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  Journaliste exaltée à géométrie variable, je travaille pour
le magazine Marie Claire.

Mon talent étant assez improbable en matière de mode et de beauté, je signe surtout des papiers tendances, culture (plus précisément musique et livres), environnement et Paris.

Parce que des forces obscures m'obligent à sortir après le coucher du soleil, je tiens également un blog sur Say Who, le site de la nuit parisienne et des gens qui la font.

Il est possible aussi que j'aie écrit un livre sur les Parisiens,
paru le 9 février 2010 : "Comment (ne pas) devenir Parisien".
Plus de détails ici et quelques extraits .



Ce site est mon book, mon CV, ma vitrine, mon catalogue, mes mémoires, que dis-je, c'est une péninsule. Il permet la consultation online de mes articles.
Il offre donc - avec une générosité admirable, mais un design assez tragique, j'avoue - une source de lecture instructive et néanmoins distrayante à qui n'aurait rien à lire, là tout de suite.

Pour accéder aux papiers, il vous suffit de faire votre choix à gauche : ils y sont triés par catégories de sujets (c'est très bien fait). Si vous êtes plutôt du genre à foncer vers l'essentiel comme un foufou, voyez plutôt le best-of (en quelque sorte mes best sellers, sauf que je ne les vends pas, c'est ballot).

Si, pour une raison mystérieuse et inexplicable, vous devenez fan de ces papiers (ou que vous êtes de ma famille), vous pouvez être prévenus chaque fois qu'un nouvel article est mis en ligne, grâce à l'inscription à la newsletter ou au flux RSS. Vous pouvez aussi m'écrire pour à peu près n'importe quelle raison valable, sympathique ou intelligente. Enfin, si l'envie vous prend de pousser la chansonnette pour vous détendre un peu, un karaoké défile justement en haut de l'écran à cet effet.

Sur ce, bonne lecture, merci d'être passé et permettez-moi de conclure sur ce sage dicton : qui ne tente rien, ne tente rien.


MARIE CLAIRE


Playlist Plaisirs,
Interview de Lucìa Etxebarria

    Août 2009



Parce qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, une star nous livre ses bonheurs les plus intenses.

Lucìa Etxebarria, écrivain (1).


Le dernier livre que j’ai savouré.
« Tendre est la nuit », de Scott Fitzgerald. Je l'ai lu il y a des années, et à l'époque, je n'avais pas saisi les implications sexuelles. Il s'agit d'une relation triangulaire entre un couple marié et la jeune maîtresse de l'époux. Ce qui est implicite, c'est que la jeune femme est également amoureuse de l'épouse. En séduisant le mari, elle se rapproche de celle-ci. J’ai aussi adoré « La Transmigration de Timothy Archer », de Philip K Dick, qui est l'un de mes auteurs favoris - ce livre est d’ailleurs celui que je préfère de lui. J’ai enfin un rapport spécial à « L´Éducation sentimentale » de Flaubert … Frédéric, c'est moi : j'ai toujours pensé que lui et moi avions plus ou moins le même caractère et le même rapport à la vie.

Le plat que je mets au-dessus de tout.
Les sashimis ! J'aime les choses crues, en général...

Les petites drogues qui me font du bien.
Le chocolat, le sexe (quand j’en ai l’opportunité, bien sûr), le vin blanc, et la vodka. Danser, aussi … En revanche, je ne fume pas et je ne bois presque pas de café. Et je ne suis pas une shopping-addict.

Le film qui m’a le plus transportée.
« Blade Runner », de Ridley Scott (adapté d'un roman de Philip K. Dick, d'ailleurs !). Mais aussi « Mort à Venise », de Luchino Visconti. J'ai dû le voir cinq fois, toujours au cinéma, jamais en DVD (je déteste regarder des films sur un écran de télévision). J’ai pleuré les cinq fois.

