Partager l'article ! MAISONS EN BOIS, Marie Claire, XII-06: MARIE CLAIRE"La folie des maisons en bois"Une nouvelle donne immobilière en France : contexte, ...
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MARIE CLAIRE
La phrase tombe avec un léger soupir : « Ca fait 10 ans qu’on est là, mais à chaque fois que je la vois, ça me fait toujours le même effet ! ». Anne, 48 ans, heureuse propriétaire d’une maison en bois parisienne, est une pionnière. Car si à l’étranger, le plus ancien matériau de construction du monde a la cote, la France est largement à la traîne : 90% des constructions individuelles en Amérique du Nord, presque autant en Scandinavie, 50% au Japon, 30% en Allemagne, et chez nous … un vaillant 6% (environ 10.000 maisons par an). Faiblard ? Pourtant, le marché connaît un véritable boom : en cinq ans, son taux de croissance a grimpé de presque 50%, et les salons spécialisés se multiplient. Selon les architectes interrogés, cet engouement est lié à la prise de conscience des problèmes environnementaux, avec un réel intérêt pour le renouvelable et une tendance « retour à la nature ». Ce que confirme Catherine Peguillan, du CNDB (organisme national de promotion du bois), qui ajoute que cette folie tardive est aussi le résultat d’une information qui commence enfin à circuler - en dégommant sans relâche une flopée d’idées reçues. Mais ce phénomène indique aussi un changement du rapport à l’habitat. Plus affectif ? Peut-être. D’abord parce qu’on la voit naître plus rapidement qu’une maçonnerie, et qu’on peut la modeler en cours de route : étant un assemblage de panneaux préparés en atelier, la maison bois s’élève sous les yeux de ses propriétaires avec une rapidité fulgurante, tout en étant modulable. « Je passais tous les jours sur le chantier, et quand je souhaitais des modifs, on les faisait main dans la main avec l’architecte », explique Anne. Affectif aussi parce que le bois est littéralement vivant : « La matière évolue tous les jours : l’odeur qui varie, la couleur qui change, le volume qui bouge … Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’apaise », sourit Sophie, 3 enfants, propriétaire bois depuis deux ans. Affectif enfin, parce qu’à moins de le laisser brut (il se patine alors joliment en gris), il faut l’entretenir : on râle un peu, mais on bichonne. Lasures à renouveler tous les 5 ans, peintures tous les dix ans, les choses se compliquent si l’on vit dans une région ensoleillée où le bois joue sans cesse – il faut gérer. Et donc aimer. Niveau gestion justement, les maisons bois traînent une mauvaise réputation budget – surprise, c’est un tort ! Car si le matériau est à la base plus onéreux que le parpaing, son surcoût est vite amorti. Un temps de chantier deux fois plus court (utile en cas de loyer ailleurs), moins de main d’œuvre, et surtout une notable économie d’énergie au quotidien : 15 fois plus isolant que le béton et 6 fois plus que la brique, le bois allège la facture d’électricité de 20 à 30%. Sachant qu’aujourd’hui, on peut construire à partir de 1000€ le m2.
TROIS IDEES RECUES PARTIES EN FUMEE
IDÉE RECUE NUMÉRO 2 : UNE MAISON EN BOIS, C’EST FRAGILE