son éditeur de poser crucifiée en couverture, c'est forcément parfait pour le marketing ! Même si à l'époque, je n'en avais pas conscience. J'écrivais depuis 10 ans, et pour moi, être éditée semblait l’aboutissement logique de mon parcours ! (rires) En fait, ces 25,000 exemplaires vendus si jeune, les émissions télé, la médiatisation pas toujours tendre avec moi, tout cela m'angoisse presque plus maintenant, rétrospectivement. Je suis passée par des moments très durs, j'ai lu des choses horribles sur mon compte, on m'a détestée sans que je ne puisse rien y faire. Et le pire, c'est que je me sentais désolée, je comprenais que mon petit succès puisse énerver. Du coup, ça m'a changée : je suis devenue très discrète. En tous cas, je ne suis vraiment pas un prodige : je travaille énormément. Et je galère parfois tellement sur une simple phrase qu’il n’y a aucun souci que je prenne la grosse tête !


Et demain, quoi de neuf ?

Je suis en train d'écrire un roman, qui me demande beaucoup, beaucoup de travail ... J'ai peur de décevoir mes lecteurs parce qu'il est très différent de ce que j'ai pu faire avant. Je ne suis plus dans l'humour provoc' qu'ils ont connu, je suis devenue très ennuyeuse ! (rires) Et puis j'ai 20 ans maintenant, je n'ai plus d'excuse si je me rate, on ne pourra plus dire "C'est pas mal pour son âge" ... ! En tous cas, j'espère continuer à souffrir comme une damnée sur mes textes : c'est signe que je travaille bien.

 

 

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LIONEL BRINGUIER, CHEF D'ORCHESTRE


Age : 23 ans

Signe particulier : A débuté le Conservatoire à 5 ans, dirigé l'Orchestre national des Pays de la Loire aux Victoires de la Musique à 14 ans, et remporté le Concours international des jeunes chefs d'orchestre à 19 ans. Il est actuellement directeur musical de l'Orchestre symphonique de Castille et Leon à Valladolid, chef assistant de l'Orchestre philarmonique de Los Angeles, et se produit régulièrement un peu partout dans le monde*.


Pourquoi aime-t-on la direction d'orchestre aussi jeune ?

J'ai commencé la musique tout petit, comme beaucoup d'enfants en somme, mais j'ai tout de suite adoré ça. Et la musique symphonique, donc d'orchestre, en particulier. Ce qui me plaisait, c'était le côté groupe - de la même manière, j'ai toujours préféré les sports d'équipe ... Adolescent, j'ai tenté la classe d'initiation à la direction d'orchestre, et ça m'a passionné. Mais ce n'est pas facile de se dire "C'est ma voie" : ça demande tellement de temps et de pratique pour le savoir ! On n'a jamais fini d'apprendre, de toutes façons.


Ton entourage : frein ou tremplin ?

J'ai toujours baigné dans un univers artistique fort : ma grand-mère était peintre, on avait 250 toiles à la maison ... Mes parents, eux, ont des métiers "normaux" mais sont très mélomanes. Dès notre enfance, mes frères, mes soeurs et moi avons eu la chance d’assister aux plus grands concerts. Aujourd'hui, sur 5 enfants, nous sommes 4 musiciens professionnels ! En un sens, même si l’amour de la musique nous est venu par nos parents, l'émulation est surtout née entre nous.


Alors, ça fait quoi d’être vu comme un petit prodige ?

Quand j'ai dirigé aux Victoires de la Musique, l'impact médiatique a été énorme parce que j'avais 14 ans. C'était agréable mais je savais à quel point je devais encore étudier. Je ne risquais pas, de toutes façons, de prendre la grosse tête : je vois régulièrement ma famille, ma chérie et mes amis, j'ai une vie normale la moitié de l'année, et je garde les pieds sur terre sans aucun problème. Et puis, quand on est chef d'orchestre, il vaut mieux ne pas avoir trop d'ego : notre rôle, c'est de s'effacer derrière le compositeur, et de s'adapter aux musiciens avec lesquels on travaille. On se sent souvent tout petit. Mais c'est un métier ultra excitant, et je ne le vois d'ailleurs même pas comme un métier : j'ai l'immense chance de vivre de ma passion.