L'instant beauté que je préfère.
Faire l’amour ! Mais hélas, comme je l’ai déjà dit, ça n'est possible que s'il y a un partenaire disponible ... Sinon, j’aime beaucoup me mettre du rouge à lèvres et bien me brosser les cheveux.

Ma plus belle fête.
J’ai 42 ans et je suis espagnole ... C’est vous dire si j’ai vécu un million de fêtes mémorables. Ce serait impossible d'en choisir une seule. Mais peut-être il y a dix ans, à Barcelone : il y avait une boîte située dans un bateau, au port, où j’ai vécu des soirées assez incroyables.

Le moment de bonheur le plus intense.
Le naissance de ma fille. Chaque mère pourra le comprendre, inutile d'expliquer.

L'endroit où je me sens le plus moi-même.
Mon lit !

Propos recueillis par Caroline Rochet.

(1) Son dernier livre, "Ce que les hommes ne savent pas", a paru le 7 mai (ed. Héloïse d’Ormesson, 21 €).

MARIE CLAIRE

Page Buzz

      Août 2009



L’actu hype, ça va, ça vient, ça revient.


LA NIGHT DU MOIS : VIENS A ST GERMAIN

On ne pensait pas que ça pourrait arriver un jour, et pourtant : désormais, à Paris, on peut sortir Rive Gauche. Inauguré lors de la fashion week, le Montana est le dernier bébé d'André, le graffeur-artiste de la Clique (Baron, Paris Paris ...). Petit bijou glam'rock posé juste à côté du Café de Flore, ce mini-lieu est une bombe dark et acidulée, flottant entre bar d'hôtel et club à l'ancienne. Rideaux rouges, moquette graphique, lampes en forme de crânes, papier peint façon Histoire Naturelle et caves voûtées à mosaïques, on aime son côté cosy et la programmation parfaite : rock, électro, envoûtante et pushy. La mauvaise nouvelle ? L'endroit plaît beaucoup aux people, ce qui rend la porte difficile. La bonne nouvelle ? Pour avoir une chance de rentrer, on est donc obligés de se looker à mort. Zut alors.
Le Montana, 28 Rue St Benoît (6°). 01 44 39 71 00
Photo ©Baudouin


LE IT DU MOIS : DIS-MOI OUI, DANDY !

Réservé à une poignée de fashion-victims, le dandysme ? Plus vraiment. Démocratisé par la mode (Alexis Mabille, The Kooples), la musique (Pete Doherty), le web (dandies.fr) et même la télé ("Gossip Girl"), le clan des impertinents raffinés cartonne, et semble même se faire plus accueillant. "Le dandy 2009 est fun ! Moins arrogant, moins supérieur, il joue sur le second degré", explique Vincent Grégoire, "chasseur de tendances" chez Nelly Rodi. On aime l'idée. Et pour voir en action les meilleurs représentants de l'espèce, on se régale devant les compte-rendus de la "Chap Olympiad"*, jeux olympiques des dandys (le 11 juillet à Londres). Les épreuves ? Lutte de moustaches, dégustation de martinis dry, port du monocle et autres élégantes bouffées de pipe, bref, des hommes, des vrais. *www.thechap.net


L'ANTIBUZZ :  PAYE TON CÂLIN

On a tous entendu parler des "Free Hugs"*, ces accolades gratuites données dans la rue. Mais connaissez-vous les "soirées-câlins", où de parfaits inconnus se caressent en pyjama ? En vogue en Suisse et aux USA, elles sont ... payantes (env. 25 €). Leur motivation ? Retrouver des contacts "vrais" dans une civilisation dénaturée par la communication virtuelle. Certes, il est bon de délaisser un peu nos machines pour retrouver le goût des vrais gens, mais franchement, est-ce une raison pour acheter des papouilles à des inconnus ? Famille, amis, collègues, la chaleur humaine n'est pas loin si on la cherche bien. Et elle a meilleur goût quand elle ne passe pas par le porte-monnaie ... Sur ce, je m'en vais tripoter mon voisin de bureau.


