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Blog Saywho.fr

Carl Barat & Adam Green @ Pompidou

       Septembre 2009

 

 

 

Hier soir, a eu lieu un concert qui s’annonçait comme un évènement : Carl Barat (ex- Libertines avec Pete Doherty, Dirty Pretty Things) et Adam Green (ex Moldy Peaches et en carrière solo) réunis sur la petite scène de la salle de concert du centre Pompidou, pour un live exceptionnel … L’affiche qui tue.

On les attendait de pied ferme, l’Anglais et le New Yorkais : potes de longue date, entre rock et antifolk, les deux personnages ont souvent composé ensemble et partagé bien des binouzes dans les bars glauques des capitales anglophones.


Mmh, “binouze” … Un terme qui pourrait vous mettre la puce à l’oreille concernant ce show, qu’attendaient en transe leurs fans les plus férus, accompagnés entre autres du rockeur écrivain Patrick Eudeline ou du réalisateur Philippe Garrel. Ce fut au final une surprise, un moment historique, mais pas forcément dans le bon sens …

carl_barat

Après une première partie mignonnette bien qu’un peu somnifère (Laura Gibson, fingerpickeuse folk en direct de l’Oregon), débarque sur scène un Adam Green plus déglingos que jamais. Dès le première chanson, on comprend qu’un truc cloche légèrement … A la seconde chanson, on capte définitivement que le songwriter génial est totalement torché à la bière. Bière qu’il tient à la main d’ailleurs, et nous présente en rotant dans le micro. Incapable d’accorder correctement sa gratte ou de chanter ce qui était prévu (sa voix a un problème, nous explique-t-il en ricanant), Adam Green enchaîne quelques mélodies, tombe, se relève, s’assoit en équilibre sur une canette de 1664, s’endort, rigole. Et demande que quelqu’un lui apporte un hôpital. Puis précise qu’il sera ce soir à l’Hôtel Amour si on a besoin de lui.


Lorsque Carl Barat le rejoint sur scène, on croit d’abord qu’il est beaucoup plus en forme que son copain américain : le geste vif, le cheveu brillant, il tente de ressaisir Adam en lui parlant à l’oreille, lui fait un bisou, lui dit qu’il peut chanter, qu’il va y arriver. On comprendra vite qu’il est lui aussi merveilleusement imbibé d’alcool. Ils tentent un duo, qu’Adam Green interrompt en explosant de rire et en quittant la scène. Carl tente de trouver une guitare qui fonctionne - un quart d’heure d’attente dans un silence ponctué de marrades - et enchaîne quelques chansons avec de une louable énergie, mais un charisme apparemment parti avec les bouteilles vides en coulisse. Même les quelques tubes des Libertines - tant attendus ! - sont soit massacrés, soit mous du genou à pleurer.


Adam revient, se pose pour quelques chansons à lui (sans se souvenir de toutes les paroles), puis découvre le pouvoir humoristique d’un rouleau de scotch noir : autour de sa jambe pour transformer son patte d’eph en slim, autour des micros, sur sa chaussure, sur les chevilles d’une jeune fille choisie dans le public … Pour finir, il attache la guitare au micro avec, avant de la massacrer à coup de pied de micro comme un vrai rocker bourré qu’il est.

adamgreen

Le bilan ? Un bon gros foutage de gueule, une cuite mémorable, des prestations lamentables (à part peut-être “Friends of mine”*** en duo, plutôt réussie), des attentes lourdes, mais tout de même une bonne poilade communicative face aux deux compères en coma éthylique. Un pur moment de rock’n roll, sauf qu’au final, on en retient rien du tout. Du grand, très grand n’importe quoi. Comme l’a dit très justement un ami musicien qui m’accompagnait, ils auraient mieux fait de faire leur concert dans un pub miteux, plus raccord avec leur ambiance de ce soir. Gageons que le centre Pompidou s’arrachait les cheveux dans les coulisses …


Après, il y avait l’aftershow au Chacha. J’aurais bien profité de mon carton d’invitation, mais y ayant déjà passé la nuit précédente jusqu’à 5h du mat’ et ayant très faim, j’ai préféré aller manger avec mes copains à la Fée Verte pour débriefer tranquille de ce concert surréaliste. C’est dommage, je suis certaine qu’Adam et Carl ont poursuivi leur carnage musical au premier étage de la rue Berger, et que ça devait valoir le coup d’oeil. Si vous y étiez, je veux bien les détails ! Thanks, guys.


Ah, et en post-scriptum : c’était la première fois que je voyais Barat sur scène, mais j’avais eu la chance d’assister au concert d’Adam Green au Sziget Festival de Budapest l’année dernière, et c’était de la totale bombe atomique nucléaire, nous étions transportés, il était fantastique, et pas seulement avec un rouleau de scotch. Donc, si un jour vous avez l’occasion de le voir jouer, ne vous arrêtez pas au massacre de Pompidou !


*** Leur duo “Friends of mine” sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=Z1-pG60iLm4

Tag(s) : #Say Who

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