Et demain, quoi de neuf ?

J'ai encore tellement à apprendre, tellement de choses à faire ... ! Je n'en suis qu'au début, et je ne suis pas pressé. Je veux continuer à faire de la musique, rencontrer des gens, voyager, m'imprégner de différentes cultures. J'ai eu la chance de diriger dans des villes sublimes, avec des orchestres incroyables, comme Radio France à Pleyel, ou le Philarmonique de New York, et il y en a encore bien d'autres qui me font rêver. Tout ce que je veux, aussi, c'est que mes postes, comme à Los Angeles actuellement, se passent bien. Maintenant que je n'ai plus l'âge du "petit surdoué", le challenge, c'est de tenir sur la durée.


*Le 15 janvier, Lionel Bringuier a dirigé l'orchestre philarmonique de Radio France à la salle Pleyel. La vidéo est en streaming gratuit sur www.arteliveweb.com



LUCIE ET SIMON, PHOTOGRAPHES


Age : 49 ans à eux deux

Signe particulier : Ont été nominés à l'International Color Award en 2007, gagné plusieurs prix dont la Bourse du Talent en 2009, et viennent d'exposer à la Bibliothèque nationale de France.


Pourquoi se met-on à la photo aussi jeune ?

Simon : Par amour des images ... Et aussi, même si ça peut paraître un peu cliché, parce que c'est la seule façon que l'on a trouvé pour exprimer quelque chose. A l'école, dans mes rédactions, je n'arrivais pas à écrire ce que je pensais ou ressentais. Par l'image, j'y arrivais mieux. Ce qui est intéressant, après, c'est qu'on réalise que ça marche aussi sans qu'on en soit conscients : la photo nous révèle des messages qu'on n'imaginait même pas porter en soi.


Votre entourage : frein ou tremplin ?

Simon : Mon père est photographe, et il m'a mis un appareil dans les mains assez jeune. A force de traîner en studio ou de voir des livres de photographie à la maison, je m'y suis mis, avec plaisir, mais sans pression. Au début, je ne pensais pas forcément que ce serait une telle passion ... Et puis j'ai rencontré Lucie, et c'est en travaillant avec elle que j'ai compris que c'était sérieux. J'ai enfin trouvé mon style, ou plutôt le nôtre. En fait, plus que mon entourage familial ou amical, c'est une émulation mutuelle avec Lucie qui a joué.

Lucie : Mes parents ne sont pas artistes, mais grâce à eux, j'ai beaucoup voyagé. Dès l'adolescence, j'ai commencé à prendre des photos de ce que je voyais à l'étranger. Mais je ne savais pas encore que ce serait ma vie, j'aimais également la musique, le théâtre ... Pour moi aussi, c'est la rencontre avec Simon qui m'a définitivement fait comprendre l'importance de la photo dans ma vie, et comment m'y épanouir.


Alors, ça fait quoi d’être vus comme des petits prodiges ?

Nous ne pensons pas être vus ainsi ! En tous cas, nous nous considérons plutôt comme au point zéro, et ce qui nous importe, c'est de continuer à travailler. Et puis, on a quand même attendu plusieurs années avant d'avoir de belles récompenses comme la Bourse du Talent ou une publication dans le Monde 2. Nos travaux circulaient déjà depuis quelques temps mais nous étions un peu jeunes. Peut-être que les gens attendaient de voir si on était sérieux, si on s'accrochait suffisamment ... En photographie, ce n'est pas comme en musique par exemple : avoir 20 ans n'est pas un atout. L'attente nous a motivés, et aujourd'hui, ces lauriers nous encouragent à travailler encore plus. Nous sommes cependant conscients que notre parcours démarre très bien !


Et demain, quoi de neuf ?

On va continuer à faire de belles images ... Pour le moment, en plus de nos projets personnels, nous sommes encore obligés de faire d'autres types de travaux plus "alimentaires" pour joindre les deux bouts. Dans l'idéal, on aimerait se concentrer uniquement sur nos séries. Et dans le grand, grand idéal, faire des expositions régulièrement, recevoir quelques belles commandes et avoir nos galeries à Paris et à New York !


Leur site : www.lucieandsimon.com





 

MARIE CLAIRE

Le cahier bleu (James A. Levine)

  Avril 2010


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