EN VRAC

- Pour crâner dans les soirées, rien de tel que de balancer quelques nouveaux mots trendy, glanés sur le site www.wordspy.com. Exemple : "J'adore faire du mindcasting", tellement plus chic que : "J'adore raconter ma vie dans mes statuts Facebook et Twitter".

- Les "gastrosexuels", ces hommes célibs qui draguent en cuisinant divinement, sont de plus en plus nombreux. En voilà une bonne nouvelle.
- La classe ultime en déco ? Le dernier-né de chez Lego : une réplique exacte du musée Guggenheim de New York, créé en association avec la Fondation Frank Lloyd Wright. Plus pour le salon que la chambre des enfants, bien sûr ...








MARIE CLAIRE

Agenda Culturel

       Août 2009



Où sortir, que voir, qui applaudir ce mois-ci à Paris et ailleurs.


PARIS

Du 4 juil. au 30 sept.
40 ANS SUR LA LUNE
Cette année, on fête les 40 ans du 1er pas de l'homme sur la lune. Pour l'occasion, le Palais de Tokyo expose plus de 600 tirages originaux de la NASA totalement inédits issus de collections privées, avec installations et animations pour se replonger dans l'un des voyages les plus inouïs de l'homme. En plus, l'équipe du Baron et le collectif Elegangz organise des soirées lunaires pour fêter ça. www.palaisdetokyo.com et www.elegangz.com


- Du 25 juill. au 15 août
Festival FnacIndétendances
Pour se sentir en vacances à Paris, on profite des concerts (gratuits) sur le parvis de l'Hôtel de Ville : Keziah Jones, Amadou et Mariam, La Rue Ketanou, Cirkus with Neneh Cherry, Peter von Poehl, Joseph Arthur ou encore Damon Albarn (le 5 août) viennent nous faire vibrer tous les week-ends. Parce que les festivals musicaux peuvent aussi venir à la capitale ! www.fnaclive.com/blogs/lefestivalfnac


 
AILLEURS

- Du 7 au 9 août
ROCK ON THE SEA
Le Festival du Chant de Marin de Paimpol fête ses 20 ans ! L'occasion unique d'admirer près de 300 sublimes voiliers traditionnels (bretons, français, hollandais ou britanniques) tout en profitant de concerts locaux, mais aussi de guests tels que Sergent Garcia, Yuri Buenaventura, Orquesta Buena Vista Social Club, Les Tambours du Bronx et même ... Marianne Faithfull, qui va faire rocker la côte. Yer mat ! De 18 à 36 €, www.paimpol-2009.com


- Du 15 au 17 juill.
BIG FESTIVAL
Un nouveau festival enflamme Biarritz cet été : le bien nommé Big Festival (Big pour Biarritz International Groove), optant pour tous les styles de musiques, rassemble aussi bien NTM que Birdy Nam Nam, Tété, Cut Killer ou les Naive New Beaters. Les scènes, éclectiques aussi, vont du stade Aguiléra aux bars de plage ... Alors si vous êtes en vacances dans le pays basque, let's groove ! http://bigfest.fr


- Du 18 au 25 juill.
NICE LA JOUE JAZZY
Quand les plus grands noms du jazz (Sonny Rollins, Carla Bley) et du blues (le monument B.B.King) se mêlent à de jeunes talents décalés (Julien Doré) ou des têtes d'affiche folk (Tracy Chapman), le tout au soleil du sud, ça donne le Nice Jazz Festival, un évènement mythique à savourer sans modération, et en plein air s'il vous plaît. Un peu chérot, mais ça vaut le coup. Pass 3 jours consécutifs de 96 à 105€, 8 jours 185€. www.nicejazzfestival.fr


- Du 1er juillet au 30 mars 2010
LA TURQUIE EN FRANCE
Merhaba ! La Turquie, trop méconnue chez nous, est l'invitée de la saison dans notre beau pays. Pour mieux la découvrir, plus de 300 événements culturels sont proposés à travers toute la France : expos, spectacles, concerts, débats, cinéma,  







MARIE CLAIRE / WEB


Sziget Festival :
Un week-end au Woodstock européen


 Juillet 2009





Marre de passer le 15 août chez les beaux-parents ? Fiesta, Danube et rock’n roll, c’est le programme qu’on a testé pour vous. Bienvenue au Sziget Festival !




