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Publié par Caroline Rochet



A lire ici sur le site de Vegmag



Interview de Caroline Rochet, une journaliste veggie qui sait séduire son public.



Peut-être avez-vous déjà lu ses écrits : journaliste pour Marie-Claire, Caroline Rochet a récemment fait publier un article qui a fait grand bruit : "Et si végétarien, c'était bien ?", donnant un grand coup de fouet à l'image des végétariens, trop souvent vus comme des marginaux "mangeurs d'algues, babas cool et extrémistes".
Un beau cadeau pour la cause végétarienne, et la preuve d'une avancée certaine dans les mentalités. Merci à Caroline d'avoir bien voulu répondre à nos questions.


1- Depuis la parution de votre article « végétarien c'est bien » êtes-vous désormais connue comme étant une fervente défenseuse de l'alimentation végétarienne ? Êtes-vous vous-même une végétarienne convaincue ?

 Cet article a eu un petit impact qui me fait plaisir ; j'ai notamment reçu beaucoup de mails de végétariens se disant heureux de voir la presse grand public s'intéresser au sujet de cette manière. J'ai également été interviewée par France Info à propos de ce papier.  En un sens, c'est presque gênant, puisque si je suis effectivement végétarienne, je ne sais pas si je peux y ajouter le mot "convaincue" ... Dans le sens où je ne milite pas, n'essaie pas de convaincre mes amis omnivores et ne fais partie d'aucune association en faveur des animaux. Bref, je me contente de ne plus manger de viande ...

2- Comment êtes-vous devenue végétarienne ?

C'est venu progressivement, et je ne le suis "pour de vrai" que depuis un an. Déjà toute petite, j'avais du mal avec la viande rouge, mais j'ai longtemps été fan de poulet et de poisson. Et puis j'ai découvert les magasins bios, et avec eux, la nourriture à base de soja ou de graines - un vrai coup de foudre. Ajoutez à cela des voyages, l'amour de la nature, des animaux et de l'environnement, des informations choquantes sur les cuisines des fast-food, produits préparés ou autres réjouissances animales, et vous comprendrez qu'un jour, j'ai eu envie de suivre mon instinct. A savoir manger le plus naturel possible, en épargnant la Terre et ses habitants. D'un coup, le poulet, le saumon ou le jambon me sont apparus comme des vieux bouts de cadavre dégoûtants ... Je ne sais pas comment ça se passe pour les autres, mais moi, ça a pris des années.

3- Est-ce la première fois que vous écrivez un article sur le végétarisme ?

Oui et non : alors que j'étais encore omnivore, j'ai écrit un papier pour un magazine écolo à propos de la malbouffe (dont la viande), un sujet sur les meilleurs restos végétariens pour "ELLE à Paris", et de nombreux articles sur l'environnement où je soulignais l'impact de l'élevage sur la planète. Mais cet article dans Marie Claire est parti d'un vrai besoin de dédramatiser le végétarisme, et dire aux mangeurs de viande que nous n'étions ni fous, ni stupides, ni bizarres ! J'en avais assez de passer ma vie à me justifier auprès de ma famille, mes amis ou n'importe quelle personne s'effarant sur le thème : "Oh, mon dieu, tu ne manges pas de viande ??? Mais tu n'es pas NORMALE !!!" ... Un coup de gueule général, poussé avec humour. Ca m'a fait beaucoup de bien !

4- Comment le sujet est-il vu dans la presse féminine ?

Quand je l'ai proposé à ma rédac chef, elle a tout de suite été emballée, et les autres journalistes de la rédaction aussi. Pourtant, je n'étais pas sûre que ce serait le cas ! Certes, Marie Claire est un magazine assez porté sur l'environnement, et les questions de société en général, mais on reste tout de même un "féminin haut de gamme grand public", et j'avais peur que mes boss se montrent frileux sur le sujet ... J'avais tort ! Ils ont tout de suite compris.

5- Avez-vous eu des difficultés à faire publier votre article ?

Pas du tout, et encore une fois, ça m'a agréablement surprise. Je pense que l'affolement environnemental de ces dernières années a aidé la cause du végétarisme, en pointant du doigt la souffrance de la planète comme celle des animaux. Bon, il a fallu que ces catastrophes touchent les humains pour qu'on se bouge (comme d'habitude !), mais tout de même, les choses avancent. Le fait aussi que le bio devienne à la mode, que l'on commence à être informé sur différentes horreurs alimentaires et animales, que la nourriture végé se généralise un peu (avec les enseignes Naturalia par exemple), et que des stars se revendiquent veggies, ont été j'imagine autant de facteurs qui ont permis au monde de s'ouvrir au sujet. J'ai l'impression que ce n'est qu'un début, et que dans une vingtaine d'années, les végétariens seront beaucoup moins "originaux" qu'aujourd'hui. Du moins, je l'espère !

6- Votre article est positif, humoristique. Une manière efficace de communiquer sur le végétarisme ?

Personnellement, c'est ma façon de communiquer sur beaucoup de choses ! Que mes articles traitent de drames écologiques ou de sujets plus légers, je pense qu'un discours plombant n'aide pas à faire passer des idées. Bien sûr, il y a les limites du respect et de l'intelligence (on ne va pas parler d'enfants atteints du sida en faisant des blagues), mais sur la plupart de mes articles, j'essaie d'ajouter un ton accessible, ouvert et souriant pour que le lecteur ait envie de poursuivre. Pour le papier "Végétarien, et si c'était bien ?", j'ai choisi de prendre les "carnivores" à leur propre jeu, en dégommant leurs habituels clichés sur les végés. L'idée, c'était de donner de vraies informations, mais que tout le monde rigole un peu, les végétariens comme les omnivores. Les choses passent mieux quand on est détendus, non ... ?

 

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Michelle Julien 12/09/2009 12:10

Est-ce vraiment bien le rôle d’un journaliste que  de « savoir séduire son public » ?  Pourquoi être « vieux, pas sexy,  baba cool et pas célèbre » donnerait  forcément une image « négative » du végétarisme ? La société est obsédée par le jeunisme, l’apparence, et les people. Le végétarisme doit-il également tomber dans cette dérive ? Pour « séduire son public », il faut rendre « sexy » un régime alimentaire, un peu simpliste comme approche ! Les journalistes prennent vraiment les gens pour des cons, ou plutôt devrais-je écrire, ils « savent séduire leur public ».