Imaginez une île toute de verdure vêtue, tranquillement posée sur un fleuve au cœur d’une sublime capitale européenne. Toute l’année, ses 120 hectares servent de parc à randonnée aux habitants de Budapest, tel un Central Park de l’Est. Mais à la mi-août, pendant près d’une semaine, cette île devient le théâtre privilégié du plus grand festival de musique d’Europe : l’incontournable Sziget, grandiose bazar coloré où près de 600 concerts internationaux enflamment 30 scènes face à plus de 400 000 festivaliers. Oui, le mot que vous cherchez est « gigantesque ».



POUR TOUS LES GOÛTS
La vraie bonne idée du Sziget Festival, c’est que la programmation, loin de se cantonner à un seul style de musique, a choisi de faire plaisir à tout le monde : rock, pop, punk, reggae, folk, musique africaine, rom, électro, funk ou jazz, ici, à part peut-être le hip-hop, on y trouve tous nos bonheurs. L’année dernière, personnellement, j’y ai dégusté du Babyshambles (Pete Doherty était à l’heure, j’étais au premier rang, ce fut à la limite du surnaturel), Sex Pistols (les papys punks étaient grandioses), Ky-Mani Marley (le fils de Bob en personne), Adam Green (le chouchou du folk alternatif),  Justice, Jamiroquai, REM, Brisa Roché, Maceo Parker, Alanis Morrissette, Wombats … Bref, du très, très lourd. Cette année, pour la 17ème édition, les organisateurs du festival annoncent Placebo, Amadou & Mariam, Snow Patrol, Lily Allen, Faith No More, Birdy Nam Nam, The Ting Tings, Manic Street Preachers, Buena Vista Social Club, Nouvelle Vague, The Offspring, Fatboy Slim, mais aussi des artistes français comme Emily Loizeau, DJ Click, Yom ou encore N&SK.


SHOPPING, HAPPY HOUR ET CÂLINS GRATUITS
Mais le Sziget, ça n’est pas qu’une mine de concerts mythiques. Outre la trentaine de scènes disséminées sur l’île, le festival est une sorte de marché d’été géant qui animent les allées de la forêt, où se côtoient échoppes de fringues (dont des robes vintage et des t-shirts ultra collectors), bars multiples et variés, stands de nourriture du monde entier, ONG environnementales, ateliers de tatouage, activités à frisson (saut à l’élastique ou rodeo), « free hugs », orchestre de rabbins ( !), vendeurs de perles, de foulards, de chapeaux,  de souvenirs hongrois … Bref, une sorte de parc d’attractions « nature » où Pete Doherty remplace Mickey et où tout le monde se parle, parce que comme dirait Madonna, « Music makes the people come together ». Ambiance.




WOODSTOCK D’ACCORD, MAIS VERSION PRINCESSE
L’idée de base, esprit roots oblige, serait de camper sur place : près de 35.000 tentes fleurissent le terrain, des espaces verts aux scènes en passant par les allées des bars. Mais franchement, si vous avez plus de 20 ans et n’appartenez pas à une communauté hippie, nous vous le déconseillons fortement ... Sous peine de ne pas dormir du tout et d’être soumis à une hygiène douteuse ! L’astuce qui tue, en revanche, c’est de se poser dans un hôtel de luxe au tarif abordable (voir encadré), juste au bord de Danube, à trois mètres de l’embarcadère du bateau menant à l’île du festival. Parce qu’on a le droit d’aimer le rock tout en restant chic.


BUDAPEST, LA VILLE A DECOUVRIR
Se faire le Sziget, c’est aussi profiter de l’occasion pour visiter la « perle du Danube », capitale de la Hongrie à laquelle on ne pense pas toujours pour un week-end romantique ou entre copines (et on a tort). Boutiques vintage et surplus branchés (les « ruhagalérias »), mini château digne de la Belle au Bois Dormant (le Bastion des Pêcheurs), édifices somptueux (le Palais Gresham, le Parlement), petites ruelles à bars et restos (rue Radày), célèbre marché couvert (Vàsàrcsarnok), bains traditionnels (Lukàcs ou Kiràly notamment), musées (maison de la photo Maï Mano), antiquaires (rue Falk Miksa) … C’est un peu Prague, un peu Paris, un peu Istanbul. Et les balades au soleil dans les jolies rues calmes reposent agréablement de la frénésie du Festival. Parce qu’on ne va pas vous mentir, votre week-end du 15 août sur l’île hongroise risque de se révéler légèrement moins reposant que celui chez les beaux-parents. Mais certainement beaucoup plus fun.


Encadré  1 : SZIGET-ADDICTS

"Pour moi, l'essence même du Sziget, c'est le mélange : un melting pot de générations comme de nations, où les vieux rockers côtoient les jeunes tecktoniks comme les bobos parisiens. En fait, c'est une fête de l'huma hype, une grande foire à la musique pour oreilles averties. Un mythe ! " (Clémence, 30 ans, graphiste)

«  Je ne suis pas très festivals de musique ... Pour moi, Woodstock, c’était une bande de hippies illuminés, drogués et plein de boue ! (rires) Mais le Sziget, ça m’a scotchée. Impossible de s’ennuyer, de ne pas trouver son style de musique ou d’être lassé des concerts, puisqu’on peut aussi faire d’autres choses. J’y retournerai. » (Louise, 29 ans, développeuse web)

« J'ai aimé le Sziget parce que les gens, les drapeaux, les coupes de cheveux, les tribus, la bière, la ville couleur musique, le camping des petits yeux ... Une expérience dingue. » (Jean-Yves, 30 ans, musicien)

« Ce que j’aime au Sziget, c’est cette ambiance pacifique, comme je n'en ai jamais vue dans un autre festival. Pas de conflit (pourtant l’alcool coule à flot), tout le monde parle à tout le monde et se débrouille pour se faire comprendre avec des gestes ou dans toutes les langues ... Et puis  l’organisation est impeccable. »  (Maryne, 19 ans, étudiante en LEA)

 “Le Sziget, pour moi, c’est le meilleur de la scène musicale actuelle, des bars, des restos, des boutiques, des associations … On peut chanter, danser, boire et refaire le monde assis sur l’herbe avec des inconnus ! Mais aussi une ville sublime, Budapest, comme cerise sur le gâteau.” (Irache, 32 ans, publicitaire)



ENCADRÉ 2 : INFOS PRATIQUES


Dates : du 11 au 17 août
Lieu : Île d’Obuda, à Budapest, en Hongrie
Prix : 42 € le pass journalier, 156 € le pass 6 jours
Programmation et autres infos : www.szigetfestival.com
Hôtel : Novotel Danube, www.accorhotels.com, environ 150 € la chambre double







--> Voir l'article sur le site marieclaire.fr
MARIE CLAIRE

Adieu Bling-bling !

Juillet 2009





Fallait s’en douter, avec la crise, on allait faire plus simple, moins tape- à-l’œil. Un retour aux sources qui, du mojito à la déco, s’impose comme la valeur classe 2009. Pour vivre vrai, suivez les nouveaux codes.
Par Elise Gruson-Godet et Caroline Rochet, avec Christine Lerche et Virginie Seguin.







L’AVIS DE L’EXPERT / DOMINIQUE LOREAU
«Vivre avec moins peut être une source de légèreté»
Marie Claire: Pensez-vous que la surconsommation a fait son temps?
Dominique Loreau*: Je ne pense pas que les mentalités changent aussi radicalement. Les gens, malheureu-
sement, n’ont marre ni du bling-bling, ni de la surabondance. Ils sont tout simplement acculés à y renoncer.
Mais s’ils comprennent, par cette période de crise «imposée», que vivre avec moins peut être une source
de légèreté et une nouvelle forme d’esthétique née de la retenue et de la sobriété, la crise aura eu du bon.
Vous dites souvent que trier, c’est laisser plus de place à ce que l’on aime vraiment...
Faire du tri, c’est faire des choix. Fréquenter moins de monde, avoir plus de temps pour tout simplement ne rien faire ou se «poser» afin de prendre conscience de la chance que nous avons de vivre, d’avoir des amis, de la nourriture, un toit... Il ne suffit pas d’avoir des plaisirs, il faut savoir les reconnaître! N’est-ce pas cela le bonheur?
A votre avis, ce phénomène va-t-il durer?
Je ne suis ni voyante ni engagée dans la politique. Je crois plutôt à la conscience personnelle. Plus
que la crise, c’est l’ampleur que la technologie prend dans nos vies qui m’effraie. Que deviendra-t-on lorsqu’on n’aura même plus à aller faire son marché pour se procurer des pommes? L’écolo- gie, ce n’est pas seulement protéger la planète. C’est aussi, et peut-être même surtout, veiller à ne pas perdre notre humanité, nos rêves, notre condition d’êtres infiniment plus intelligents et sensibles qu’un ordinateur ou un robot!
(*) Auteure de «L’art de la simplicité», best-seller mondial remettant en cause la société de consommation (éd. Marabout, 5,90€).



L’AVIS DE L’EXPERT / VINCENT GRÉGOIRE
«On cherche un nouveau zen, plus humain»
Marie Claire: Quoi de neuf côté mode et déco?
Vincent Grégoire*:D’une manière générale, on se tourne vers des tonalités neutres: du beige, du gris... Rien de radical: un canapé orange, un tail- leur rose pétard, c’est joli, c’est marrant, ça «fait du bien»... mais on n’irait pas le mettre chez soi non plus. Il y a une certaine méfiance face à l’excès. On cherche un nouveau zen plus humain, avec une grande qualité.
La tendance est-elle à la non-conso?
Je ne dirais pas cela. Bien sûr, la crise a un impact sur les gens: ils veulent consommer différemment et se posent davantage de questions («D’où cet objet vient-il?» «En ai-je vraiment besoin?», etc.). Même les people se calment sur l’os- tentation. Mais attention: nous restons, quoi qu’il arrive, dans une société de consommation, de consolation...
Mais chez les riches, il y a quand même un ras-le-bol du bling-bling?
Le bling-bling n’est pas parti, il a juste changé de visage. On voit l’émergence de deux tendances: celle du «faux pauvre», minimaliste, neutre, qui retourne aux essentiels chics, aux matières brutes de grande qualité; et celle du dandy surréaliste, qui reste dans l’ostentation mais avec moins d’arrogance, dans un esprit drôle et décalé. Dans l’un comme dans l’autre, il reste de l’excès, de la frime, du show. Il y en aura toujours.
Alors, au fond, la crise change quoi?
A chaque crise, il y a un avant et un après, de nouvelles habitudes, de nouveaux réflexes qui resteront. Economie, écologie, finances: on va de toute façon devoir tout remettre en question, et les gens l’ont compris. C’est une bonne chose!
(*) Directeur du département art de vivre de l’agence de style Nelly Rodi (www.nellyrodi.fr).


On se pschitte à l’eau de source
Chez les parfumeurs, on est tous d’accord: 2009 est l’année du retour en force des eaux fraîches et de la sacro-sainte Cologne! Simple, conviviale, tradi, l’eau sent-bon de nos grands-mères fait un come-back remarqué chez Dior (Escale à Pondichéry), Diptyque et, bien sûr, Prada avec son Infusion d’Iris qui cartonne depuis quelques mois. A adopter aussi: le dernier-né de Zadig & Voltaire, «La Pureté», dont le design est une ode à l’anti-bling-bling.

On se branche nature
Même l’hypissime «Technikart» s’est mis à l’heure du naturel, avec ce numéro spécial distribué lors de la dernière fashion week.


L’AVIS DE L’EXPERT / CLEMENT CHOVIN
«Du régressif plein la pub»
Marie Claire: Comment la crise a transformé la pub?
Clément Chovin*: D’abord par une économie de moyens... En période de crise, les marques évitent les
superproductions à trois millions d’euros tournées à l’autre bout du monde... Les mises en scène sont plus réalistes, on veut de l’humain à l’état brut. Côté discours, on se concentre non sur la marque mais sur son utilité. La Société Générale, par exemple, vient d’opter pour une stratégie rappelant sa fonction «service de proximité»: pour la dernière campagne, on est allé voir de vrais clients, prêts à raconter comment leur
banque les a aidés, et un photographe de reportage les a shootés sans stylisme ni maquillage. Ça change.
Quelles sont les valeurs qui marchent?
En temps de crise, on cherche toujours des valeurs refuges, rassurantes, émotionnelles... Il y a un retour du régressif aussi –on pense au succès de Petit Bateau ou de Bonne Maman. Ces derniers mois, à New York, le secteur qui a le plus grimpé est celui de la petite confiserie et du chocolat! Enfin, bien sûr, tout ce qui est simple cartonne: Pepsi et son modèle «Raw» (brut), au design épuré et à la formule plus nature; American Apparel avec ses modèles basiques et ses pubs «girl next door»... Mais attention, si la publicité a longtemps fait des promesses galvaudées sur le «goût des choses simples» (comme Herta et ses saucisses industrielles sous vide), aujourd’hui le consommateur n’est plus dupe: il attend des faits, des preuves. A nous de les lui donner.
(*) Directeur général adjoint de l’agence Saatchi & Saatchi.


On épure comme Beyoncé
Avant, la diva à paillettes ne sortait jamais sans sa quincaillerie porta-
tive.Et maintenant, fraîche et virginale, miss Knowles a intégré les nouveaux codes fashion. Attention, quelques strass sont restées collées sur ses stilettos...

On invite sans chichis
Déco
Eté 2008 - Concours de vaisselle hype, coupes en cristal et sautoirs de perlouses dorées sur 8km enroulés-jetés sur la table, le salon était sobre comme un sa- pin de Noël américain.
Eté 2009 - Dîner dans la cuisine, sur des sets et dans de la vaisselle en plastique.
Sur la table ou le bar, un bouquet de fleurs du jardin dans un pichet flashy.
Ambiance
Eté 2008 - On accueillait les copains avec Amy Winehouse (grand exemple de so-
briété). Puis, une fois sous vodka-trip, on sautillait sur Rihanna et Beyoncé, dont les tenues et les bijoux braillaient plus fort que leurs choristes.
Eté 2009 - On privilégie des chanteurs «frais»,comme l’adorable Québécoise
Cœur de Pirate puis, une fois la soirée lancée, on balance «Ça m’énerve» d’Helmut Fritz, qui fustige la passion du luxe avec un certain à-propos.
Apéro
Eté 2008 - On ruinait chez le traiteur, parce que c’était trop bon (et qu’on n’avait pas le temps de les faire nous-mêmes). Quant au rosé, on le choisissait à bulles, pour faire plus classe.
Eté 2009 - On oublie les bulles (c’est sur- fait), because vive le vin bio. Et on ne jure plus que par les produits bruts, d’une qualité de psychopathe étoilé: saucisson Conquet, burrata de la Coopérative Ita-
lienne, Mont-d’Or Hervé Mons... Résultat: ça coûte encore plus cher qu’avant, mais «ça fait vivre les petits producteurs».
Dîner
Eté 2008 - On pensait que plus notre plat était compliqué, plus on aurait assuré grave dans un «Vis ma vie» avec le chef Eric Fréchon.
Eté 2009 - On préfère le plat ultra-simple mais bien fait, comme un bœuf-carottes de compèt, autrement plus classieux qu’un plat cosmique nécessitant GPS et dico. D’ailleurs, Michelle Obama a récemment déclaré que les frites étaient son plat préféré.

On refait l’amour!
La crise,un retour aux vraies valeurs? Oui,et au lit
aussi! Depuis la fin de l’année dernière,les Français font plus l’amour (1),les Anglais citent le sexe
comme passe-temps favori (2), et les ventes de préservatifs et de sex-toys cartonnent.Allez hop, on pose tout de suite ce magazine et on suit la tendance.Un plaisir qui ne coûte rien.
1. Sondage Flagrants Délices. 2. Sondage YouGov.


On frime avec une anti-Rolex
«Si à 50 ans,on n’a pas une Rolex,c’est quand même qu’on a raté sa vie.» La phrase de Jacques Séguéla
a fait couler beaucoup d’encre,et l’intéressé lui-même a reconnu «avoir dit une immense connerie».Pas bégueule,le collectif Sauvons les Riches* lui a offert une montre Casio premier prix.Une idée à piquer: son look eighties et anti-bling la rend absolument cultissime.
(*) http://sauvonslesriches.fr.


L’AVIS DE L’EXPERT / ALEXANDRE CAMMAS
«La bouffe revit Mai 1968»
Marie Claire: Le retour aux basiques, une mode française ou générale?
Alexandre Cammas*: Générale! En ce moment, le maître
mot, c’est «frugality». Le monde change, on effectue tous un retour aux sens, au nécessaire, à l’utile. C’est fini l’époque «empire romain» où il fallait douze cuistots pour fabriquer un entremets... Idem pour la cuisine «labo» et les plats si compliqués qu’ils deviennent illisibles dans l’assiette. A Brooklyn, il y a un nouveau mouvement alimentaire très fort, une sorte de Mai 68 de la bouffe: marchés verts, restaurants bio et authentiques...
Qu’en pense le Fooding?
On est ravis! Rendre enfin leurs lettres de noblesse à des produits simples, bruts mais délicieux, c’est justement l’idée de base du Fooding. Il vaut mieux une bonne boîte qu’un mauvais cuisinier, et on teste aussi bien le meilleur chef de Paris que la meilleure pizza à domicile (plat récemment redevenu «noble»). On aime qu’un cuisinier fasse du très bon avec n’importe quelle matière première.
Et chez les grands chefs?
Il existe un mouvement de chefs malins, qui utilisent des ingrédients basiques et «cheap» (comme le chou) afin de pouvoir proposer des plats sublimes et créatifs sans ruiner les
clients. Il n’y a pas que la truffe dans la bonne gastronomie!
(*) Cofondateur du mouvement Fooding (www.lefooding.com).


On paie le juste prix
Payer le prix qu’on estime juste pour un bouquin, un CD, un resto ou une nuit d’hôtel? C’est possible.
Lancé en 2007 par le groupe britannique Radiohead, le concept d’acheter un album sur Internet au prix que l’on veut a fait des petits. Un hôtel (Singapour), des restaurants (Londres, Montréal, Marseille...), un éditeur (Faber & Faber), et même un site de ventes privées (BrandAlley), certains se sont rués sur cet intelligent levier marketing, d’ailleurs rentable: l’offre étant alléchante, elle attire beaucoup plus de clients qu’un prix «normal». Clients qui, plutôt que de profiter de la situation, semblent donner des sommes très correctes. Peut-être parce qu’après des années de grand n’importe quoi, où les prix n’avaient plus aucun sens, on se ré- approprie enfin l’acte d’achat? Jouer en vrai au «Juste prix», ça fait prendre conscience de la valeur des cho-
ses et nous redonne le pouvoir d’acteurs responsables dans le système
économique. A méditer.

 
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